7 septembre 2011

Affûtage

Il y a trois mois, je décidais de me relancer de nouveau dans l’aventure du marathon. C’est en lisant le compte rendu du marathon d’Ottawa de Véronique que j’ai soudainement retrouvé l’envie de courir de longues distances et de suivre un programme. Comme je voulais faire un bon marathon cette fois-ci (et non revivre la catastrophe du premier), j’ai fait appel à Jean-Pierre comme coach. Ce fut une des belles décisions de ma vie. Il m’a vraiment aidée à devenir plus forte, non seulement physiquement, mais aussi (et je dirais même surtout) mentalement. Il m’a amenée à me dépasser énormément. J’ai fait de nombreux entraînements que je croyais impossibles. J’ai travaillé très, très dur et je suis fière de moi. Merci beaucoup, Jean-Pierre.

Ces trois mois ont passé extrêmement rapidement et me voilà déjà au début de ma période d’affûtage. Mon meilleur entraînement, je l’ai fait le 28 août. J’ai couru 31 km, dont les 14 derniers à ma vitesse de demi-marathon. Et ça s’est passé à merveille. J’étais forte et confiante. Une semaine plus tard, soit dimanche dernier, je devais faire 33 km, dont les 21 derniers à ma vitesse de marathon, et ça n’a pas bien été du tout. J’étais épuisée dès le premier kilomètre au point où j’ai songé à laisser tomber l’entraînement ce jour-là et à le reprendre un autre jour. J'allais anormalement mal. Finalement, j’ai décidé de courir le plus longtemps possible quand même. Mais je me sentais de plus en plus bizarre. J’arrivais difficilement à maintenir ma vitesse d’endurance fondamentale, alors quand j’ai essayé d’accélérer pour atteindre mon pace marathon après le 12e km, j’ai rapidement épuisé le peu d’énergie qu’il me restait. Chaque pas était un supplice. Je n’avais pas plus mal que d’habitude, mais j’étais inhabituellement essoufflée, et je n’avais plus rien en dedans de moi. Ce n’était pas comme quand je fais des intervalles longs et difficiles et que j’ai du mal à continuer. Je suis capable de souffrir très longtemps en situation d’entraînement difficile. Là, je n’avais juste pas de ressources. J’avais des frissons même s’il faisait très chaud. Je me sentais malade carrément. J’ai continué de maintenir ma vitesse marathon malgré tout jusqu’au 25e kilomètre, puis mon corps a réagi violemment en expulsant tout ce que j’avais dans l’estomac. Déjà que j’avais de la misère à maintenir mon hydratation, c’était évident que c’en était fait du reste de mon entraînement à ce moment-là. D’essayer de courir après avoir vomi autant, ce n’était absolument pas raisonnable en contexte d’entraînement. J’ai donc arrêté ma montre, la mort dans l’âme, et j’ai fait demi-tour. J’étais à 8 km de l’auto. J’ai donc marché pendant environ 90 minutes. Mine de rien, ces 90 minutes de marche ont été extrêmement pénibles, mais je ne pouvais juste plus courir. Ce n’était pas une bonne journée pour un entraînement.

J’ai ruminé ce mauvais entraînement pendant 2 journées et demie. J’avais perdu tout espoir d’atteindre mes objectifs lors de mon marathon. Tous les excellents entraînements que j’ai enchaînés les uns après les autres au cours des trois derniers mois ne comptaient plus dans ma tête. Je me sentais comme la pire coureuse de l’univers. Comme une lâcheuse dépourvue de toute force mentale. J’avais très honte.

Heureusement, j’ai repris lentement le dessus et j’ai retrouvé ma motivation. En échangeant avec Jean-Pierre, on a convenu de ne pas reprendre cet entraînement et de commencer tout de suite la période d’affûtage. Je crois que c’est une excellente décision. Ce mauvais entraînement m’a insufflé la rage de me racheter et de courir un marathon du tonnerre. Si j’avais de nouveau essayé de courir un 33 km, je n’aurais pas pu le faire lentement et modérément. Mon besoin de prendre ma revanche et de me prouver que je suis une vraie coureuse et une vraie marathonienne aurait été trop fort. J’y aurais probablement laissé ma course. En commençant mon affûtage tout de suite, je refais le plein d’énergie physique, mais surtout le plein d’énergie mentale. Je fais de la visualisation presque constamment. Je me vois faire un excellent marathon et affronter n’importe quel obstacle avec calme détermination. Je me vois courir à la pluie ou sous le gros soleil. Je suis prête à tout. Je suis déterminée. Je suis une bombe qui ne demande qu’à exploser.
Je vais aller à l’extrême limite de mes capacités et je serai fière de mon marathon. Fière de moi.

6 commentaires:

Mathieu a dit…

Salut Geneviève,

Vraiment, ce n'est rien rater un entraînement! D'autant plus qu'il faisait très chaud dimanche dernier, donc loin d'être des conditions idéales pour se surpasser. Ça m'arrive souvent de rater mes entraînements quand il fait trop chaud ou trop froid, tu n'es pas la seule!

Tu as très bien fait d'écouter ton corps et d'arrêter ton entraînement. En commençant ton affûtage maintenant, tu vas pleinement récupérer d'ici au marathon et tu vas pouvoir donner le meilleur de toi-même. Puisque ton entraînement de 31 km a super bien été, tu es prête. Bonne chance!

Anonyme a dit…

Un message bien encourageant que celui de Mathieu!

Anonyme a dit…

Une dizaine de jours et tu vas être full fière de croiser la ligne d'arrivée. Bonne fin de préparation et repose-toi bien.

La joggeuse débutante a dit…

Sage décision ! Bonne période d'affûtage et j'ai déjà hâte de lire ton récit marathon !

Claire a dit…

Je te comprend, on se juge si facilement après un entraînement qui se passe mal, ou du moins, pas aussi bien qu'on le voudrait. Tu as bien fait de t'arrêter en chemin (et aussi de ne pas reprendre cet entraînement)dans ces conditions, faut savoir regarder ce qui sera le plus payant!! Moi aussi mon dernier 33 ne s'est pas passé comme je l'avais prévu, je l'ai fait au complet, mais j'en ai porté la fatigue durant 4 jours!!! L'entraînement derrière toi est toujours là, et il sera certainement au rendez-vous le 25!!!! Bravo Geneviève!!!

Valérie a dit…

Je découvre ton blog, et j'aime beaucoup ! Quelle esprit positif et quelle détermination tu as pour ton marathon ! C'est super, c'est si important. Une séance ratée, ça arrive en effet, et tu as très bien fait de baster. Courir quand on est si mal ne peut qu'être néfaste. Ta période d'affûtage va te remettre sur pied, tu vas piaffer d'impatience le jour J. Bonne fin de prépa, et surtout, continue à positiver ainsi :-)