16 mai 2011

10 km de Châteauguay

S’il y a une chose que je retiens de ma course à Châteauguay, c’est que j’ai enfin retrouvé le goût de courir. Pour la première fois depuis le marathon de Montréal en septembre dernier, j’avais vraiment envie de me pousser à fond.

On ne peut pas dire que la température était agréable. Il pleuvait et il ventait pas mal, et j’avais vraiment froid. J’ai pris soin de bien calculer mon temps d’échauffement afin d’être prête environ une minute ou deux avant la course de manière à ne pas avoir le temps de me refroidir avant le départ. Malheureusement, le départ a été retardé de 15 minutes, alors il a fallu que je continue de courir pendant tout ce temps. Ça ne faisait pas tellement mon affaire, car mon endurance n’est pas très grande et il ne faut pas que je coure trop longtemps avant un 10 km.

Cela dit, j’étais prête à laisser mes trippes sur l’asphalte et je me suis bien visualisée comme une dynamique bombe sur deux pattes. Je me suis positionnée ridiculement trop en avant dans le peloton et je suis partie à la même vitesse que ceux autour de moi : vraiment vite. Je n’avais pas ma montre, alors rien ne pouvait m’arrêter (d’habitude, ma montre me sert de lobe frontal pendant mes courses – elle est la maîtresse de mon jugement et me force à ralentir en cas de départ trop rapide). Sans montre, ma formidable tendance à la pensée magique pouvait lâcher son fou! Au 1er kilomètre, j’ai entendu qu’on était à 4 minutes 30. C’était près d’une minute trop vite. Cela aurait dû me ralentir. Mais non. « Pourquoi ne pas essayer de maintenir ce rythme jusqu’à la fin? », me suis-je suggéré avec enthousiasme. Pourquoi? J’ai eu la réponse après trois kilomètres : parce que ça fait qu’au lieu d'en arracher pendant les deux derniers kilomètres, on en arrache pendant sept en soufflant aussi bruyamment qu’un vieux fumeur emphysémateux en phase terminale. Regards très inquiets des bénévoles en prime. En tout cas, j’ai trouvé que les nombreux coureurs qui m’ont dépassée n’avaient vraiment pas l’air de forcer assez comparativement à moi. La plupart avaient carrément l’air de faire une balade du dimanche. Ils n’avaient même pas l’air essoufflés du tout. J’ose espérer qu’ils avaient vraiment mal aux jambes ou quelque chose.
Avec un tel départ, il va sans dire que ce 10 km m’a paru interminable, d’autant plus que j’ai halluciné une borne de 5 km à la place de celle de 4 km. Quand j’ai « revu » la borne de 5 km, plusieurs hypothèses me sont venues en tête :

1- Ils se sont trompé et ont mis la borne de 5 km deux fois!
2- Je me suis trompée de chemin!! (Ça n’aurait vraiment pas été la première fois.)

3- C’est sûr que ça fait plus que 5 km; je souffre bien trop pour qu’il reste encore la moitié du chemin à parcourir!!!
J'ai bien entendu balayé du revers de la main l’hypothèse la plus plausible : mon cerveau vaut pas de la schnoutte quand je cours; les chiffres se mélangent toute dans ma tête. Ça s’pourrait-tu qu’il était écrit 4 km sur la dernière borne?

Tout ça pour dire que j’ai couru les 5 derniers kilomètres à une vitesse dangereusement décroissante. Je me faisais dépasser par des gazelles du calibre de Shalane Flanagan et de Kara Goucher, je vous jure! Je ne sais pas pourquoi elles ont attendu à la fin pour accélérer comme ça. Ou était-ce moi qui faisait du sur-place? Je vous laisse deviner.
Ça allait tellement mal que je craignais de faire mon pire temps à vie et même de dépasser les 60 minutes. J’ai donc été très soulagée de voir le chrono au loin affichier 55 minutes et des poussières. Ça m’a donné l’énergie de sprinter sur une centaine de mètres, et j’avais étonnamment beaucoup de jus dans les jambes. Comme d’habitude, c’est le souffle qui manquait.
Mon chrono officiel est de 55 minutes 42. Ce n’est vraiment pas si catastrophique que ça compte tenu du fait que j’ai quand même mal géré ma course et que j’ai été blessée une bonne partie de l’hiver et du printemps. Mon meilleur temps au 10 km est de 54 minutes 40. C'était il y a deux ans. Est-ce que j'aurais pris un coup de vieux? On sont-ce mes 10 livres de trop qui me ralentissent autant?

On verra bien. Je vais continuer de m'entraîner. Je compte bien participer à plusieurs autres courses de 10 km cette année!

6 commentaires:

Véronique a dit…

Haha, tellement comme moi avec mes départs trop rapides "Ahhhh, je me sens en pleine forme, et si j'essayais de garder ce rythme tout le long. C'est ma journée!" Et ouf, je casse après hehe.

C'est à cause de ton départ trop rapide que tu n'as pas fait un PB. C'est clair que ça "taxe". Oublie le coup de vieux ou les "livres en trop"!!

Sais-tu quel sera ton prochain 10? J'ai hâte d'en faire aussi!!!

Claire a dit…

J'ai vraiment bien rigolé en te lisant!!! L'esprit de ce billet, malgré la douleur de ta course, démontre bien ton enthousiasme!!! En tout cas, pour une course mal gérée, je trouve que tu as performé en grand; et tenir 7 km après un départ vraiment trop rapide, ça prouve que ta condition physique est vraiment bonne!!!! Je n'ai donc aucun doute que tes prochaines courses vont agréablement te surprendre!!! On se voit bientôt!!! xx

Sylvie a dit…

J'ai éclaté de rire avec ton histoire d’hallucination. Tu as un don pour raconter comme si nous étions dans ta tête!
Je te souhaite un PB à ton prochain 10 km (et j'espère pouvoir le courir avec toi ... on a le même calbre sur cette distance !!)

Geneviève a dit…

Contente de vous avoir faire rire. Véronique, je crois que mon prochain 10 sera celui du Défi Triolac. Le problème, c'est que ça tombe seulement une semaine avant le triathlon de Tremblant. Je compte aussi faire le 5 km Dix/30 en fin de semaine.
Sylvie, c'est vrai qu'on est exactement du même calibre au 10 km! On fait une course ensemble quand tu veux!

Trigirl 2007 - Québec a dit…

Je n'avais pas encore pris le temps de te lire! C'est une pièce d'anthologie!!! D'ailleurs me vient l'idée d'un livre. On y mettrait nos textes de nos premières courses, nos courses drôles, nos courses "ratées"... J'ai adoré cette phrase (d'habitude, ma montre me sert de lobe frontal pendant mes courses – elle est la maîtresse de mon jugement et me force à ralentir en cas de départ trop rapide): vraiment trop tordant! :-)

Geneviève a dit…

Génial, l'idée de livre Véronique! Je t'envoie un message sur Facebook à l'instant.