31 décembre 2012

Mes cinq trucs pour avoir du plaisir en agilité


1- Apprendre mon parcours, apprendre mon parcours, apprendre mon parcours : J’ai rapidement constaté que plus je connais bien mon parcours et mieux je prépare ma stratégie, plus Oslo connaît une course fluide et a du plaisir. On ne se prépare jamais trop, surtout quand on a peu d’expérience comme moi.  Ma routine : aller chercher la petite feuille qui décrit le parcours, tracer le parcours au stylo pour avoir une bonne vue d’ensemble des déplacements, apprendre le parcours par cœur, le visualiser les yeux fermés en faisant les mouvements avec le corps (c’est pareil comme en danse!), aller faire la reconnaissance physique du parcours au moment permis pour pouvoir apporter des ajustements à ma stratégie en fonction de l’emplacement exact des obstacles, revisualiser la course plusieurs fois encore par la suite. C’est beaucoup? Pour moi c’est nécessaire en tout cas!

2- Faire de petites pratiques courtes et efficaces : J’ai toujours de deux à trois objectifs avant de commencer un entraînement. Je mets vraiment l’accent sur ceux-ci. Il arrive souvent que l’entraînement ne dure que 10-15 minutes. J’arrête au moment où Oslo connaît un gros succès. Si jamais la pratique va mal et qu’on n’atteint pas les objectifs, je baisse mes attentes, et je termine sur une séquence facile super amusante pour Oslo. Comme ça, nous terminons quand même sur un succès.

3- Accorder énormément d’importance au conditionnement physique. Je suis maniaque sur ce plan. Déformation professionnelle? Probablement. En tant qu’ancienne physiothérapeute et ex-athlète, je pense constamment au conditionnement physique d’Oslo. Je tâche d’intégrer une variété d’exercices de renforcement, d’exercices d’endurance et d’exercices spécifiques à la vie d’Oslo. Je prévois également des journées de repos. Côté endurance, nous faisons beaucoup d’entraînement de course à pied, de canicross et de ski-joring sur des distances qui vont de 3 à 11 km. Côté renforcement, les exercices sont nombreux : frisbee, rapport de balle, jeux de poursuite avec d’autres chiens et exercices statiques (fait le beau, salut, allo/bye avec les pattes avant, monter les escaliers de reculons). Enfin, les exercices spécifiques sont des éducatifs d’agilité dans la cour (sauts avec virages serrés, sauts à différentes hauteurs, slaloms) ou bien sur le ring chez Guides canins (courtes ou longues séquences).

4- Gérer le stress d’Oslo en compétition : Il va sans dire que le contexte de compétition, c’est stressant pour un chien. Il y a généralement beaucoup de bruit et beaucoup de monde, le chien doit souvent rester seul dans sa cage, et son humain(e) est généralement plus stressé(e) qu’en temps ordinaire. Le meilleur truc pour faire baisser le stress selon moi (et selon certains experts)? Jouer beaucoup avec son chien. Avec Oslo, le tug est un jeu absolument essentiel pour faire baisser la pression. C’est aussi une récompense que j’utilise systématiquement après toutes les courses, réussies ou non. Mais vraiment, je n’attends pas à après une course pour faire tugger mon chien. J’utilise ce jeu à de très nombreuses reprises pendant une journée de compétition. Par ailleurs, plusieurs agilistes d’expérience que j’apprécie énormément m’ont fait remarquer que je passe vraiment beaucoup de temps avec mon chien durant la journée. On me recommande de le laisser davantage dans sa cage pour qu’il puisse se reposer et relaxer. Je crois bien que ces personnes ont raison. J’avoue que j’aime être avec mon chien tout le temps, et je sais qu’il n’aime pas beaucoup être laissé seul dans sa cage, mais cette année, je vais essayer de le laisser plus souvent se reposer pendant les compétitions. Ce serait sûrement mieux pour lui.

5- Toujours me rappeler que nous faisons cette activité pour le plaisir : Quand je pense à l’agilité, les mots suivants me viennent en tête : humour, jeu, folie, patience, enthousiasme, gratitude, exercice, synergie, équipe et respect. J’avoue que j’aimerais parfois avoir un chien plus rapide, plus agile, plus énergique et plus dynamique. Mais j’ai appris à travailler avec les lacunes d’Oslo et surtout à faire ressortir ses forces. Oslo a de très belles qualités : il est à l’écoute, il est prudent et il est extrêmement constant. Ça fait un chien qui ne fait jamais tomber de barres, qui ne manque jamais ses zones de contact ni ses entrées de slaloms et qui fait tout ce qu’il peut pour suivre mes instructions. C’est formidable ça quand même. Et la vitesse? On la travaille et elle s’améliore! Il y a une citation que j’aime bien qui provient du livre Jumping from A to Z : teaching your dog to soar (Christine Zink) : « You can’t be happy until you want the dog you have ».

Je suis extrêmement chanceuse de pouvoir pratiquer cette activité avec mon chien. Ça ressemble à de la danse. Pendant le parcours, je vois peu mon chien, car il généralement un peu dernière moi, mais je le sens. On bouge en synergie et c’est absolument formidable comme sensation.


Sur la ligne de départ au Championnat provincial. J'aime la posture d'Oslo. Il est fier et confiant.

Regard complice

Un beau saut lors de la première compétition extérieure d'Oslo. On voit qu'Oslo n'allonge pas ses pattes arrières complètement, mais j'ai appris que chaque chien a sa technique et qu'on ne doit pas essayer de changer ça. Mais on peut travailler l'aisance à sauter dans des situations variées. 

Il a une belle musculature mon chien, n'est-ce pas?

Concentration!


Les accomplissements d’Oslo cette année
  • Parcours qualificatif à notre toute première course au SNAC de Sherbrooke en avril 2012
  • 24 parcours qualificatifs sur un total de 37 courses (moyenne de 65 %) entre avril et novembre 2012
  • 4 titres : ADC, AGDC (titres novices), AADC (titre intermédiaire) et MADC (titre expert)
  • 3 parcours parfait sur 6 au championnat provincial, 8e position dans sa catégorie et qualification pour le championnat national
  •  Notre meilleure course : https://www.youtube.com/watch?v=cbfnPFQ_Ms8. Je suis contente de celle-là, car c’était la première fois que nous réussissions un steeplechase dans le temps permis.

9 décembre 2012

Un jour, je dirai « mes chiens »


Je ne sais pas si tu es déjà en vie quelque part ou si tu naîtras plus tard. Je ne sais pas de quelle race tu seras ni quelle sera ton histoire. Je sais juste que je t’attends.

Je ne sais pas si tu auras peur du tonnerre, si tu sera casse-cou ou si tu aimeras un peu trop creuser des trous. Peut-être seras-tu trop énervé ou trop facilement déconcentré. Mais je ferai tout ce qu’il faut pour t’aider à surpasser tes difficultés.

Je ne sais pas si tu sauras amadouer Billy ou si tu partageras ton coussin avec Chopin. Je ne sais pas non plus quels seront vos jeux préférés à Oslo et toi et quels mauvais coups vous allez inventer. Mais je sais que vous parviendrez à vous apprivoiser.

Il est certain que tu feras des sports canins. Tu essaieras l’agilité, le canicross, le frisbee, le freestyle et le flyball! Deviendras-tu un champion, une vedette, une star? Ou seras-tu simplement mon petit clown à moi. Eh bien, seul l’avenir nous le dira. Mais quoi que tu fasses, je serai toujours très fière de toi.

Je pense à toi souvent. Quand je te verrai, je te reconnaîtrai.



(En mots clairs, eh non, je ne sais toujours pas quel type de chien j'adopterai. Je sais que je ne suis pas encore prête à me lancer. Mais mon dieu que j'y pense souvent. J'ai beaucoup de craintes, mais j'anticipe aussi beaucoup de plaisir et de bonheur. Présentement, j'hésite entre un Border collie ou un Dalmatien adopté auprès d'un très bon éleveur, ou encore un jeune chien en adoption dans un refuge comme Animatch, Rosie ou le Repaire de Sasha. J'envisage aussi de regarder du côté des refuges spécialisés dans les Borders collies. C'est long ma réflexion, mais j'ai besoin de passer par ce processus. On dirait que le fait de ne pas avoir d'enfants me fait accorder une importance très particulière à l'adoption de mon prochain chien. L'adoption d'Oslo fut l'un des plus beaux moments de ma vie, et je crois que ce sera le cas aussi pour le deuxième. Ça m'apporte beaucoup de plaisir de rêver à tout ça.) 

23 novembre 2012

Le processus est commencé


Quand on songe à adopter un nouveau chien, on commence déjà à rêver de ce que la vie sera avec lui ou elle dès qu’on voit les premières photos.

Par exemple, dimanche prochain, je rencontre Bonnie, une chienne de 3 ans en adoption chez Rosie. Selon ce que j’ai compris, cette chienne a touché tout particulièrement la directrice de Rosie, et les bénévoles de l’organisme cherchent la famille de rêve pour elle. Rien de moins.

J’ai vu les photos de Bonnie sur le site de Rosie et le site de la photographe de Rosie (http://www.simplephotos.ca/2012/09/bonnie/ et http://www.rosieanimaladoption.ca/dogs-for-adoption/bonnie-the-collie-x/)  il y a quelques semaines. Son regard doux et enjoué et son allure athlétique m’ont frappée. Une grande sensibilité semble se dégager d’elle également. Évidemment, il y a son histoire qui m’a émue aussi. Bonnie a été trouvée attachée à un arbre au parc dans un très piteux état. Elle avait des puces et des problèmes de peau. Une otite aussi je crois. Son poil était terne et clairsemé. Elle a été amenée à la fourrière. La directrice de Rosie (Anne) qui fait régulièrement le tour des fourrières pour y trouver des chiens à sauver s’est arrêté devant la cage de Bonnie. Le responsable de la fourrière a indiqué qu’il s’agissait d’un chien âgé et malade. Mais Anne avait une autre impression. Elle y a vu un peu son ancien chien, un Collie, et a entrevu de quoi pourrait avoir l’air Bonnie si elle retrouvait santé et confiance en elle. Anne est revenue chercher Bonnie le lendemain et a su, pendant l’évaluation chez le vétérinaire, qu’elle avait environ 3 ans. Peut-être même moins que ça.

Bonnie a été mise en famille d’accueil. Elle aurait de très belles aptitudes athlétiques et serait extrêmement douce et gentille. Elle souffre cependant d’anxiété de séparation, ce qui n’est pas très surprenant vu son passé. C’est cependant un problème qui devra être réglé rapidement.

Je ne sais pas si j’aurai un coup de foudre pour Bonnie. Et ce n’est pas grave du tout si ça ne clique pas. En effet, ce sera tout de même une expérience positive pour elle de venir marcher avec Oslo et moi et je jouer un peu dans la cours avec nous. Si ça ne clique pas, ce n’est pas grave. Je suis sûre que les bénévoles de Rosie finiront par lui trouver la famille parfaite.

Cela dit, la « maman d’accueil » de Bonnie débordait d’enthousiasme devant ma candidature comme famille d’adoption pour elle. Elle croit que Bonnie serait très heureuse comme athlète bien entraînée.
Et moi, eh bien, j’aimerais beaucoup ça donner une deuxième chance à un chien qui a eu de mauvaises expériences. Je l’imagine sensible et un peu anxieuse, comme Oslo et moi, et aussi très attentive et pleine d’énergie. Semble-t-il que Bonnie, dès le premier jour en famille d’accueil, a eu un plaisir fou à attraper une balle de tennis au vol et à la ramener gentiment aux pieds de la personne qui lançait avant de reculer de deux pas pour recommencer le même manège. Ça veut dire qu’il y a déjà quelqu’un qui lui a montré ça et qui a pris le temps de jouer avec elle quand elle était plus jeune. Elle n’a peut-être pas été complètement négligée toute sa vie.

Je pense que ça prendrait une bonne année avant que Bonnie soit capable de compétitionner en agilité ou de faire des spectacles de freestyle. Et il est certain que je devrai l’habituer graduellement à toutes sortes d’environnements. Je compte continuer le travail de la cage, mais seulement en contexte de succès. Je n’ai pas l’intention de la laisser brailler des heures là-dedans. Ça va être rentre sort. Rentre, attends deux secondes, sort. Rentre, attends, ferme la porte, ouvre la porte, sort, et ainsi de suite jusqu’à temps qu’elle puisse y rester plus longtemps. Je vais aussi travailler le fait de la laisser seule dans la maison avec Oslo et sans Oslo. Au début, ce sera deux secondes, et on augmentera graduellement. Encore là, je vais m’arranger pour ne pas qu’elle ait l’occasion de « pratiquer » la montée de panique. J’aime mieux bâtir sa confiance de succès en succès. Comme je travaille de la maison et que je ne suis jamais obligée de sortir longtemps, je pourrai travailler de cette façon.

Côté entraînement, on fera beaucoup d’obéissance au début (avec clicker), ainsi que de longues marches. On commencera ensuite la course graduellement et l’agilité graduellement aussi. Je vais la faire sauter très bas pendant un bout de temps, question qu’elle ne prenne pas de mauvais plis techniquement et qu’elle ne se blesse pas. On m’a dit qu’elle avait une impulsion phénoménale, mais on n’en tirera pas parti tout de suite. Je tiens à l’entraîner parfaitement bien et à prendre mon temps. J’espère pouvoir lui faire, faire du freestyle assez rapidement aussi. Comme les premières semaines seront beaucoup consacrées aux commandes de base et aux petits tours d’adresse, je crois que je pourrai rapidement lui monter une petite chorégraphie.
Évidemment, j’espère qu’Oslo et elle auront envie de jouer ensemble. La poursuite et la lutte sont de bons exercices musculaires et de coordination à mon avis. Chose certaine, Oslo continuera d’avoir beaucoup de mon attention. C’est mon champion d’amour, et il aura des tonnes de nouvelles choses à apprendre toute sa vie.

Comment est-ce que je vois Bonnie dans l’avenir? Une grande championne d’agilité, ça c’est sûr. Une coéquipière d’Oslo pour le canicross et le ski-joring. Une affectueuse amie sur le divan quand j’écoute un film. Une belle championne de frisbee. Et une émouvante partenaire de danse lors de nos spectacles de freestyle. J’en demande beaucoup? Je ne sais pas. C’est ce dont je rêve en tout cas.
Alors voilà ce qui me passe par la tête quand je songe à adopter un chien. Je fais des tas de plans. Je commencer à tenter de résoudre les problèmes à l’avance. Je l’imagine avec nous dans diverses situations courantes.

Et pourtant, je pense qu’il n’y a que 10 à 20 % de chances que Bonnie soit « mon chien ». Je ne le saurai pas tant que je ne l’aurai pas vue. Ça peut sembler cruel de rencontrer un chien et de décider de ne pas l’adopter. Mais elle, Bonnie, elle ne le sait pas. Elle pense que c’est juste une sortie ordinaire. Une « play-date » avec un autre chien.

Et si Bonnie est « mon chien », il faudra aussi que mon amoureux l’aime suffisamment pour avoir envie de l’accueillir dans notre maison. C’est très important ça aussi!

Ça gruge beaucoup d’énergie de penser à tout ça!

6 octobre 2012

Cani-course de Bromont!


Deux ans après avoir commencé le canicross avec Oslo, nous avons enfin participé à notre première course officielle : la Cani-course Sirius Sports Canins. Mais quelle belle expérience! L’endroit était ma-gni-fi-que. C'était au Parc équestre olympique de Bromont (là où ont eu lieu des épreuves équestres lors des Jeux de 1976). Le départ se faisait près du terrain de sauts d’obstacles. Nous passions ensuite à côté du terrain de concours complet (genre de course cross-country de chevaux, si j’ai bien compris) avant d’entrer dans la forêt. Aujourd’hui, il pleuvait pas à peu près alors la surface de course était très difficile. Il y avait des grosses flaques d’eau, des trous de bouette, du gazon super mou et détrempé, des roches glissantes, des feuilles glissantes, de la terre glissante (ceux qui me connaissent auront certainement déjà deviné que je suis évidemment tombée en pleine face : genou qui saigne et mains pleines de terre pis toute). Mais la pluie rendait l’aventure tellement plus palpitante que s’il avait fait beau. Il y avait un nuage de brume sur la montagne et au-dessus du lac. Magnifique, je vous dis!

Et, et, et… Oslo a tiré comme un champion. Pas juste un peu là. Il me tirait de toutes ses forces pour aller rejoindre les autres chiens devant. J'avais l'impression de voler! Même quand je suis tombée, il a fait un peu le saut, mais il ne m’a pas prise en pitié pantoute. Il m’a juste dit : « Vite, vite, vite, les autres chiens sont en train de nous semer! » Alors je me suis relevée tout de suite. On a continué de courir de toutes nos forces. J’étais très essoufflée! Et j’avais les jambes très fatiguées parce qu’il y a quand même eu une longue montée sur les sentiers en forêt. Pas habituée à ça moi! Dès le 3e kilomètre, je n’avais plus de jambes!

Petite anecdote : à la toute fin, nous recroisions de nouveau le fil de départ, mais il restait encore genre 600 mètres avant le fil d’arrivée. Eh bien, dès qu’il a mis les pattes à cet endroit, Oslo a stoppé net et ne voulait plus du tout avancer. Il était sûr de son coup, lui, que c’était fini. Nous étions de retour là où nous étions partis. J’avais beau l’encourager, rien à faire. Alors j’ai mis le bungee à son collier et on a marché un peu. Je lui ai donné une croquette. Puis il a fini par voir que les autres chiens tournaient à gauche, vers là où était l’auto, et il s’est remis à courir, alors j’ai rattaché le bungee à son harnais. Et on a fini en beauté. Il est cute mon chien, parce que  des fois il pense vraiment très fort qu’il a raison, même quand il est dans le champ. Pareil comme moi J!

J’ai aussi vu mes amis des Canisportifs. Ça faisait si longtemps. On a pris une belle photo de groupe!  

Les Canisportifs devant le beau paysage brumeux!

Même si c'est flou, on le voit dans ma face que je trippe!

Sortie de la forêt! On n'était pas trop sûrs de la direction à prendre...

Oslo pense que c'est peut-être à droite qu'il faut aller. 

5 septembre 2012

Je suis un chien d'agilité

Ça y est! Je ne suis vraiment plus un bébé. Je suis capable de faire des compétitions d'agilité comme un champion. Je suis maintenant un expert.

L'agilité c'est un sport d'équipe. Geneviève est responsable d'apprendre les parcours par coeur et de déterminer la stratégie, et moi je suis responsable de franchir les obstacles que Geneviève m'indique et de courir vite, vite, vite. Moi, je ne connais pas les parcours d'avance. C'est toujours une surprise. Alors je dois être bien attentif! Geneviève dit que c'est pareil comme la danse sociale. Il y a le meneur, qui décide des mouvements à faire et il y a le guidé, qui doit réagir aux mouvements de son partenaire presque instantanément. Et ainsi, on forme un tout.

Les compétitions d'agilité, ben c'est très stressant. Il y a des chiens partout. Et il faut souvent que j'attende tout seul dans ma cage dans des endroits bruyants que je ne connais pas. Et surtout, je sens que Geneviève est angoissée. Elle n'aime pas ça rater alors elle est très concentrée et elle visualise les parcours des dizaines de fois. Je la vois faire. Elle essaie de me calmer en me donnant des gâteries, en me parlant doucement et en jouant beaucoup avec moi, mais moi je le sais que le moment est important et qu'il faut que je me force encore plus que d'habitude. Pis là, tout d'un coup, c'est presque notre tour. Geneviève prend une poignée de fromage et elle me fait faire toutes sortes d'exercices d'obéissance et de la course d'un côté et de l'autre pour s'assurer d'avoir toute mon attention. À ce moment là, on est tous les deux très survoltés. Notre coeur bat vraiment vite. Et là, ouf! On entre sur le ring. Geneviève m'enlève ma laisse. Elle me dit de rester assis là sans bouger en attendant qu'elle aille se placer plus loin. Ça c'est dur parce que je suis au comble de la nervosité. J'ai le goût de partir très vite pour sauter tout de suite par dessus les obstacles. Des fois aussi, j'entends des bruits ou je sens des odeurs qui me donnent le goût d'aller vérifier de plus près avec mon nez. Heureusement, quand Geneviève voit que je suis déconcentré, elle vient me rassurer et elle ajuste sa position de départ pour être plus près de moi. Et puis elle dit Go! Et on part à courir très vite. Geneviève cours de toutes ses forces et moi je la suis de toutes mes forces. Des fois, je grogne d'effort. Après avoir tout fini, Geneviève est toujours contente. On joue beaucoup, je mange plein de fromage et on va marcher un peu. Là on relaxe et ça fait du bien. On est fiers de nous et on se regarde souvent, souvent en souriant.

La semaine dernière, c'était la compétition de Guides canins à Saint-Lazare. Je connais bien cet endroit. On s'entraîne là. On a fait 10 courses en tout et on a fait 9 courses parfaite sur 10! Geneviève n'en revient pas encore. Elle dit que c'est la réalisation sportive dont elle est le plus fière de toute sa vie! Avec toutes ces courses réussies, on a vite grimpé de niveau. On avait fini nos titres novices ce printemps, et là on a eu notre titre avancé pour les parcours standards. Ça veut dire qu'on a monté dans la catégorie Expert! Ça c'est l'fun! On a pu faire notre première course expert et on a fait encore une course parfaite! Et on est arrivés deuxièmes en plus! Geneviève avait tellement bien appris le parcours de cette course qu'elle s'en souvient encore parfaitement plusieurs jours plus tard. Je pense que Geneviève est bonne pour apprendre et visualiser les parcours. Moi ça m'aide parce qu'elle n'hésite pas alors je sais toujours exactement où aller!

Je suis fier quand on fait de belles performances de même! Mais, en fait, moi je ne le sais pas vraiment si on rate. À moins que ce soit très évident, comme si je fais tomber une barre. Geneviève fait toujours semblant que j'ai super bien fait ça. Elle est vraiment tout le temps gentille et elle veut juste que je profite pleinement de toutes les secondes de ma vie de chien.

L'agilité, moi je trouve que ça nous rend vraiment complices. On est une équipe vraiment formidable. Et j'ai juste 2 ans 1/2. On a plein de temps ensemble encore.  

23 août 2012

On veut un Québec fort? La solution pourrait bien résider dans l’habileté à discuter politique!


J’ai récemment eu la chance de participer à l’école d’été du CERIUM intitulée « Modèle scandinave : les outils du succès ». Si un élément est ressorti de l’ensemble des séminaires auxquels j’ai assisté, c’est bien le rôle primordial qu’ont joué les compétences civiques de la population dans les nombreuses réussites des pays scandinaves. La réforme de la santé suédoise s’est soldée par un grand succès? La gestion pétrolière de la Norvège suscite l’admiration du monde entier? La Finlande possède le meilleur système d’éducation au monde? Chaque fois, on en revenait au même constat : avant l’adoption des mesures qui ont donné d’excellents résultats, il y a eu d’intenses discussions populaires. Les mesures adoptées n’ont pas été « imposées par le haut », elles ont plutôt été acceptées par la population dans son ensemble avant d’être mises en œuvre. Que les citoyens des pays scandinaves s’intéressent aux questions sociales et politiques, qu’ils soient assez informés pour en débattre et qu’ils en arrivent à des consensus et à des actions concrètes a de quoi surprendre lorsqu’on adopte le point de vue nord-américain, même si c’est celui de la sociodémocrate belle province.

Au Québec, depuis deux ans, l’intérêt pour la politique semble aller croissant comme en témoignent divers mouvements populaires tels que « Occupons Montréal », les contestations contre l’exploitation du gaz de schiste et le « printemps érable ». Au cours des derniers jours, on a pu constater une grande effervescence autour de la campagne électorale provinciale et des débats entre les chefs de parti. Les gens discutent politique plus que jamais et confrontent leurs opinions. Excellent! Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud et canaliser toute cette belle énergie pour arriver à des résultats. Si je reproche une chose aux mouvements de contestations des deux dernières années, c’est qu’ils se sont faits sous le signe de la colère et qu’ils semblent s’être retournés contre de grands pans de la population. Le chaos, l’émotivité ont régné. On a insulté la « majorité silencieuse » au lieu de la séduire. Ça n’a pas donné de bons résultats. On a besoin de tout le monde pour réussir.

Vous voulez savoir pourquoi ça marche dans les pays scandinaves et pas ici? Tout passe par l’éducation, en particulier l’éducation des adultes. Là-bas, depuis la fin du 19e siècle, la population participe massivement à des « cercles d’études ». Ce sont des cours d’éducation des adultes sur des sujets très variés qui sont organisés dans toutes les communautés. Ces cercles d’étude peuvent porter sur des sujets très variés (p. ex., politique, langues, institutions syndicales, arts, jardinage, philosophie), mais ils tous le même objectif : amener les participants à acquérir des connaissances, et surtout, à former leur esprit critique, leur pensée indépendante et leur capacité à discuter. Les groupes sont petits, et chaque participant joue une part active dans le déroulement des séances. Le taux de participation à ces groupes est très élevé : en Suède, par exemple, environ 75 % des adultes avaient assisté à au moins un cercle d’études au cours de leur vie! Il est à noter que lorsque des événements majeurs se produisent dans la communauté ou dans le pays (comme des élections ou de grandes réformes), ces cercles d’études sont des endroits privilégiés pour la discussion. Toute la population est donc informée de ce qui se passe et est capable d’en discuter objectivement, de manière éclairée.

Un autre élément m’a surprise. Selon diverses études, la lecture des journaux est un facteur favorisant l’acquisition des compétences civiques, alors que la consommation télévisuelle est un facteur nuisant à l’acquisition des compétences civiques. Or les Scandinaves sont parmi les plus grands lecteurs de journaux du monde, et ils écoutent peu la télévision.  Au Québec, on lit au contraire peu les journaux (moins que dans le reste du Canada) et on note une forte dépendance télévisuelle (plus que dans le reste du Canada). C’est un signal d’alarme à ne pas ignorer, car « dans les pays où ce type de compétence est faible, les groupes économiquement défavorisés ont du mal à défendre leurs intérêts parce que la faiblesse de leur formation civique les exclut le plus souvent de la vie publique1 ». C’est peut-être ce qui explique qu’on entend beaucoup de colère, beaucoup de bruits de casseroles, mais vraiment pas assez d’arguments objectifs, solides et convaincants.

Mais pourquoi sont-elles si importantes les compétences civiques? Eh bien, elles amènent la population à faire les meilleurs choix politiques possible grâce à une bonne connaissance des enjeux. Et ces choix politiques optimaux entraînent systématiquement une amélioration des conditions socio-économiques en plus d’appuyer encore davantage le développement des compétences civiques. Selon les conclusions du rapport final de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes (EIAA), « les sociétés démocratiques jouissant d’une distribution équitable des ressources intellectuelles jouissent également d’une répartition plus équitable des ressources matérielles2 ». Comme une société égalitaire est fortement associée à de bonnes performances pour de nombreux indicateurs économiques et sociaux, il va sans dire que la question du développement des compétences civiques et de l’éducation des adultes est cruciale.

Certains participants de l’École d’été du CÉRIUM sur les pays scandinaves l’ont exprimé : des séminaires comme ceux auxquels nous avons participé, laissant beaucoup de place aux interactions et aux discussions respectueuses, contribueraient à rehausser nettement le niveau de compétences civiques et permettraient sans doute aux Québécois de trouver des solutions novatrices et efficaces pour le Québec. Reste à savoir comment il serait possible d’organiser à vaste échelle des « cercles d’études » dans toutes les communautés du Québec. Mission impossible? Peut-être pas. Mais il faudrait agir maintenant. Il s’agit peut-être seulement de faire prendre conscience à tout le monde de l’importance de l’éducation des adultes. Il y a toutes sortes de cours qui se donnent dans toutes les communautés du Québec. L’important, c’est de pouvoir se regrouper et de discuter. Ce n’est pas si compliqué.

Chose certaine, ma participation à l’école d’été du CERIUM m’a amenée à modifier mes opinions politiques. Oh! Je suis encore plutôt de droite, mais j’accepte mieux les opinions politiques des autres. Je pense que nous souhaitons tous le bien du Québec et que nous avons avantage à collaborer plutôt qu’à nous affronter pour trouver les meilleures solutions possibles. J’ai eu de belles discussions avec des gens de toutes allégeances. Et je vois d’un meilleur œil les manifestations qui se sont produites ce printemps et cet été parce que je crois qu’elles sont le reflet d’un engagement politique très louable (quoique mal canalisé selon moi).

Pour ma part, j’ai décidé de m’inscrire à un groupe de réseautage dans ma communauté. Parce que je sais maintenant qu’un avenir radieux pour le Québec passe nécessairement par la formation continue et la discussion entre concitoyens. Les personnes bien formées sont capables de faire valoir leurs intérêts efficacement. C'est ce qu'il faut retenir je crois.


1- Milner, Henry (2004), « Chapitre 15 – Compétences Les défis du Canada et du Québec au XXIe siècle ». La compétence civique. Comment les citoyens informés contribuent au bon fonctionnement de la démocratie, Québec, Les Presses de l’Université Laval, p. 305.

2- Milner, Henry (2004), « Chapitre 1 – Usage et abus du capital social ». La compétence civique. Comment les citoyens informés contribuent au bon fonctionnement de la démocratie, Québec, Les Presses de l’Université Laval, p. 31.

4 juillet 2012

Le système d'éducation finlandais (primaire et secondaire)

Avant de commencer, je me dois bien sûr de donner des nouvelles d’Oslo! Eh bien, sa première semaine à vie à rester tout seul à la maison le jour se passe très bien. Je suis soulagée de voir que je peux partir et qu’il n’en semble pas plus malheureux! Il faut dire que j’ai un amoureux en or qui passe à la maison à l’heure du dîner pour jouer un peu avec lui et le faire sortir pour son pipi. Et je fais une marche d’une heure avec Oslo le matin vers 6 h 15 et une autre d’au moins une heure le soir. C’est une routine qui va bien. Je crois même que je n’en mourrais pas si je dois un jour me remettre à travailler en entreprise. C’est un grand soulagement!

Passons maintenant aux choses sérieuses. Aujourd’hui, durant l’école d’été sur les pays scandinaves, nous avons parlé du système d’éducation en Finlande. C’est bien connu, les Finlandais se classent parmi les premiers au monde depuis près d’une décennie en matière d’éducation (résultats aux tests PISA en lecture, en mathématiques et en sciences menés auprès des jeunes de 15 ans).

La Finlande faisait pourtant piètre figure en matière d’éducation jusqu’au milieu des années 90. Sous le joug de la Russie depuis longtemps, la Finlande était un pays très pauvre. Avant la chute de l’URSS, elle avait un partenaire commercial solide en la Russie, mais avec l’ouverture des frontières elle l’a plus ou moins perdu. Pour redresser leur économie, les Finlandais ont examiné les études scientifiques et ont constaté que pour avoir un système économique fort, il fallait une population très bien éduquée. Ils ont donc tout mis en œuvre pour se doter du meilleur système d’éducation possible. Une grande réforme a été mise en place avec le plus grand soin et a donné des résultats spectaculaires.

Voici quelques caractéristiques de la situation finlandaise en éducation :

- Les enfants entrent en 1re année à l’âge de 7 ans, soit un an plus tard qu’ici.

- Il n’y a pas d’évaluation ni de bulletin avant la 5e année du primaire.

- Il est obligatoire de formuler tous les commentaires aux élèves de manière encourageante, y compris dans les rapports envoyés aux parents (c’est écrit dans la loi!). Par exemple, le professeur écrira : « Mathieu sait compter jusqu’à 100 », même si les objectifs pour son âge étaient de compter jusqu’à 200. Il importe que les enfants se sentent compétents.

- Tout le matériel scolaire, stylos, manuels et ski de fond compris, est gratuit jusqu’à la fin du secondaire.

- Un dîner chaud est servi à tous les élèves.

- La technologie occupe une très grande place dans les classes (p. ex., tableaux numériques interactifs depuis 1998).

- La méthode d’enseignement est socioconstructiviste, une méthode réputée pour être extrêmement efficace. J’explique. On s’est un jour rendu compte que les personnes âgées qui préservaient le mieux leurs capacités cognitives étaient celles qui continuaient de vivre entourées de gens avec qui interagir et discuter. On a ainsi découvert que les contacts sociaux stimulent l’apprentissage et la rétention. D’ailleurs, c’est cette méthode (qu’on appelle aussi « apprentissage par problèmes ») qui est utilisée avec le plus grand succès depuis au moins quinze ans à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (meilleure faculté de médecine au Canada) et dans la Faculté de génie de la même université (meilleure faculté de génie de l’Amérique du Nord – mon amoureux a étudié là!). Dans un classe universitaire de médecine, le professeur commence par soumettre un cas aux élèves, par exemple une patiente qui dit avoir une grippe depuis trois mois. Les étudiants doivent écrire individuellement les questions qu’ils poseraient à la patiente pour savoir ce qu’elle a. Ensuite, ils se mettent deux par deux, discutent de leurs questions et doivent se mettre d’accord sur un plan d’évaluation, puis ils discutent à six et présentent leurs conclusions au reste de la classe. Les étudiants auront alors fait ressortir diverses hypothèses (allergies, MPOC, etc.). Ensuite, le professeur donnera des cours magistraux sur les thèmes abordés (p. ex., un cours en immunologie, un cours en pneumologie, etc.) Il semble que la rétention soit ainsi maximisée. Les mêmes principes peuvent être appliqués à tous les niveaux de scolarité. 

- Les professeurs sont triés sur le volet. Seulement 10 % des étudiants qui font une demande d’admission en enseignement sont admis. Ils doivent démonter de très nombreuses compétences, y compris un engagement social exceptionnel, notamment auprès des enfants. La scolarité est de cinq ans (maîtrise). La profession d’enseignant est très prestigieuse et très respectée en Finlande.

- Les enseignants ont une très grande autonomie dans leur classe. L’État n’établit que de grands principes. Ce sont les enseignements qui rédigent eux-mêmes les programmes pour leur école.

- Il n’y a à peu près pas de classes spéciales. Les enfants qui ont des difficultés sont pris en charge très rapidement pas des orthopédagogues.

- Le système d’éducation finlandais ne coûte pas plus cher que celui du Québec.

- Les enfants ont peu ou pas de devoirs à faire à la maison.

- Les parents finlandais sont généralement de retour à la maison avant 16 h 30 et passent leurs soirées à jouer et à faire du sport avec leurs enfants.

- Le souper en famille est sacré en Finlande. (D’ailleurs saviez-vous que le meilleur facteur prédictif des compétences en lecture est le fait de souper en famille le soir? En effet, les soupers autour de la table favorisent le récit et le débat, deux éléments qui stimulent l’intérêt pour la lecture. Et ce sont les enfants qui ont les meilleures compétences en lecture qui obtiennent les meilleurs résultats en sciences. Tout se tient.)



Et vous, que pensez-vous du modèle d’éducation finlandais?


* Source de l'information présenté ci-dessous : École d'été du CERIUM sur la Scandinavie 

La Scandinavie et l’éducation : la Finlande à l’avant-garde

Suzanne Tremblay, Directrice à l’École des Découvreurs

3 juillet 2012

Création du modèle scandinave

Je n’ai pas été capable de bloguer comme prévu hier soir parce que j’ai passé trois heures avec Oslo. C’est rare que je le laisse seul une journée de temps, alors les retrouvailles ont été heureuses! Nous sommes allés faire de l’agilité, du frisbee et de la marche. Il a réussi de nouvelles choses très difficiles à distance et nous avons eu énormément de plaisir!

Alors j'écris sur mon heure du dîner pour me rattraper. Je n'ai pas beaucoup de temps alors je vous donne l'information un peu pêle-mêle!

Dans les commentaire de mon dernier billet, certains ont voulu m’avertir du fait que tout n'est pas rose dans les pays scandinaves. Mais bien sûr. Cela dit, ces pays se classent tout de même dans le peloton de tête de tous les palmarès : santé économique, taux d’emploi, productivité, investissements étrangers, honnêteté, égalité homme femme et égalité dans l’ensemble de la population et même, indice du bonheur! Il ne fait aucun doute qu’on a intérêt à observer ce qui se fait là-bas.


Je tiens à souligner que nous n’étudions pas tellement la Norvège dans le cadre des conférences, car en raison de sa richesse en pétrole (et l’effacement de la dette qui en a résulté), elle est vraiment très riche et peut se permettre toutes sortes de programmes très chers et pas nécessairement efficaces (quoi que pas si mauvais non plus). La Suède, le Danemark et la Finlande, quant à eux, arrivent à obtenir d’excellents résultats sans profiter d’une telle richesse.

La naissance du modèle scandinave
Évidemment, je ne peux passer sous silence la création du fameux modèle scandinave en Suède dans les années 50. On était juste après la guerre, et la Suède étant restée neutre pendant celle-ci, elle n’avait pas trop souffert. Ses industries étaient fonctionnelles et elle était bien placée pour commencer tout de suite à vendre ses produits sur les autres marchés. De plus, avec l’application du plan Marshall en Europe pour aider les pays occidentaux à se relever, la situation était particulièrement propice à la croissance. Malheureusement, la Suède manquait cruellement de travailleurs formés. Pour ne pas nuire aux exportations, il fallait empêcher une trop grande inflation (ce qu’aurait causé la hausse des salaires nécessaire pour attirer les travailleurs formés par les entreprises). Il a donc été décidé de tout miser sur les entreprises performantes et de carrément laisser mourir les entreprises non susceptibles d’être concurrentielles à l’échelle mondiale. Tous les travailleurs ont été dirigés vers les entreprises performantes. Beaucoup de gens ont dû déménager et surtout être formés pour travailler dans de tout nouveaux domaines. L’effet a été formidable. C’est à ce moment que la société suédoise est devenue vraiment égalitaire. Et tout ça s’est fait à l’intérieur de l’économie de marché sans intervention directe de l’État! Il y a eu énormément de rencontres avec la population pour lui expliquer la situation. La population a été convaincue, et le changement s’est fait très rapidement, malgré des inconvénients majeurs pour bien des gens. Il est à noter que ce sont deux économistes à la tête du plus grand syndicat de l'époque qui ont mis sur pied ce modèle.

Les syndicats
Ici, comme vous le savez, les syndicats suscitent la méfiance d'une partie de la population à cause de leur corporatisme. Ils ne sont pas perçus comme favorables au bien commun, bien au contraire.  Ils ne défendent que de petits groupes sans tenir compte du reste de la société. En Suède, les syndicats sont très grands et représentent un vaste éventail de travailleurs provenant tant du privé que du public, d'entreprises exportatrices et importatrices et de diverses industries. Il leur faut donc concilier les intérêts de chacun. De plus, les syndicats ont pris une part active dans le gouvernement depuis 1932. Gouverner, ça rend responsable et ça oblige à prendre des décisions pour l'ensemble de la population. Les syndicats dans les pays nordiques collaborent très étroitement avec le patronat. À entendre parler les chefs syndicaux, semble-t-il qu'on a l'impression d'entendre la direction de l'entreprise. Le patronat comme le syndicat ont à coeur la réussite économique. Cette collaboration syndicat-patronat résulte en des décisions rapides, efficaces et consensuelles.

La santé
Je tiens finalement à parler de la réforme de la santé qui a été effectuée dans les années 1990 en Suède. La Suède était alors en crise, sa dette grimpait et elle a dû apporter des corrections. Cette réforme a eu des retombées formidables. La Suède est aujourd'hui le pays ayant le meilleur système de santé du monde tant sur le plan de la qualité que de l'efficacité. Si on performait comme la Suède, on économiserais 3,5 milliards par année en soins de santé! Il est vrai que les Suédois sont réputés pour faire beaucoup d'exercice et bien manger et avoir un environnement sain. Mais c'était le cas aussi avant la réforme. Les économies réalisées après la réforme ne s'expliquent donc pas vraiment par ces facteurs. En plus, ils ont plus de médecins et d'infirmières par habitant que nous (quoique payés moins cher). Voici ce qui a été fait :
- Décentralisation de l'administration des établissements vers des autorités locales qui assurent l'organisation, la gestion et une grande partie du financement
- Ministère de la Santé très petit qui ne voit qu'à établir un cadre et qui ne fait absolument aucune ingérence dans les activités locales
- Responsabilisation financière des autorités locales
- Mesures de responsabilisation, de reddition des comptes et de transparence
- Comparaison des performances entre les établissement
- Transfert de beaucoup de responsabilités aux infirmières
- L'argent suit le patient. Si un établissement a une liste d'attente et doit faire traiter un patient dans un autre établissement, il doit en assumer les frais. * Au Québec, il faut plutôt se créer des listes d'attente pour obtenir des budgets..
- Les patients n'ont pas à passer par un généraliste pour consulter un spécialiste
- L'informatisation du système de la santé s'est faite très vite (ici ça traîne depuis le début des années 90)
- Frais de responsabilisation que doivent assumer les patients chaque fois qu'ils consultent (environ 20 $; ce qui n'est pas très lourd à porter étant donné que tous les salaires sont hauts)
 C'est ce qu'on peut appeler une réforme réussie.

Dernier éléments très important : Là-bas, les décisions ne sont jamais imposées par le haut. Les citoyens s'informent beaucoup, discutent dans des groupes bien organisés, et une fois qu'une décision est prise, tout le monde rame dans la même direction. C'est très efficace. Ça explique pourquoi ils récupèrent généralement très rapidement des crises. Il n'y a pas de contestation sans fin comme ici. Mais je rappelle que les décisions ne sont jamais imposées. Il y aurait tout un changement de culture à faire au Québec sur ce plan. Cet après-midi, nous aborderons justement tout l'aspect des compétences civiques et de la culture de formation continue qui est extrêmement forte dans les pays scandinaves.

Je vous reviens demain j'espère. Je m'excuse de ne pas avoir bien structuré les sujets et de ne pas les avoir approfondis beaucoup. J'ai vraiment peu de temps. Si vous avez des questions, j'y répondrai avec plaisir!

29 juin 2012

Les pays scandinaves


Pendant ma seule semaine de vacances de l’été, j’ai décidé de suivre une formation intensive sur les pays scandinaves intitulée « Modèle scandinave : les outils du succès ». Eh oui! Je suis folle de même. Ce cours offert dans le cadre des Écoles d’été du CERIUM donne droit à 3 crédits universitaires de deuxième cycle aux étudiants de divers programmes de maîtrise, moyennant la rédaction de trois travaux. La semaine de cours commence officiellement lundi, mais les étudiants crédités comme moi étaient conviés à une séance d’introduction de quatre heures cet après-midi.

Pourquoi ai-je choisi d’étudier les pays scandinaves? Parce que j’aime examiner ce qui va bien, puiser de l’inspiration dans les modèles qui fonctionnent et imaginer des solutions qui pourraient être applicables ici. Peut-être pourrai-je alors ensuite contribuer à un Québec meilleur. On ne sait jamais.

Aujourd’hui, il nous fallait déjà parler du sujet que nous envisagions aborder dans notre travail de recherche. Les thèmes intéressants ne manquent pas lorsqu’il est question de la Scandinavie. Ce groupe de pays (Norvège, Suède, Finlande et Danemark) qui forment systématiquement le peloton de tête en ce qui concerne l’éducation, l’emploi, la qualité de vie, la santé et la croissance économique a de quoi faire rêver. Comment est-il possible de marier aussi bien égalité sociale et efficience économique? Plusieurs éléments de réponse ont été abordés aujourd’hui. La dette très faible, la décentralisation des pouvoirs et la participation citoyenne en sont quelques exemples.

Pour ma part, c’est sur le sujet de la participation citoyenne, et plus particulièrement celui de l’acquisition des compétences civiques, que je compte me pencher. Dans les pays scandinaves, les citoyens prennent un part active aux décisions politiques. Et ils arrivent à faire des choix responsables et favorables au développement économique et social, car ils sont bien au fait de tous les enjeux. L'éducation des adultes dans le domaine politique est très bien ancrée là-bas, et ce, depuis fort longtemps. Mon interprétation, c’est que ça les rend peut-être un peu moins rêveurs et un peu plus pragmatiques que ce qu’on peut voir au Québec, où la participation citoyenne est somme toute assez faible. Même durant notre printemps 2012, qui s’est révélé des plus effervescents, on n’a guère entendu que des discours empreints d’émotivité qui manquaient cruellement de profondeur et d’objectivité. On a aimé taper de la casserole, peut-être pour ne pas avoir à pousser la réflexion trop loin. Une participation citoyenne efficace, ce n'est pas tout à fait ça. Il faut avoir le courage d'explorer tous les aspects des problèmes, même ceux qui nous plaisent moins ou qui n'appuient pas notre idéologie. Mais on pourrait y arriver. Il suffit peut-être juste de savoir comment s’y prendre. En tout cas, c’est ce que je vais explorer dans mon travail de recherche.

La semaine prochaine, nous aborderons de très nombreux sujets, dont les suivants :

-          La relation entre les syndicats et le patronat (qui est très différente de ce qu’on voit ici – les syndicats scandinaves ayant bien plus à cœur la performance économique que les nôtres)

-          L’égalité homme-femme

-          La participation citoyenne

-          Le système d’éducation finlandais

-          La gestion des ressources naturelles

-          La fiscalité

-          La politique étrangère de la Norvège

-          Les problèmes d’intégration des immigrants et la résurgence de l’extrême-droite en Scandinavie

-          Les leçons que peut tirer le Québec de ce qui se fait en Scandinavie

Bref, une semaine extrêmement stimulante m’attend. J’espère avoir le temps et l’énergie de bloguer tous les jours sur ce que j’aurai appris. Je ne sais pas si quelqu’un me lira, mais ce sera toujours bien un excellent exercice de récapitulation quotidienne pour moi!

Seul bémol : mon chien Oslo (dont le nom s’insère à merveille dans la thématique de la semaine, n'est-ce pas?) sera tout seul à la maison cinq jours de suite, ce qui n’est jamais arrivé avant. Je sens que je passerai de longues heures chaque soir à jouer à la balle, à courir et à me balader avec lui.




27 juin 2012

Problèmes et solutions

Hier je faisais le récit de notre championnat provincial. Aujourd’hui, je trouve des solutions aux problèmes que nous éprouvons! Je suis très motivée, et je veux poursuivre sur notre superbe lancée!

Voici ce que j’envisage. Si jamais il y a des experts ou expertes en agilité ou en entraînement canin qui me lisent, n’hésitez pas à me donner vos trucs et idées.

1-      Notre plus gros problème est de loin le placement sur la ligne de départ. Oslo regarde souvent ailleurs, se retient fort pour ne pas sniffer partout, se lève parfois de la position assise. Manifestement, il est stressé et il n’est peut-être pas certain de ce qu’il doit faire. Moi aussi, je suis stressée, et mes mouvements ne doivent pas être rassurants, car je n’ai pas confiance qu’Oslo restera avec moi. Quand le parcours me permet de partir avec lui, ça va encore. Mais si je dois faire un lead out, c’est très stressant.

La solution que j’ai commencé à appliquer aujourd’hui est la suivante : pratiquer une routine systématique pour l’entrée dans le ring. Il y a un ring monté en tout temps pour les funmatch et les compétition chez Guides canins. Je fais donc l’entrée avec Oslo en laisse (laisse d’agilité avec jouet intégré), je lui demande de se placer au bon endroit, je lui enlève sa laisse et la lance derrière et je fais des ajustements dans sa position au besoin. Je m’éloigne, lui fait faire deux trois obstacles en l’encourageant beaucoup, puis on sort du ring et je le fais jouer avec sa laisse jouet, puis je lui donne quelque chose de super bon à manger. Je vais essayer de pratiquer cette routine très souvent, à différents endroits. Aujourd’hui, Oslo a l’air d’avoir bien aimé ce jeu. Si ça peut marcher, ça va régler une très grosse partie de nos difficultés.



2-      Le travail à distance : On ne s’en sort pas, dans les compétitions comme le Championnat provincial, il faut réussir des enjeux pour bien se classer. Nous n’avons vraiment pas été bons dans les enjeux ce weekend. Mais je ne m’en fais pas trop. Oslo s’est énormément amélioré dans le travail à distance au cours des derniers mois, et il comprend beaucoup mieux ce qu’il doit faire. Cela dit, il faut qu’on apprenne à mieux se comprendre.


Solutions : Travailler des séquences à distance toutes les semaines et m’assurer qu’Oslo connaît bien son vocabulaire (tunnel, poteaux, up,en haut, là-bas, pousse, gogogo). Il commence à bien comprendre tout ça, alors il nous reste à améliorer notre connexion et la confiance qu’on a l’un envers l’autre. Je compte pratique des séquences de difficultés croissante en m’assurant cependant qu’Oslo soit le plus possible en situation de succès. Je dois aussi travailler mes commandes corporelles. Je suis souvent mal placée ou pas claire.



3-      Les virages serrés intérieurs et extérieurs. Oslo est déjà assez bon dans les virages, mais nous avons encore du chemin à faire pour augmenter la constance des changements de direction et notre communication.

Solution : continuer de pratiquer les virages serrés dans ma cour tous les jours en pratiquant divers angles et en modifiant les séquences. Parallèlement, j’augmente le plus possible l’intérêt d’Oslo à l’égard de ses jouets. Plus il veut jouer, plus il se force pour faire de belles séquences.



4-      La vitesse! Je sais qu’Oslo a de la vitesse dans les pattes. Je le sais, car je le vois courir à toute vitesse après les écureuils ou quand il joue avec d’autres chiens. Il est capable d’aller vite, et je compte bien l’amener à optimiser sa vitesse. Je crois bien que je dois être l’une des personnes les plus rapides sur un ring d’agilité. Je l’ai vu en fin de semaine notamment dans le dernier sauteur ou j’ai été la seule à choisir la stratégie la plus naturelle pour le maniement, mais qui nécessitait un méchant sprint de ma part pour aller me placer au bon endroit. Il serait donc tout naturel qu’Oslo tire parti de sa vitesse aussi.

Solution : Au cours du prochain mois, au moins, je vais l’entraîner à la hauteur de 16 pouces. Chaque fois que je fais ça, il gagne de la confiance en lui et il garde une certaine vitesse lorsque je monte les sauts à 22 pouces. Il s’amuse beaucoup plus à la hauteur de 16 pouces, et c’est excellent pour sa motivation. Je vais en profiter pour pratiquer les poteaux à grande vitesse. Il m’en a fait de très rapide cet après-midi, et j’ai confiance qu’il peut encore améliorer sa vitesse pas mal.

Voilà! C’est ce que nous allons travailler au cours des prochains mois! On a beaucoup de pain sur la planche n’est-ce pas? Et comme d’habitude, nous ferons tout ça sous forme de jeu. Oslo n’est vraiment pas un chien de travail. C’est un chien qui aime avoir du plaisir et je m’y adapte le plus possible. Heureusement, je suis maintenant bien entourée en coachs. Je sais à qui faire confiance J

26 juin 2012

Championnat provincial d'agilité


Je me suis inscrite au Championnat provincial d’agilité parce que je voulais vivre une grosse compétition. Je m’étais fixé comme objectifs d’en apprendre plus sur ce sport, de voir les meilleurs chiens du Québec à l’œuvre, de prendre de l’expérience de compétition avec Oslo et de savoir à quoi m’attendre pour l’année prochaine. J’avais aussi un objectif très secret : celui d’accumuler les 350 points requis pour nous qualifier pour le championnat national. Mais je me doutais que ce serait difficile à atteindre étant donné qu’on a commencé la compétition ce printemps seulement, qu’on émerge à peine du niveau novice et que j’en suis à mon premier chien et à mes premières armes dans ce sport. Mine de rien, ça fait beaucoup de choses à apprendre en même temps!

Oslo est dans la catégorie 22 pouces « spécial ». Normalement il devrait sauter à 26 pouces, mais il n’a pas beaucoup d’impulsion et il en est incapable. Les Labradors en général compétitionnent dans cette catégorie en raison de leur morphologie qui n’est pas tout à fait adaptée à l’agilité. Notre catégorie comptait 15 chiens.

Notre première course de la journée était un « sauteur » (parcours rapide comportant des sauts et des tunnels seulement). J’avoue que je m’attendais à des parcours beaucoup plus difficiles (à cause des cours de maniement que je suis avec Lucie Dessureault, qui se fait un malin plaisir de nous compliquer la vie le plus possible). Quand j’ai fait la reconnaissance générale des parcours le matin, j’avais l’impression qu’il s’agissait du niveau novice. Je l’ai dit à quelques personnes que je connaissais, toute surprise, mais je pense que j’aurais dû me taire parce qu’elles n’avaient pas l’air contentes. J’ai peut-être paru arrogante. Ou je leur ai peut-être imposé un stress supplémentaire. Chose certaine, j’ai regretté ma grande gueule. Si je les trouvais si faciles, ces parcours, il allait falloir qu’on les réussisse parfaitement pour que je ne me couvre pas de honte!

Eh bien, notre première course a été un sans-faute! En bas du temps requis en plus! Bien franchement, je sentais déjà que mon objectif du weekend était atteint! Nous avions réussi un parcours parfait au Championnat provincial, nous les petits débutants!!! J’étais si fière de mon beau Oslo! Voilà que nous avions accumulé 82 points (75 pour le parcours parfait et 7 points en raison de nos 7 secondes en bas du temps requis).

Notre deuxième course était un « standard », notre force! En plus, mon amoureux était là pour prendre des photos! Ça me mettait de la pression. Il ne vient pas souvent, alors je ne voulais pas qu’il soit déçu. Le standard comporte tous les obstacles courants (sauts, tunnels, balançoire, palissade, passerelle et slalom). C’est plus lent que les « sauteurs », car certains obstacles prennent plus de temps à franchir, et ça laisse un peu plus de temps pour penser. Il y avait quelques changements de direction un peu délicats, mais rien de très difficile. Encore une fois, nous avons réussi la course avec brio!
Voici quelques photos de cette course qui, je crois, elle notre meilleure à vie :
 Ah! Les départs. Tellement le moment le plus difficile pour nous. Une fois partis, on est corrects!

Premier saut!

 Super belle entrée de slaloms et rapide jusqu'au bout! On s'en vient bien dans cet obstacle!

Dernier saut! Woohoo, Oslo! Tu es tellement champion!

Yes! Ce standard nous a donné 109 points (100 points pour le parcours sans faute et 9 points comme prime de temps)! C’est donc bien payant les parcours parfaits! Là, bien franchement, je flottais! Mais en même temps, je sentais la pression monter. Comment faire pour garder notre concentration pour les quatre autres courses du weekend? Je me sentais déjà épuisée! Le plus dur, c’est la longue attente entre chaque course en raison du très grand nombre de chiens dans chaque enceinte (environ 50). C’est dur pour l’humain, mais c’est surtout dur en tabarouette pour le chien. Oslo est habitué aux environnements bruyants, aux autres chiens, aux foules, aux bruits, aux applaudissements et tout ça. Mais c’est quand même un chien anxieux. Les cages des chiens sont toutes cordées les unes à côté des autres, et Oslo n’arrive pas à trouver le repos. Deux journées de suite à rester alerte 8 heures consécutives, ça t’épuise un chien. Déjà, après notre deuxième course, je le sentais décrocher et perdre sa motivation.

Notre dernière course du samedi a été épouvantable. J’ai eu droit à du sniffage à gauche et à droite, à des refus d’obstacles, bref à une absence totale de motivation et de concentration. En plus, la dernière course était un « enjeu » qui nécessite d’envoyer le chien faire des obstacles à distance (l’humain devant rester derrière une ligne à certains moments). Bref, cette course a eu l’effet d’une douche froide. Nous n’avons accumulé que 25 points sur une possibilité de 90 environ.

Après une telle journée (durant laquelle je n’ai à peu près pas réussi à manger en raison de mon stress), j’ai passé la soirée dans un état second dans le salon. J’avoue que j’étais tétanisée par le stress. C’est un jeu l’agilité, pourtant, hein? Mais on prend ça tellement à cœur! Comment faire pour qu’Oslo reprenne sa concentration le lendemain? En plus, la journée commençait par un autre enjeu. Rien de pire pour tuer sa motivation tout de suite en partant! Je ressentais aussi beaucoup de pression à cause de nos deux parcours parfaits de la veille. Il ne fallait pas que je m’écroule le lendemain. J’avais l’impression que ça annulerait nos réussites du samedi. N’empêche que je trouvais ça grisant comme événement! Enfin, enfin j’avais l’impression de revivre mes années de compétition en patin, en gym, en volleyball. La course, ça ne compte pas, parce que je n’ai jamais réussi à performer. Mais en agilité, je sentais qu’Oslo et moi avions un certain talent. J’aime tant cette sensation! Oslo lui, a passé la soirée à dormir et à jouer un peu. Il avait l’air bien.

Le lendemain matin, je suis arrivée en retard! En plein pendant la marche générale des parcours. J’ai quand même eu le temps d’aller faire le repérage nécessaire. Ouf! L’enjeu était encore plus difficile que la veille. J’avais presque la larme à l’œil. Heureusement, j’ai rencontré Julie et Marie de chez Guides canins, qui voyant mon stress, m’ont dit d’arrêter de m’en faire pour l’enjeu. Que c’était normal que je ne puisse pas les réussir encore, puisqu’Oslo et moi n’avions pas atteint ce niveau là encore. Elles m’ont dit : « T’es vite, alors cours et fais le plus de points possibles dans la séquence d’ouverture! Fais ce que tu peux et c’est tout! » Ça m’a tellement soulagée et enlevé de la pression! J’ai décidé de modifier ma stratégie et de choisir un parcours super facile pour la séquence d’ouverture. Pis pour la séquence finale, eh bien on fera ce qu’on pourra!

Pour ceux qui ne connaissent pas les enjeux, j’explique. Pendant la séquence d’ouverture, on essaie d’accumuler le plus de points possible. On choisit son propre parcours. Il y a deux « mini-enjeux » que l’on peut faire derrière une ligne et qui donnent beaucoup de points si on les réussit. À un moment donné, il y a un coup de sifflet, et on doit entamer la séquence de fermeture (enjeu final), qui est une séquence plus longue à faire derrière un ligne aussi, le chien devant se rendre tout seul aux obstacles qu’on lui indique par la voix et des gestes. C’est fucking difficile. Disons qu’on n’est pas rendus là!

Mais je suis contente de ce qu’on a fait. On a réussi un mini-enjeu et on a presque réussi l’enjeu final! Nette amélioration par rapport à la veille et un peu moins de sniffage! On a une vidéo de ça : http://www.youtube.com/watch?v=vVjQXQzG_1k. On voit que je tente un mini-enjeu que je rate (passerelle + tunnel), mais qu’on le réussit dans l’autre sens (tunnel à distance + passerelle). Dans l’enjeu final, on a un peu de mal, mais Oslo parvient à tout faire. Cependant, il hésite trop devant le dernier obstacle et le sifflet sonne avant qu’il le franchisse. Pas si mal! L’an prochain, on va être bien meilleurs dans les enjeux!

Ensuite, il y avait un standard, beaucoup plus difficile que la veille. Plein de petits pièges et de changements de direction ardus. Malgré du sniffage sur la ligne de départ, nous avons tout réussi! Et nous avons été les seuls à le réussir dans notre catégorie! Un autre moment fort de notre fin de semaine! J’étais cependant assez déçue de la lenteur d’Oslo, surtout dans le slalom! Beaucoup plus lent que d’habitude. Mes parents ont filmé ce deuxième standard : http://www.youtube.com/watch?v=ZT5E9kWNN-8&feature=relmfu. Cela dit, nous avons fait un sans-faute alors nous pouvons en être fiers! Pour le cumul des deux standards, nous sommes arrivés premiers sur quinze chiens, ce n’est pas rien!!! En plus, nous avions désormais accumulé 354 points au cours de la fin de semaine, ce qui nous valait une qualification pour le national, avec une course à faire encore! J’étais bien fière, mais toute la pression est tombée, et je n’étais plus très concentrée pour le dernier sauteur.

Une humaine pas concentrée, ça entraîne automatiquement un chien pas concentré. Et ouf! qu’on a été poches dans la dernière course. C’est extrêmement dommage parce que ça nous a coûté beaucoup de points.

En fait, tout a été de ma faute. D’habitude, quand c’est presque notre tour d’entrer dans le ring, je m’assure d’avoir la concentration d’Oslo. Je lui fais faire toute sorte de tours et de mouvements et je le récompense abondamment pour m’assurer d’avoir son attention. Mais là, on dirait que j’ai été prise par surprise, et j’avais encore de la bouffe dans les mains quand le moment est venu d’entrer. Paniquée, j’ai donc tout foutu les 3-4 morceaux de bouffe qui me restaient dans la bouche d’Oslo (la bouffe étant formellement interdite sur le ring), et je me suis précipitée dans l’aire de départ avec Oslo, qui a recraché sa bouffe à terre pour la remanger aussitôt. C’est un miracle que nous n’ayons pas été disqualifiés drette là. J’étais complètement paniquée. Avec tout ça, la juge avait déjà autorisé le départ, et je n’avais pas encore enlevé la laisse d’Oslo. En plus, il sniffait partout, et il ne voulait rien savoir. Je l’ai placé à peu près, et je suis allée me positionner plus loin, car j’avais besoin de faire un lead out pour le début du parcours qui était assez difficile. Une fois placée, je me suis rendu compte que je n’avais pas installé Oslo pantoute à la bonne place et qu’il n’aurait aucune idée de ce qu’il devrait faire placé comme ça. J’ai pris l’épouvantable décision de donner mon « go » quand même, et Oslo ne sachant pas que faire a décidé de sniffer de plus belle. Mais là vraiment beaucoup. Il a fini par sauter la première barrière, pour se remettre aussitôt à sentir le sol. On a avancé comme ça à pas de tortue pendant toute la première moitié de la course. C’était assez ridicule merci. Puis, à un moment donné, constatant probablement que j’avais repris mes esprits, Oslo a décidé de me suivre, et on a super bien fini la course. Malgré tout ce sniffage et ce niaisage, on s’en est sorti avec une seule faute de 5 points et 10 points de faute de temps. On a donc quand même eu 50 points. Mais si je n’avais pas fait toutes ces erreurs en début de parcours, on aurait facilement pu avoir 30 points de plus. Dommage! Ah là, là que j’étais déçue! C’est quand même dommage de si mal finir une compétition qui avait si bien été! Mais les erreurs, c’est ce qui nous fait apprendre! Je voulais acquérir de l’expérience durant cette compétition, eh bien c’est ce qui s’est produit. Oslo et moi formons une bien meilleure équipe maintenant, j’en suis convaincue.

Dans une compétition comme ça, ce ne sont pas tant les parcours qui représentent un défi. C’est tout le contexte. L’attente. Le stress. Les gens qui regardent. La gestion des émotions du chien. La gestion de ses propres émotions. La mémorisation de tous ces parcours. Bref, une compétition cumulative sur deux jours, c’est vraiment dur sur le système!

Oslo et moi, nous nous sommes classés 8e sur 15, et nous avons obtenu 410 points. C’est très respectable, je crois. D’autant plus que je considère tous les compétiteurs présents comme étant très forts. J’ai beaucoup d’admiration pour chacun d’entre eux.

Je pense qu’Oslo et moi, on va devenir très bons. Il n’a que deux ans et demi, et nous n’avons que trois mois de compétition dans le corps. Maintenant, je sais exactement quoi travailler. Et on va continuer de le faire en s’amusant et en riant!

7 mai 2012

Se relever?

On dit qu’il faut remonter en selle le plus vite possible quand on fait une chute à cheval. J’ose espérer que le même concept s’applique pour l’écriture d’un blogue. Dans mon dernier billet, j’avouais avec candeur – et beaucoup de naïveté – que je souhaitais devenir journaliste un jour. C’est un rêve que je caresse depuis plusieurs années, mais qui m’effraie beaucoup. La semaine dernière, j’ai décidé de tenter de premiers pas. Et je suis tombée. Pas juste du haut de mes cinq pieds neuf pouces. J’ai déboulé les escaliers jusqu’au dernier sous-sol.

C’est un commentaire laissé sur mon dernier billet qui m’a fait de la peine. Cette personne est intelligente parce qu’elle a réussi à frapper très exactement sur tous mes points les plus sensibles. Elle m’a fait vraiment mal. Chapeau.

Je me demandais justement comment les chroniqueurs comme Yves Boisvert, Vincent Marissal et Nathalie Petrowski font pour composer avec les commentaires parfois méprisants, voire insultants, que certains lecteurs laissent sur leur blogue. J’ai très souvent envie de me porter à leur défense. Ce doit être difficile de vivre avec d’acerbes critiques, d’autant plus lorsqu’elles se renouvellent jour après jour. Et pourtant, ces chroniqueurs poursuivent leur travail sans jamais se décourager. Ils deviennent même meilleurs au fil du temps.

Ça veut dire qu’on n’est pas obligé de se laisser écraser. Je ne sais pas ce que je ferai, car je suis encore abattue. J’ai éclaté en sanglots devant la serveuse du Subway, il faut le faire!

Je n’ai pas le profil type du journaliste : le type fonceur qui n’a peur de rien. Moi je suis hésitante et j’ai peur de presque tout.

Il est si facile de me faire taire.

26 avril 2012

Journaliste?

Au risque d'effrayer mes parents, j'annonce que je tenterai ma chance comme journaliste au cours des prochains mois (je n'abandonne pas la traduction - n'ayez crainte!). J'avais déjà flirté avec la profession en 2008, mais constatant les piètres conditions de travail qui y étaient associées, je m'en étais rapidement détournée. Mon rêve de devenir journaliste ne s'est toutefois jamais éteint. Je ressens le besoin irrépressible d'interviewer des gens, de faire des recherches, d'analyser des données et d'écrire!

Tantôt, je suis tombée sur ce petit texte teinté d'humour et d'autodérision que j'avais rédigé lors de ma première expérience comme recherchiste. J'ai décidé de le publier pour vous faire rire un peu et lancer officiellement ma nouvelle grande quête professionnelle!


Vente de garage à l'aréna de Beaconsfield

Sept heures trente, un samedi matin, mon réveil sonne et je me lève aussitôt alors que mon chum avait parié que la paresseuse que je suis serait encore couchée à 11 h.  C'est peut-être le signe que ma toute nouvelle passion pour le journalisme ne sera peut-être pas qu'un feu de paille après tout. Qu'est-ce qui a réussi à me tirer du lit de si bon matin par une journée de congé? Croyez-le ou non, je voulais être parmi les premiers arrivés à la vente de garage de Beaconsfield, moi qui n'ai jamais même jeté un coup d'œil aux étals de produits hétéroclites qui meublent nos étés québécois. Vous vous doutez bien que ce n'est pas l'événement comme tel qui m'intéressait, mais plutôt les mordus des ventes de garage que je pourrais y trouver. Et c'est tôt le matin, semble-t-il qu'on peut trouver les plus juteux!

Isabelle Laporte, journaliste pigiste pour La Presse m'a confié le mandat de trouver des gens prêts à témoigner pour un reportage sur les ventes-débarras qui paraîtra dans le cahier À vos affaires de La Presse au cours du mois de mai. Je suis devenue sa recherchiste attitrée, un peu par hasard, sans vraiment trop, trop comprendre dans quoi je m'embarquais.

Ceux qui me connaissent savent que je suis une personne réservée et hyper sensible. Faire un coup de téléphone me donne des sueurs froides et parler à des gens que je ne connais pas m'épuise. Le métier de journaliste, ou même de recherchiste, ne me convient donc pas du tout en apparence. Mais je me mets toujours dans des situations impossibles. Un exemple? Ma peur bleue des piqûres ne m'a pas empêchée de me jeter dans la gueule… d'un acuponcteur, dans l'espoir qu'il puisse mettre fin à mes allergies. Ce fut catastrophique, vous l'imaginez bien. Après deux aiguilles (entre les orteils, c'est sadique quand même, non?) j'avais déjà fait deux grosses chutes de tension, et l'acuponcteur, découragé, m'a dit que ça ne servait à rien d'aller plus loin. J'ai su par après que c'était la première fois qu'il voyait quelqu'un réagir si mal. Pas surprenant! Quels autres phobiques des piqûres seraient assez fous pour aller se faire enfoncer 50 aiguilles dans le corps de leur plein gré? Il n'y a que moi pour me mettre dans des situations pareilles!

Donc voilà que je m'improvise recherchiste malgré ma quasi phobie sociale! Et c'est littéralement en tremblant que je suis entrée dans l'aréna de Beaconsfield dans l'espoir de vaincre ma peur et d'être capable d'aborder quelques personnes. Je savais que je m'en voudrais beaucoup si je sortais de là bredouille. J'ai donc commencé à observer les gens pour pouvoir repérer les acheteurs les plus aguerris. Au moment où je me disais que je n'y arriverais probablement pas, j'ai entendu une dame affirmer avec conviction qu'elle avait l'œil vif pour repérer les bonnes affaires. Elle avait apparemment commencé son matin de magasinage en lion compte tenu des nombreux sacs qu'elle arborait déjà. J'ai commencé à rôder autour d'elle en faisant semblant de feuilleter des livres sur la méditation transcendantale. J'espérais pouvoir l'attraper dès qu'elle finirait de payer pour les deux miroirs agrémentés de rotin sur lesquels elle avait jeté son dévolu. Je me sentais comme une espèce d'espionne absolument pas subtile, et j'étais convaincue qu'elle se demandait déjà pourquoi je la traquais comme ça. Heureusement, j'ai réussi à l'aborder sans trop de problème en lui disant qu'elle avait l'air d'avoir le tour pour repérer les aubaines. Quand je lui ai annoncé que j'étais recherchiste pigiste pour La Presse, je l'ai vue s'illuminer, et c'est avec empressement qu'elle ma remis sa carte d'affaires. Spécialiste en mise en marché de profession, elle est abonnée aux ventes de garage. « Les gens ne sont pas conscients de la valeur de certains objets », m'a-t-elle dit. « Des trucs pour acheter, je suis prête à en donner, mais je serai toujours la première à trouver les meilleurs articles. »

Voilà, la glace était brisée. J'ai ensuite parlé à quelques autres personnes sans trop de difficulté. J'ai même mis la main sur une superbe petite étagère à DVD, de la taille parfaite, pour seulement 10 $!

Ma première expérience comme recherchiste s'est révélée assez réussie finalement. Mais c'est loin d'être sûr que je survivrai aux prochains projets. Chose certaine, je suis beaucoup plus à l'aise comme traductrice, une profession que j'adore et que je ne compte pas abandonner de sitôt. N'empêche que la mouche du journalisme m'a piquée. Seul l'avenir me dira si je pourrai en guérir.

Et j’ajoute aujourd’hui que, non, je n’en suis pas guérie. Je serai journaliste. Rien n’est plus sûr!