21 décembre 2011

Rêves pour 2012

En vrac, voici ce à quoi je rêve pour 2012 :

- Commencer la carrière compétitive d'Oslo en agilité, maintenant que je sais qu'il a un énorme potentiel
- Faire beaucoup de randonnée pédestre en montagne avec mon amoureux et Oslo
- Passer plein de soirées tranquilles à lire entourée de mon amoureux, Billy, Chopin et Oslo
- Lire énormément. Redevenir la lectrice que j'étais adolescente.
- Courir sans douleur. Des belles courses de 2 et 5 km surtout. Courir avec ma soeur. Courir avec mon neveu. Courir avec mes nièces. Courir avec des amis. Courir avec toute personne qui a envie de courir avec moi!
- Enrichir mon offre de services professionnels. Commencer à explorer les possibilités que m'offrent les nouvelles compétences que j'acquiers dans le cadre de ma maîtrise.
- Être capable d'avoir de courtes conversations en allemand.
- Écrire beaucoup.

6 décembre 2011

Agilité - Nouvel essai!

J’ai le goût d’écrire quelques lignes sur le cours d’agilité génial que j’ai suivi hier. Depuis que je fais de l’agilité avec Oslo, j’entends constamment parler de Lucie Dessureault, qui est une compétitrice et aussi une coach que tout le monde semble adorer. Je ne pensais jamais avoir une place dans un de ses cours, mais voilà qu’hier, je reçois un message d’une amie qui me dit qu’il reste une place pour la session de décembre qui commençait le jour-même. J’ai dit oui!

J’avais abandonné l’agilité avec Oslo il y a déjà six mois, car je trouvais qu’il était stressé et pas motivé. Moi-même, j’étais toujours très anxieuse à l’idée d’aller à un cours et il m’est arrivé d’y aller carrément en pleurant. Je me suis dit que ce n’était plus amusant du tout, alors on a arrêté. Oslo avait alors un an et demi et n’avait pas encore l’âge de compétitionner.

Si j’ai décidé de participer au cours d’hier, c’est que je trouve tout de même que l’agilité est un beau sport et que ça pourrait être très amusant si c’était pratiqué de manière positive.

Eh bien, Oslo et moi, on a été enchantés. Lucie m’a posé beaucoup de questions sur Oslo. Je trouvais qu’elle s’intéressait à nous, et déjà je me sentais bien et en confiance. Ensuite, elle a expliqué qu’on pratiquerait aujourd’hui avec les sauts très bas, car ce sont les déplacements entre les obstacles qu’il faut travailler et que ça ne valait pas la peine de risquer de blesser les chiens, d’autant plus que le plancher est en béton en dessous des tapis.

On a fait quelques parcours, et Oslo était super motivé. Lucie m’a poussée à récompenser Oslo énormément, avec ce qu’il aime le plus, pour que je sois vraiment la personne la plus l’fun du monde. Il faut que j’aie pleins de jouets différents sur moi ainsi que de la bouffe et que je sois exubérante, quitte à avoir l'air un peu folle, quand je félicite Olso. Elle m’a aussi fait remarquer que j’exprime beaucoup mon découragement et ma déception quand je me trompe ou qu’Oslo se trompe, et que ça risque de démotiver rapidement mon chien. Quand je me trompe, il faut que ma priorité soit de récompenser Oslo, car lui il a fait un bon travail. En fait, on ne chicane jamais le chien le moindrement. On dit un petit « oups » s’il se trompe, puis on recommence.

Elle m’a aussi fait remarquer que je cours beaucoup trop penchée, surtout dans les virages. Il faut que je me tienne bien droite comme quand je cours normalement. Mes épaules doivent toujours être orientées vers la direction où on s’en va.

Oslo était très tannant hier quand même. Il n’y a pas de crochets pour attacher les chiens pendant qu’on apprend les parcours, alors il faut qu’ils restent couchés d’eux-mêmes. Oslo ne s’est pas gêné pour aller sniffer partout chaque fois que j’avais le dos tourné. On va pratiquer ça. Lucie m'a dit que ce n'était pas grave qu'il soit tannant et que c'était même mieux, car ça fait des chiens très dynamiques et motivés sur le parcours, et que de toute façon, le côté tannant s'atténue avec le temps et les exercices. Cela dit, j’étais très contente d'Oslo pendant les parcours. Il était hyper motivé et rapide!  Je n’en revenais pas. Je trouve qu’il était à l’écoute de mes commandes et il avait une face tellement, mais tellement motivée. Il me regardait en exprimant clairement : « Quand est-ce qu’on y va? Quand est-ce qu’on y va? ». Je crois qu’il sentait que l’ambiance était détendue et positive.

Là, j’ai beaucoup de devoirs à faire, car il y a beaucoup de petites techniques que je n’avais pas apprises. Ça va prendre pas mal de temps à apprendre tout ça! Mais ça va nous permettre de mieux nous comprendre Oslo et moi sur le « ring ».

Bref, je suis enchantée de ce cours, et je crois que ma relation avec Oslo s’en trouvera encore renforcée!

3 novembre 2011

Billet d'Oslo

Allo, ici Oslo. Je suis un peu inquiet, car Geneviève a de la peine ces temps-ci. En plus, je crois que c’est de ma faute. Et sûrement aussi de la faute des chats Billy et Chopin, car ils sont encore moins fins que moi. Billy il ne se gêne pas pour critiquer chaque petit mouvement qui lui déplaît quand Geneviève le flatte. Chopin, lui, est un peu débile et il ne se plaint jamais. Mais il aime tant se faire flatter qu’il bave beaucoup sur la main de Geneviève en ronronnant très fort chaque fois qu’elle le touche ou le brosse. Moi, je me laisse flatter sans baver et sans rien dire même si des fois j’aimerais mieux ne pas me faire toucher. J’aime souvent mieux avoir la paix. Mais pas trop longtemps quand même.

L’autre fois, Geneviève s’est collée, collée sur moi pendant vraiment longtemps. C’était un peu bizarre et inconfortable, mais je l’ai laissée faire patiemment. De toute façon, j’étais un peu content quand même, car on était bien au chaud, collés comme ça.

Je disais que c’est peut-être de ma faute si Geneviève a de la peine parce que c’est la saison des écureuils et que je ne peux m’empêcher de les chasser très loin dans la forêt quand on va au parc sans laisse. J’entends Geneviève qui m’appelle au loin, mais je ne peux pas revenir tant que je n’ai pas attrapé mon écureuil. Malheureusement, ils montent toujours dans les arbres et je ne suis pas capable de grimper dans les arbres même si j’essaie de toutes mes forces. Et je ne saute pas assez haut non plus. Alors là, je me mets à entendre que Geneviève est vraiment inquiète, et je reviens la voir en courant de toutes mes forces et lui faisant un grand sourire. Geneviève est très patiente et elle m’accueille toujours avec beaucoup de douceur, même quand ça m’a pris beaucoup de temps à revenir. La dernière fois, il a fallu que Geneviève me remettre la laisse et nous ne sommes plus jamais retournés au parc sans laisse. Nous pratiquons plutôt énormément la marche au pied avec le harnais SENSE-ation, et je n’aime pas tellement ça parce que c’est plate. Mais c’est sûr que ça me rend plus sage et plus calme. Parfois, nous suivons quand même des traces d’écureuil, mais Geneviève ne court vraiment pas assez vite pour que nous puissions en attraper un. Je n’aime pas dire ça, mais elle est un boulet pour moi parfois. Heureusement, que nous allons au parc à chiens ordinaire de temps en temps pour que je puisse vraiment me défouler.
Depuis deux semaines, nous avons repris le freestyle avec Cœur canin. C’est un travail pour moi, mais un travail amusant. J’aime bien montrer à Geneviève comment je sais danser. Et puis, je reçois énormément de gâteries durant cette activité, comme des saucisses hot-dog ou des morceaux de foie. C’est une bonne activité et la professeure est vraiment, vraiment gentille et jamais, jamais épeurante. Je vais même faire un spectacle samedi au Salon national des animaux de compagnie de Montréal. On a pratiqué beaucoup la chorégraphie, et maintenant je la sais bien. Je crois que je vais être champion. J’aime ça parce que c’est une démonstration et pas une compétition. C’est surtout pour montrer aux gens que, nous les chiens, on peut être vraiment gentils et intelligents quand nos humains nous traitent avec gentillesse et intelligence.

Je ne sais pas finalement pourquoi Geneviève est si triste. On est vraiment bien ensemble. Tous les jours on rit. Tous les jours, on va prendre des longues marches. Et j’ai entendu Geneviève souvent me dire : « C’est merveilleux hein Oslo? Regarde comment il fait beau. » Et elle me dit toujours : « Tu es fin mon beau chien d’amour. » Peut-être que ce n’est pas de ma faute finalement… C’est de ma faute vous pensez?

28 septembre 2011

Gestion du temps, priorités et marathon

La course à pied m’a forcée à améliorer énormément ma gestion du temps. Mon truc : accorder la priorité à ce que j’aime vraiment, et déléguer – voire délaisser – le reste. C’est en suivant cette philosophie que je réussis à concilier harmonieusement mes quatre grandes passions : mon travail, mes études, la course et les activités avec mon chien. Cela dit, même si je suis presque devenue une experte en la matière, je ne suis pas à l’abri de petites erreurs aux graves conséquences.

Laissez-moi vous conter l’histoire de mon deuxième marathon.

Après mon premier marathon, je n’étais pas extrêmement satisfaite de mon expérience. J’avais connu des pépins, je ne m’étais pas entraînée rigoureusement et je considérais que je n’avais pas vraiment montré de quoi j’étais capable. Pour le deuxième j’allais obtenir une bien meilleure performance, il n’y avait rien de plus sûr. J’allais suivre mon programme à la lettre et être vraiment fière de moi.

Mon coach m’a préparé un super programme que j’ai effectivement suivi à la lettre. J’ai eu une petite blessure à la mi-parcours qui m’a forcée à mettre la pédale douce pendant 4 ou 5 jours, mais c’est tout. Chaque semaine, je réussissais des entraînements de plus en plus difficiles, et je m’épatais constamment. J’ai vraiment connu une amélioration fulgurante. Je faisais en entraînement des demi-marathons plus rapides que ce que j’avais fait en compétition jusque-là. J’ai participé à une course de 20 km par temps extrêmement chaud et humide sur un parcours côteux et inégal et ai obtenu mon meilleur chrono à vie sur cette distance. J’ai aussi battu de 30 secondes mon meilleur temps au 5 km une journée où j’étais malade. J’ai même terminé, par la seule force de ma volonté,  un triathlon olympique qui a eu lieu la journée la plus chaude de l’été 2011, sur l’un des parcours les plus difficiles du Québec, malgré mon manque d’entraînement en vélo. Bref, j’ai eu un été du tonnerre, et mon entraînement se déroulait à merveille. Mon marathon était dans la poche, d’autant plus que ce serait en automne et que la température serait assurément plus fraîche que ce qu’on a connu cet été.

La semaine avant le marathon, je me suis assurée de ne pas avoir un horaire de travail trop chargé. Étant travailleuse autonome, j’ai cette liberté. J’ai même pris congé le vendredi. Je me suis couchée tôt toute la semaine. Je me suis alimentée de façon absolument exemplaire. Pour une fois, tout était parfait.

Puis s’est produite l’erreur.

Le jeudi, alors que j’avais terminé toutes mes traductions pour la semaine et que la pression était complètement redescendue sur le plan professionnel, un de mes clients m’a offert un mandat intéressant pour la semaine suivante. Un peu trop gros, mais peut-on se permettre de cracher sur les contrats lorsqu’on a une situation financière un peu précaire? J’allais me débrouiller. J’ai dit « oui ». Puis je me suis souvenue que j’avais aussi un travail à remettre dans le cadre de mon séminaire de maîtrise. Oups, ça ne fonctionnait pas. Mon horaire était trop plein. Il allait falloir que quelque chose saute. Ma maîtrise? Le contrat de traduction? Mon marathon?

Le contrat de traduction, c’était hors de question. Mon travail, c’est ce qui me permet de me payer le luxe de courir. Et il se trouve que je voyais mon marathon comme un gros bonbon pour enfant gâté. J’avais si hâte d’y participer! C’était comme aller à Walt Disney! Quelque chose d’aussi amusant ne peut pas être prioritaire. J’ai aussi songé à abandonner ma maîtrise, mais je n’ai pas pu m’y résoudre, car j’ai vraiment besoin d’aller plus loin sur le plan intellectuel et professionnel. La seule solution : travailler dimanche après-midi après mon marathon. Il allait donc falloir que mon marathon se passe vraiment bien et qu’il soit facile, car après un marathon ou un demi-marathon, je suis normalement incapable de travailler avant le lendemain. Mais je me sentais si en forme que je croyais que ce serait possible. Je n’en demeurais pas moins extrêmement angoissée par mon horaire impossible de la semaine à venir.

Le dimanche du marathon, quand j’ai vu le nuage de smog dégueulasse flotter au-dessus de Montréal et que je me suis mise à essayer de respirer l’air humide dans lequel il baignait, mon optimisme a commencé à fondre. L’humidité et moi, nous sommes les pires ennemis du monde. Je suis excellente dans le vent, sous la pluie et même sous le soleil brûlant quand il fait sec. Mais si c’est le moindrement humide, il a beau faire seulement 18 degrés, je suffoque au moindre effort.

Il va sans dire qu’un marathon, c’est un peu plus qu’un « moindre effort ». J’ai commencé à étouffer dès le 2e kilomètre environ. Je me disais « respire tranquillement », « détends-toi », « ça va bien », « le rythme est bon » (je me parlais tout haut là, et les gens autour devaient m'entendre...). Mais ça n’allait pas. J’ai alors tout de suite pris la décision de ralentir un peu pour me laisser une chance, sans succès. J’ai alors ralenti davantage. Guère mieux. Au 5e kilomètre, je me sentais déjà très fatiguée, mais je me disais que parfois, ça ne va pas bien au début, puis que ça s’améliore plus tard. J’étais pleine d’espoir. Au 14e kilomètre, il y avait mes parents, ma sœur, mon beau-frère et mes deux nièces. J’étais contente de les voir. Je me sentais déjà épuisée et j’avoue que je n’avais plus la tête au marathon. On était tout près de chez ma sœur, et j’avais juste envie d’aller chez elle, de prendre ma douche, de m’enrouler dans une couverte et d’écouter Sisi ou la Mélodie du bonheur en buvant un chocolat chaud genre. Il y a mieux comme état d’esprit quand on est en train de courir un marathon.

Mais bon, je ne suis pas une lâcheuse, et j’en avais vu d’autres des mauvaises compétitions. Aucun doute que j’allais passer à travers. Puis peu à peu, je me suis mise à penser à mon travail et à mon avenir. Je ne veux pas entrer dans les détails, mais c'était la panique dans ma tête. La semaine qui m'attendait était impossible, et je ne pouvais surtout pas me permettre de déplaire, ne serait-ce qu'un peu à mes clients en bâclant le travail ou en ne respectant pas les échéances. Je respecte toujours les échéances et je remets toujours des traductions de la plus haute qualité. C'est ma marque de commerce. Enfin, je crois. Mais là, mon marathon allait si mal que si je continuais plus longtemps, j’allais être trop maganée pour travailler en après-midi et peut-être même aussi le lendemain. J'ai donc songé à abandonner ma maîtrise. J’en avais bien envie, car j’aurais ainsi pu m’éviter les présentations orales exigées, qui m'angoissent au plus haut point. Puis, je me suis dit que non. Pas question que j’abandonne ma maîtrise. C’est un rêve de longue date. Un gros défi que j’allais enfin réussir à relever.

Peu après, les nausées ont commencé. D’habitude elles se manifestent beaucoup plus tard, autour du 25e kilomètre quand ça va mal. Au 33e kilomètre quand ça va bien. Certainement pas au 18e kilomètre en tout cas. J’ai essayé très fort de ne pas vomir en me mettant à marcher. Mais ça n’allait pas mieux. Et je demeurais à bout de souffle. Et je n’avais plus le goût d’être là.

Bon. Ni mon corps, ni ma tête ne collaboraient. J’ai abandonné mon marathon autour du 19e km. Et j’ai marché jusqu’au 22e kilomètre, là où m’attendaient mes parents. Ils étaient soulagés que j’arrête, car ils voyaient bien que ça n’allait pas mon affaire cette journée-là. J’ai ressenti énormément d’euphorie quand j’ai arrêté. Quel soulagement! Toute cette pression qui tombait! J’allais pouvoir travailler en après-midi et même aller prendre une marche avec mon chien Oslo. Et je n’allais pas l’abandonner ma maîtrise. Tout se remettait en place.

En arrêtant ce marathon si tôt, j’avais l’impression de faire une folie et d’être une rebelle qui ne suit pas les règles. Ça m’a fait du bien ce sentiment de liberté.

J’étais heureuse de ne pas être une athlète d’élite qui doit absolument faire plaisir à ses commanditaires. Quand on fait du sport pour le plaisir, même si on s’entraîne très fort pour atteindre ses objectifs, on est libre. On est libre de faire ce qu’on aime et de tout arrêter quand le cœur n’y est plus. C’est formidable cette chance d’avoir le droit d’arrêter.

Cela dit, je n’en étais pas moins fort triste de voir me glisser entre les mains une course que j’avais préparée avec le plus grand soin. À mon premier marathon, j’avais commis une multitude d’erreurs qui ne m’avaient pourtant pas empêchée d’atteindre le fil d’arrivée. Cette année, une simple petite erreur de gestion du temps m’a causé tellement de stress que je n’ai même pas dépassé la mi-parcours.

Mais comme je le disais plus haut, bien gérer son temps pour moi, c’est accorder la priorité à ce qu’on aime. Continuer de courir un marathon en me sentant malade et misérable, ce n’est certainement pas quelque chose que j’aime. Ça ne m’aurait rien apporté de bon dans les circonstances. Ce dimanche matin, 25 septembre, je n’avais aucun plaisir à courir. Ce marathon n'avait plus aucun sens.

Avec le recul, je ne regrette pas le moindrement d’avoir abandonné au 22e kilomètre. J’ai très vite repris ma bonne humeur. J’ai pu recommencer l’entraînement deux jours plus tard (au lieu d’avoir à prendre dix jours de congé), et je me suis fixé de nouveaux objectifs sportifs qui me stimulent au plus haut point. Oui il y en aura d’autres marathons, et de très bons en plus! Pour le moment, j’avais simplement besoin de retomber sur mes pattes professionnellement et académiquement et de pouvoir m’occuper d’Oslo comme j’aime le faire.

Bien gérer son temps, c’est parfois tout simplement de garder l’équilibre et de cueillir le bonheur là où il se trouve.

7 septembre 2011

Affûtage

Il y a trois mois, je décidais de me relancer de nouveau dans l’aventure du marathon. C’est en lisant le compte rendu du marathon d’Ottawa de Véronique que j’ai soudainement retrouvé l’envie de courir de longues distances et de suivre un programme. Comme je voulais faire un bon marathon cette fois-ci (et non revivre la catastrophe du premier), j’ai fait appel à Jean-Pierre comme coach. Ce fut une des belles décisions de ma vie. Il m’a vraiment aidée à devenir plus forte, non seulement physiquement, mais aussi (et je dirais même surtout) mentalement. Il m’a amenée à me dépasser énormément. J’ai fait de nombreux entraînements que je croyais impossibles. J’ai travaillé très, très dur et je suis fière de moi. Merci beaucoup, Jean-Pierre.

Ces trois mois ont passé extrêmement rapidement et me voilà déjà au début de ma période d’affûtage. Mon meilleur entraînement, je l’ai fait le 28 août. J’ai couru 31 km, dont les 14 derniers à ma vitesse de demi-marathon. Et ça s’est passé à merveille. J’étais forte et confiante. Une semaine plus tard, soit dimanche dernier, je devais faire 33 km, dont les 21 derniers à ma vitesse de marathon, et ça n’a pas bien été du tout. J’étais épuisée dès le premier kilomètre au point où j’ai songé à laisser tomber l’entraînement ce jour-là et à le reprendre un autre jour. J'allais anormalement mal. Finalement, j’ai décidé de courir le plus longtemps possible quand même. Mais je me sentais de plus en plus bizarre. J’arrivais difficilement à maintenir ma vitesse d’endurance fondamentale, alors quand j’ai essayé d’accélérer pour atteindre mon pace marathon après le 12e km, j’ai rapidement épuisé le peu d’énergie qu’il me restait. Chaque pas était un supplice. Je n’avais pas plus mal que d’habitude, mais j’étais inhabituellement essoufflée, et je n’avais plus rien en dedans de moi. Ce n’était pas comme quand je fais des intervalles longs et difficiles et que j’ai du mal à continuer. Je suis capable de souffrir très longtemps en situation d’entraînement difficile. Là, je n’avais juste pas de ressources. J’avais des frissons même s’il faisait très chaud. Je me sentais malade carrément. J’ai continué de maintenir ma vitesse marathon malgré tout jusqu’au 25e kilomètre, puis mon corps a réagi violemment en expulsant tout ce que j’avais dans l’estomac. Déjà que j’avais de la misère à maintenir mon hydratation, c’était évident que c’en était fait du reste de mon entraînement à ce moment-là. D’essayer de courir après avoir vomi autant, ce n’était absolument pas raisonnable en contexte d’entraînement. J’ai donc arrêté ma montre, la mort dans l’âme, et j’ai fait demi-tour. J’étais à 8 km de l’auto. J’ai donc marché pendant environ 90 minutes. Mine de rien, ces 90 minutes de marche ont été extrêmement pénibles, mais je ne pouvais juste plus courir. Ce n’était pas une bonne journée pour un entraînement.

J’ai ruminé ce mauvais entraînement pendant 2 journées et demie. J’avais perdu tout espoir d’atteindre mes objectifs lors de mon marathon. Tous les excellents entraînements que j’ai enchaînés les uns après les autres au cours des trois derniers mois ne comptaient plus dans ma tête. Je me sentais comme la pire coureuse de l’univers. Comme une lâcheuse dépourvue de toute force mentale. J’avais très honte.

Heureusement, j’ai repris lentement le dessus et j’ai retrouvé ma motivation. En échangeant avec Jean-Pierre, on a convenu de ne pas reprendre cet entraînement et de commencer tout de suite la période d’affûtage. Je crois que c’est une excellente décision. Ce mauvais entraînement m’a insufflé la rage de me racheter et de courir un marathon du tonnerre. Si j’avais de nouveau essayé de courir un 33 km, je n’aurais pas pu le faire lentement et modérément. Mon besoin de prendre ma revanche et de me prouver que je suis une vraie coureuse et une vraie marathonienne aurait été trop fort. J’y aurais probablement laissé ma course. En commençant mon affûtage tout de suite, je refais le plein d’énergie physique, mais surtout le plein d’énergie mentale. Je fais de la visualisation presque constamment. Je me vois faire un excellent marathon et affronter n’importe quel obstacle avec calme détermination. Je me vois courir à la pluie ou sous le gros soleil. Je suis prête à tout. Je suis déterminée. Je suis une bombe qui ne demande qu’à exploser.
Je vais aller à l’extrême limite de mes capacités et je serai fière de mon marathon. Fière de moi.

19 août 2011

5 km Endurance 2011

J'attends toujours le 5 km Endurance avec beaucoup d'impatience. C'est l'une de mes courses préférées de l'année! Elle se passe à 500 mètres de chez moi, sur du plat, un soir d’été et n’est que de 5 km. Que demander de plus? Cette année, je m’attendais à battre mon record de beaucoup étant donné que je suis plus en forme que jamais. S’il est vrai que je n’ai fait aucun entraînement spécifique pour de la courte distance puisque je suis en plein cœur de mon entraînement de marathon, je sais que mon endurance cardiovasculaire s’est drôlement améliorée – justement en raison dudit entraînement. Il aurait été bien étonnant que je ne batte pas mon record personnel.

Le hic, c’est que j’ai été très épuisée au cours de la semaine qui a précédé cette course. Mes douleurs aux chevilles étaient pires que jamais, ma fasciite plantaire refaisait des siennes, et surtout, j’avais constamment besoin de dormir. Lundi, j’ai dormi 10 heures pendant la nuit, puis j’ai eu besoin d’une sieste de 3 h en après-midi. Mardi, exactement le même scénario : une autre nuit de 10 heures, puis une autre sieste de 3 h en après-midi! Extrêmement inhabituel! Je ne pouvais qu'être atteinte de cancer ou en train de couver une sclérose en plaques selon mon raisonnement. Dans la nuit de mardi à mercredi, j’ai encore dormi 10 h, puis je me suis réveillée avec des étourdissements – légers mais très incommodants. En 2001, j’ai eu une grosse labyrinthite virale qui m’a tenue alitée pendant deux semaines et qui a continué de me hanter pendant près d'un mois. Il faut dire que j'ai été choyée par la vie côté santé; cette labyrinthite a été de loin ma pire maladie. Moi qui ai la nausée facile, je vous laisse imaginer combien le fait d’avoir de violents étourdissements constants m’a été pénible. Depuis cette labyrinthite, j’ai eu plusieurs rechutes, mais d’intensité moindre heureusement. Ces rechutes surviennent toujours quand je suis très stressée et fatiguée. C’est comme ça que mon corps m’avertit que j’en fais trop ou que je dépasse mes limites. Au fil du temps, ces rechutes se sont espacées de plus en plus, et je croyais bien en être libérée. C’est pourquoi j’ai été très désagréablement surprise de ressentir des étourdissements le matin même de ma course. Voilà qui expliquait mon immense besoin de sommeil des derniers jours en tout cas! Mon organisme essayait probablement de combattre le virus. J’avais très peur que ce soit une nouvelle labyrinthite en bonne et due forme (et non une simple petite rechute) qui m’aurait mise KO pendant deux semaines. Je croyais déjà mon marathon à l’eau. Rien pour améliorer mon état d'esprit qui était assez négatif au cours des derniers jours pour diverses raisons.

J’ai passé la matinée dans un état épouvantable. J’alternais les séances de travail devant mon ordinateur et des pauses dodo sur le divan. J’avais de la misère à marcher, mais je ne voulais pas tout de suite mettre une croix sur ma course prévue pour 19 h 15. Si c’était une simple rechute, mon état allait peut-être s’améliorer rapidement. Et c’est ce qui s’est produit. Vers 15 h, je me sentais encore très somnolente, mais moins étourdie. J’ai réussi à travailler pendant trois heures consécutives, après quoi je suis partie à pied, avec mon amoureux et Oslo, jusqu’au Centre sportif de DDO où avait lieu la course. Je me suis mise à être très nerveuse, car il était hors de question pour moi de ne pas battre mon record, malade ou pas.
Arrivée sur place, j’ai vu mes amies Véronique et Sylvie, et ça m’a mise de très bonne humeur. Elles avaient l’air en forme et prête à rocker leurs courses respectives.

J’ai fait un bon échauffement de 2 km, comprenant 3 ou 4 accélérations, et je me suis empressée d’aller voir le départ de la course de 2 km à laquelle participait Sylvie. C’est toujours inspirant de voir les autres courir et ça m’a donné de l’énergie pour ma course.

Au départ du 5 km, j’avais une super belle attitude. J’étais confiante, car je considère désormais que 5 km de souffrance, ce n’est rien du tout. Disons que les longues sorties à la fin desquelles je dois faire de nombreux kilomètres à ma vitesse de demi-marathon m’ont habituée à tout endurer (d’ailleurs, demain je dois faire 29 km, dont les 13 derniers à mon rythme de demi-marathon, et je crois que je vais en mourir – je vous en redonne des nouvelles). Bref, j’étais prête à le courir vite mon 5 km et à ne pas paniquer si ça se mettait à être difficile.

Les deux premiers kilomètres ont été hyper faciles. J’ai dû me ralentir un peu, car je courais trop vite (finalement je les ai fait en 4:36 et 4:33, respectivement, sans grand effort). Mais au milieu du 3e kilomètre, comme d’habitude, ça s’est mis à être pas mal plus difficile. Le souffle a commencé à me manquer. Ma seule préoccupation était désormais d’essayer de maintenir le rythme, mais je n’y suis pas vraiment parvenue. Mon 5e kilomètre, en particulier, n’a pas bien été. D’habitude, c’est toujours de très loin mon plus rapide, mais pas cette fois-ci. Je ralentissais beaucoup. Je n’ai même pas réussi à sprinter très fort à la fin. Je n’avais plus de jus. Sur le coup, j’étais un peu déçue, car au fond de moi, j’espérais passer sous les 23 minutes, et ça n’a pas été le cas du tout. Mais j’ai tout de même battu mon record précédent de presque 30 secondes. Mon chrono officiel : 23:26. C’est très bien quand même! J’aurais peut-être fait mieux si j’avais été dans un meilleur état, mais peut-être pas. Très difficile à dire!
Chose certaine, je n'ai pas réussi à aller chercher toutes mes ressources intérieures. Je me souviens d'avoir souffert beaucoup plus lors de courses de 5 km précédentes (p. ex., ma dernière course au parc Lafontaine et le 5 km que j'avais couru au Parc Jean-Drapeau). Mais ce n'est pas tous les jours qu'on arrive à puiser très profondément au fond de soi. Ce n'était pas une journée comme ça.

Voici mes temps de passage :
1er km : 4:36

2e km : 4:33

3e km : 4:42

4e km : 4:44

5e km : 4:40 (d’habitude, je suis toujours environ 20 secondes plus vite au dernier km…)

Je suis contente d’avoir couru malgré mes légers étourdissements, car je me sentais beaucoup mieux après la course.
Et le plus important, c'est que j'ai aussi retrouvé le moral. La course, c'est le meilleur antidépresseur du monde!


Sprint final (je suis un peu traumatisée que la fille derrière moi, qui écoute de la musique pendant une course de 5 km et qui a l'air de faire une promenade de santé, coure à la même vitesse que moi...)



Presque arrivée!



Bon, c'est la face que je fais quand je trouve un animal cute, en l'occurrence Oslo. On voit aussi qu'après plus de 10 ans sans jouer au volley, j'ai toujours l'épaule droite plus musclée que la gauche.


Oslo qui s'intéresse beaucoup à Véronique, et les beaux yeux de mon amoureux en arrière plan.



Du bon blé d'Inde entre amis. Il était vraiment délicieux!

11 août 2011

Marathon 101 – Dix gaffes que j’ai testées pour vous!

Aujourd’hui, petit sujet léger, mais non moins essentiel : dix gaffes à ne pas faire en contexte de marathon (toutes testées pour vous dans un seul et même marathon [Montréal 2010]; ça c'est du service!).

1- Suivre son programme de manière créative : On m’avait dit : « les longues sorties, c’est ça qui est le plus important ». J’ai retenu : « tout ce qui n’est pas une longue sortie n’est pas important ».  J’ai fait 80 % des longues sorties prévues et genre 30 % du reste.
Conséquence : j’ai couru 55 % de mon marathon; j’ai rampé le reste.

2- Manger très mal duant tout l’entraînement de marathon : McDo, Saint-Hubert, pizza, gâteaux! Je m’entraînais pour mon marathon, alors je considérais que j’avais le privilège de manger n’importe quoi.
Conséquences : J’étais toujours fatiguée pendant et entre les entraînements. Méchant surplus de poids après le marathon en prime!

3- Commencer sa période de récupération cinq semaines avant le marathon : J’ai fait ma longue sortie de 32 km 5 semaines avant le marathon. Ça s’est très bien passé, et j’étais tellement fière de moi que j’ai décidé de tout stopper ça là. Je me trouvais assez en forme pour courir mon marathon.
Conséquence : Cinq semaines avant le marathon, je pouvais courir 32 km à une vitesse acceptable. Le jour du marathon, j’ai pu en courir 24.

4- S’habituer à des jujubes de sport bien précis et s’apercevoir qu’ils sont en rupture de stock partout avant le marathon (et bien sûr, ne pas avoir fait de réserves) : Je n’ai eu d’autre choix que d’acheter de nouveaux jujubes de sport la veille du marathon sans jamais les avoir testés auparavant. En plus, le jour du marathon, je me suis efforcée de suivre bien rigoureusement les instructions inscrites sur le sac (un sac complet toutes les demi-heures). Ça rentrait plus après 15 kilomètres.
Conséquence : Tout revomir ça durant les dix derniers kilomètres.

5- Être dépendante affective de son lapin : Je me suis arrêtée pour dire un petit allo à mes parents au 21e kilomètre et remplir ma bouteille d’eau. J’ai perdu mon lapin de vue. J’ai, semble-t-il, eu peur d’être abandonnée pour toujours par mon lapin. Et j’ai sprinté – de toutes mes forces – pour le rattraper.
Conséquence : Coudonc, pourquoi je n’arrive plus à respirer? Coudonc, comment ça se fait que j’avance pu. Paf! Panne totale d’énergie. Je voudrais me coucher sur le trottoir et dormir. Je n'ai plus jamais revu le lapin.

6- Boire du coke au 32e kilomètre : C’est vrai que le coke est reconnu pour être efficace en fin de marathon ou de course de longue distance, mais je ne l’avais jamais testé avant.
Conséquence : À peine deux minutes après en avoir bu, j’ai vomi tout le contenu de mon estomac. Enfin, pas tout, car j’ai revomi deux autres fois par la suite durant le marathon.

7- Ne pas m’être entraînée dans les côtes du tout : Le marathon de Montréal comprend pas mal de côtes et de faux plats.
Conséquence : Avoir vraiment de la misère dans toutes les côtes et les faux plats.

8- Se mettre au triathlon quatre semaines avant le marathon : Tiens, il y a le triathlon de Sainte-Agathe dans trois jours. Coudonc, pourquoi ne deviendrais-je pas une triathlète? Bonne idée! Je m’inscris! Il reste juste à m’acheter un vélo. Yé! Je fais mon triathlon! Je suis une triathlète!
Conséquence : Complètement chambouler une semaine d’entraînement qui aurait été cruciale dans ma préparation en vue du marathon.

9- Considérer que le fait de marcher 5-6 kilomètres par jour avec son chien, ça compte dans l’entraînement.
Conséquence : Marcher c’est un bon entraînement pour… marcher. Oh! J'ai vraiment bien marché durant mon marathon. Rien à redire sur ce plan.

10- Ah oui, et manger des sushis la veille du marathon : Bon, il faut dire que c’est le seul repas que j’avais pratiqué avant mes longues sorties. Mais des sushis la veille d’un marathon. Vraiment?
Conséquence : Tout revomir ça durant les dix derniers kilomètres, avec le coke et les jujubes.
Voilà! Vous ne pouvez pas dire que vous n'avez pas été avertis. Que je vous pogne pas à répéter une de ces gaffes dans vos marathons!

Chose certaine, je ne teste rien cette année. Chacun son tour de se sacrifier. Des volontaires pour cette année?