23 mars 2011

C'est pas pour rien que je trippe sur les grandes fenêtres

Dans mon dernier billet, je faisais vraiment pitié. Mais depuis le changement d'heure, ma grosse déprime a cédé la place à la bonne humeur et à l'enthousiasme. L'anxiété ne s'est pas complètement envolée, mais je la gère tellement mieux! Rien à voir avec ce que c'était il y a à peine 10 jours.

Ça doit bien faire 20 ans que je suis deviens déprimée en octobre et que je revis en avril. Pourtant, c'est seulement hier que j'ai mis le doigt sur le problème. Je ne suis pas maniaco-dépressive, ni dépressive, ni borderline, ni schizophrène, ni exagérément anxieuse. Je souffre simplement du trouble affectif saisonnier. Je ne peux pas croire que je n'ai pas vu ça avant. L'été, je n'ai jamais été déprimée. Juste l'hiver. Juste quand il n'y a plus de lumière.

C'est pour ça que j'aime tant les grandes fenêtres et que je déteste les rideaux. S'il ne s'agissait que de moi, je ne mettrais jamais de rideaux aux fenêtres, pas même à ceux de ma chambre. J'aime que le soleil vienne me réveiller avec une certaine insistance le matin.

Je vais m'acheter une lampe de luminothérapie et ça devrait régler mon problème.

Si vous êtes curieux, voici les symptômes du trouble affectif saisionnier :
- Fatigue intense
- Besoin accru de sommeil
- Difficulté à se lever le matin
- Augmentation de l'appétit
- Envies irrésistibles d'aliments sucrés et de féculents
- Baisse de la libido
- Perte d'intérêt pour les activités habituelles
- Désir de s'isoler

J'avais perdu le goût de courir, mais là ça revient tranquillement. Le seul problème, c'est que je suis blessée à la cheville alors je ne peux pas courir beaucoup ni vite. Mais je ne suis pas pressée. En attendant, je fais de belles marches printanières avec Oslo.

19 février 2011

Il y a toutes sortes de victoires

Ces temps-ci, ce n’est pas facile pour moi. Je souffre d’un trouble anxieux généralisé de longue date, mais depuis quelques mois, ça va moins bien. En d’autres mots, je ne tolère aucun stress. Quand la pression monte un peu, je me mets à être très mélancolique, à avoir des phobies et à avoir des images d’horreur dans ma tête, qui me terrorisent. C’est très épuisant de vivre avec une constante sensation de stress très élevé. Je vois une psychologue depuis une semaine, et on va essayer de travailler certaines choses. Ma grande découverte de la semaine, c’est que ce n’est pas tout le monde qui vit avec un stress aussi intense tout le temps. Je pensais que c’était ça la vie.

Dans l’état où je suis, ma motivation est très basse pour toutes mes activités. Les études et l’entraînement surtout représentent un fardeau énorme actuellement. Et depuis environ 1 mois et demi, Oslo se gratte énormément le museau, au point où il y a maintenant plusieurs petites zones sans poil dans sa face. C’est probablement une réaction allergique, mais pour le moment, on ne sait pas à quoi. J’ai vu une dermatologue/allergologue au Centre DMV, et elle a d’abord recommandé un régime alimentaire d’exclusion (il s’agit de donner une seule sorte de bouffe à Oslo contenant des ingrédients avec lesquels Oslo n’a jamais été en contact – et ce pendant 2 mois). À ce jour, ce n’est pas concluant. Oslo se gratte toujours (au point où je lui fais maintenant porter un cône en tout temps), et en plus, il fait de la diarrhée. Je dois donc lui donner une bouffe plus facile à digérer le temps que le tube digestif se rétablisse, puis recommencer une diète d’exclusion. C’est un méga chiar tout ça. Et je me demande si on trouvera un jour à quoi il est allergique.

Tout ça pour parler de ma petite victoire à moi d’aujourd’hui. Dans les circonstances actuelles, il n’y a rien qui me tentait moins hier soir que de me lever aux petites heures du matin le lendemain pour aller courir 21 km sur la glace, dans le froid, au Parc Jean-Drapeau, où c’est généralement assez venteux merci. J’ai quand même préparé mon stock hier soir en me disant que j’aurais toujours le choix de ne pas me lever le lendemain.

À 4 h du matin, je me suis réveillée parce que j’ai entendu Oslo vomir. Je me suis levée pour aller voir comment il allait, et j’ai décidé de ne pas me recoucher. Je suis allée avec lui dans la cour, et il a fait une grosse diarrhée très liquide. Vraiment ça commençait mal la journée et je n’avais pas envie de le laisser à la maison et d’aller courir. C’était l’une des nombreuses situations où mon stress grimpe très haut. J’étais proche de l’état de panique et je croyais bien qu’Oslo allait mourir bientôt, comme c’est arrivé à mon chat Pacha il y a 5 ans. Mais c’est justement ce désespoir et ce stress intense qui m’a décidée à aller courir quand même. La course, c’est mon antidépresseur à moi.

Même rendue là-bas, je n’étais pas sûre encore de vouloir courir. Comme le parcours consistait en 3 boucles de 7 km, je me suis laissé la possibilité d’arrêter après 7 ou 14 km. Je me suis aussi donné 2 h 30 pour courir. Et j’ai pas amené ma montre. Pas question de me mettre de la pression. En plus, je me suis placée la dernière de toute sur la ligne de départ. Je n’avais pas envie de me faire dépasser tout le long.

La première boucle, je l’ai courue vraiment très lentement. C’était mon échauffement et ma façon d’apprécier ma course le plus possible. Personnellement, je ne suis pas pantoute une fan de la souffrance, alors je l’évite autant que faire se peut. À la deuxième boucle, je me sentais bien échauffée, et je n’avais mal nulle part, alors j’ai accéléré un peu. Je dépassais beaucoup de monde. Au kilomètre 9, environ, il y a un bénévole qui m’a dit : « C’est bien. Suit ton propre rythme. On fait une belle course. » Et c’est fou combien ça m’a encouragée. On dirait qu’il disait que quelque soit mon temps, je pouvais faire une belle course, ma belle course à moi. Ça m’a donné un bel élan. Au 14e kilomètre, je me complètement tordu la cheville droite dans un trou d’eau. La douleur a été lancinante pendant 1 minute ou 2, et après elle est partie. C’est l’avantage d’avoir eu autant d’entorses; il ne reste plus de ligaments à blesser véritablement. À la troisième boucle, il me restait pas mal d’énergie, alors j’ai vraiment accéléré. Là, j’ai vraiment dépassé pas mal de monde. J’ai maintenu un bon rythme jusqu’au 19e kilomètre, après quoi, j’ai ressenti une douleur aigue dans la hanche droite, et j’ai trottiné lentement jusqu’à la fin.

Mon temps est de 2 h 17, et je suis contente. Première grosse victoire : être allée à mon demi-marathon. Deuxième grosse victoire : l’avoir terminé. Troisième grosse victoire : avoir autant de volume dans les pattes si tôt en saison. Quatrième grosse victoire : c’est seulement la 2e fois en 5 demi-marathons que je ne vomis pas après la course, et c’est la première fois que je me sens top shape après un demi-marathon. Pas vraiment fatiguée.

Mes splits :
1re boucle : 49:32 (47:42)
2e boucle : 46:16
3e boucle : 44:13

Donc, une belle accélération tout au long de la course. J’aime mieux ne pas regarder les points négatifs de ma course pour cette fois-ci.

31 janvier 2011

Trois saisons

Hier, j'ai annulé mon inscription au marathon de New York. C'est que cette année, ma saison de course se terminera en mai, et ma saison de triathlon en août, après quoi j'entamerai une troisième saison très différente des deux autres.

Ce weekend, j'ai enfin senti que mon endurance revenait. J'ai couru 13 km samedi, très lentement, puis 8 km hier à un bon rythme. Vingt-et-un kilomètres en deux jours, ça fait longtemps que je n'avais pas fait ça. Et mon corps a bien réagi. Je me sens en forme. Ça fait du bien. Peut-être que le fait d'avoir arrêté de manger du McDo à tous les deux jours y est pour quelque chose... Je me nourris bien depuis trois semaines, sans faire d'effort. Les noix et le yogourt Méditerranée m'empêchent d'avoir des fringales et je n'ai plus d'immenses rages de gras comme auparavant.

Bientôt, c'est le demi-marathon hypothermique et je suis convaincue que je serai prête. Par "prête", on s'entend, que ça veut dire que je vais parcourir la distance au complet sans blessure à un rythme constant. C'est une course d'hiver quand même. L'hiver mes articulations sont fragiles. Je considère cette course comme un bon entraînement de qualité.

Ensuite, il y a comme un crescendo de courses tripantes. D'abord, ce sera la course de Lasalle. Cette année je fais le 10 km, et je vise rien de moins qu'un PB. Je crois que mon meilleur temps sur cette distance est de 54 minutes 50. Le 10 km est ma distance malchanceuse. À mon premier 10 km je m'étais perdue. Même chose à mon dernier, en novembre dernier. À Lasalle, j'ai bon espoir que ça n'arrivera pas. Parcours plat et facile! En avril, il y aura le demi-marathon Scotia sur le parc Jean-Drapeau. Là il faudra vraiment que je prenne ma revanche sur l'an dernier. J'avais couru les derniers 14 km de la course blessée et j'étais vraiment misérable à l'arrivée. J'envisageais sérieusement d'abandonner mon sport après cette course. Cette année, ce sera sans nul doute beaucoup mieux. J'aurai beaucoup plus de volume d'entraînement dans le corps. L'an dernier, ma plus longue sortie avant cette course avait été de... 12 km. Il faut dire que je venais d'avoir Oslo et que j'en avais plein les bras.

Enfin, le point culminant de la saison de course sera le marathon d'Ottawa. Là aussi j'ai une méchante revanche à prendre, parce que, bien franchement, je ne suis pas contente de mon premier marathon. L'expérience était vraiment merveilleuse, mais la performance n'y était pas du tout. Je sais que mon volume d'entraînement n'avait pas été suffisant. Cette fois-ci, je serai bien encadrée par mon coach JP et ça va aller beaucoup mieux, j'en suis certaine. Je me sens très confiante.

Ensuite, je passerai entièrement en mode triathlon. Je vais m'entraîner beaucoup plus en vélo. Je compte faire environ deux triathlons cet été pour me préparer au demi-Ironman Timberman qui a lieu en août. Je devrais être prête parce que j'aurai déjà une bonne base d'endurance en course. J'ai hâte à cette expérience, mais je suis encore ambivalente face au vélo. Quand je suis sur mon vélo, je me sens killer, mais quand je pense à tout ça le soir, ça m'angoisse. Me semble que le risque d'accident est élevé quand on fait du vélo. Il y constamment des automobilistes cons qui nous frôlent. C'est dangereux. J'aimerais ça pourvoir faire juste les compétitions de triathlons sans devoir m'entraîner en vélo, mais ce n'est pas une formule winner quand on veut faire un demi-Ironman.

Ma troisième saison commencera tout de suite après mon demi-Ironman. Vous l'aurez sûrement deviné, cette troisième saison sera consacrée aux sports canins! L'automne est la saison idéale pour le canicross. Je vais continuer de travailler l'endurance d'Oslo d'ici là, mais à partir de septembre, je vais vraiment l'entraîner davantage pour qu'il puisse compétitionner en canicross. J'ai aussi décidé de le faire compétitionner en agilité au Salon des animaux de compagnie qui aura lieu au stade olympique en novembre prochain. Il aura alors deux ans, et je crois qu'il sera prêt à ce moment là. Oslo a presque 15 mois, et je ne crois pas qu'il sera prêt pour la fin mai, comme je le croyais au départ. L'âge minimum pour compétitionner est 18 mois, mais Oslo sera encore trop bébé. De plus, on l'a mesuré la semaine dernière, et il devra sauter à la barre la plus haute. C'est haut en titi alors je préfère attendre le plus possible avant de l'entraîner vraiment à cette hauteur là.

Je les aime mes trois saisons. Toutes mes compétitions me motivent. Et je suis contente d'avoir trouvé une solution pour pouvoir consacrer plus de temps à l'entraînement d'Oslo.

2 janvier 2011

Une première très marquante

2010 fut l’année des premières : premier marathon, premier triathlon, et surtout, premier chien!

Le 8 février 2010, ça faisait 6 mois que j’écoutais des émissions de chiens et que je consultais intensivement les sites Web des refuges (comme Animatch, le Repaire de Sasha et Rosie Animal adoption) et de divers éleveurs. Mon amoureux et moi avons même été au Salon des animaux de compagnie où nous sommes tombés sous le charme des Border Collie, une race qui, selon nos recherches, s’est cependant révélée un peu trop active pour nous. Après plusieurs discussions, nous avons finalement décidé de réserver un chiot berger allemand blanc auprès d’un élevage de Québec. Nous avons même versé un dépôt. Mais le 8 février 2010, quand j’ai vu la photo et la description du dénommé Ceasar sur le site d’Animatch, j’ai su que c’était lui mon chien. Il n’y avait pas d’hésitation possible. Je lui trouvais des yeux intelligents et l’allure d’un athlète. J’ai envoyé le lien du site à Stéphane. Il était d’accord lui aussi. Il m’a dit : « Go! »

Une ancienne collègue m’avait déjà dit connaître des bénévoles à l’interne chez Animatch et pouvoir me servir de référence si je trouvais un chien à mon goût. Je lui ai donc envoyé le message suivant :
« C’est toute une coïncidence, mais le chien de nos rêves est apparu sur le site d’Animatch ce soir (lundi). Il s’appelle Ceasar. Penses-tu que tu pourrais parler à ton amie bénévole pour voir s’il y aurait moyen d’accélérer le processus d’adoption? Je suis toute énervée. C’est lui notre chien, j’en suis certaine! »

L'une des photos de Ceasar (aujourd'hui Oslo) qui se trouvait sur le site d'Animatch. Il avait 3 mois.
 
 
Comme les chiots ne sont généralement confiés qu’à des familles expérimentées en matière d'éducation canine, l’aide de ma collègue était essentielle. J’ai eu beaucoup de chance! Un formulaire et deux entrevues téléphoniques plus tard, ça y était! On m’autorisait à rencontrer le chiot, qui était en foyer d’accueil dans une famille. Le rendez-vous fut fixé au vendredi suivant. J’étais très nerveuse de rencontrer Ceasar, car je ne connaissais rien aux chiens. J’avais toujours été de type chat moi. Et si ça ne se passait pas bien? Et s’il ne m’aimait pas? Et si je n’arrivais pas à entrer en contact avec lui?


Avant notre départ pour aller rencontrer Ceasar, j’ai préparé la cage dans le salon au cas. Comme Ceasar devait être stérilisé la semaine suivante, il n’était pas prévu que nous puissions le ramener chez nous ce vendredi-là. Mais mon instinct me disait qu’il valait mieux me préparer.

La maison où était hébergé Ceasar était non loin de chez nous, à Kirkland. Dès notre entrée dans la maison, nous avons été accueillis par au moins trois grands chiens excités, parmi lesquels louvoyait calmement notre petit chien tout noir. Comme il était encore petit! Surtout à côté des autres. Nous nous sommes assis au salon et avons commencé à discuter avec les propriétaires de la maison (et leur petite fille de trois ans, qui était très loquace, et avec qui j’étais beaucoup plus à l’aise qu’avec les chiens). Ceasar était là aussi, mais je n’osais pas lui toucher. Je ne savais pas trop quoi faire. Heureusement, mon amoureux était plus expérimenté avec les chiens. Il l’a pris dans ses mains, l’a tourné sur le dos, l’a manipulé un peu, l’a flatté. Ceasar se laissait faire sans montrer de signes de peur ni d’agressivité. J’étais séduite. J’ai expliqué aux personnes présentes ce que je comptais faire comme cours et activités avec notre futur chien. Je savais déjà que je voulais suivre beaucoup de cours d’obéissance et participer à des activités comme le canicross et l’agilité avec lui. Ils ont eu l’air bien content et se sont même exclamés : « Wow! This dog is going to University! » J’ai demandé s’il était possible d’amener Oslo à la maison dès ce soir-là et la réponse a été positive. J’étais très nerveuse, mais emballée. Dans l’auto, j’ai tout simplement couché Oslo sur mes genoux, et il s’est endormi là, tout chaud et tout confiant. C’est à ce moment précis, que j’ai senti battre mon cœur de mère. Un bonheur profond m’a enveloppée. Je sentais à la fois le poids de la responsabilité qui m’incombait et la légèreté du grand rêve que je commençais enfin à vivre.


Premiers instants à la maison dans les bras de mon amoureux

Nous avons trouvé un nouveau nom à notre protégé : Oslo. Il est arrivé chez nous le premier jour des Jeux olympiques de Vancouver et nous voulions lui donner le nom d’une ville olympique. Oslo est la ville où ont eu lieu les Jeux d’hiver de 1952.

Comme je m’y attendais, la première nuit a été cauchemardesque. Je ne savais pas à l’époque qu’il faut coucher les chiots à côté de notre lit les premières nuits (dans une cage) afin de les rassurer. Ce n’est pas facile pour un bébé chien d’arriver dans un tout nouvel environnement (d’autant plus qu'Oslo dormait directement sous les couvertures dans le lit des humains de sa famille d’accueil avant d’arriver chez nous…) Nous l’avons couché dans une cage dans le salon. Et il en a pleuré un coup. Je ne voulais pas aller le voir continuellement pour ne pas l’habituer à utiliser cette méthode pour obtenir de l’attention. Je l’ai laissé pleurer pendant environ 2 heures. Dans un moment d’accalmie, je suis allée le voir. L’odeur épouvantable m’a avertie à l’avance de ce qui m’attendait. Il y avait non seulement un énorme pipi au fond de la cage, mais aussi du caca PARTOUT dans le fond et sur les barreaux de la cage. On dirait qu’il y avait eu une explosion d’excréments. À moitié endormie et très découragée, je suis allée avec Oslo dehors pour m’assurer qu’il n’avait plus envie, et je suis allée le laver un peu dans le bain. Ensuite, j’ai nettoyé sa cage comme il faut (avec du vinaigre pis toute), et j'ai remis Oslo dans sa cage. Je crois qu’il a dormi deux heures avant de se mettre à pleurer de nouveau. À 6 h du matin, je l’avais déjà sorti 3 fois faire pipi. J’étais crevée. Les nuits suivantes, Oslo n’a pas fait trop souvent pipi dans sa cage, mais il se réveillait aux 2-3 heures en pleurant. Pendant le jour, j’essayais de le fatiguer le plus possible pour qu’il dorme plus longtemps la nuit. Je passais des heures et des heures chaque jour avec lui. Pendant la première semaine, j’ai dormi environ 3-4 heures par nuit. On aurait vraiment dit que j’étais une nouvelle maman. Je me sentais complètement au bout du rouleau et je me demandais bien si ma vie redeviendrait un jour normale. C’était dur!

Heureusement, une semaine plus tard, Oslo a été stérilisé, et nous avons reçu l’ordre de le garder dans notre chambre pour la première nuit post-op afin de pouvoir exercer une surveillance étroite de son état. Et bien, surprise! Notre petit monsieur a dormi 9 heures d’affilées sans pleurer une seconde. Il va sans dire que sa cage n'est plus jamais sortie de notre chambre. En fait, nous aurions sûrement pu remettre sa cage dans le salon sans problème après un certain temps, mais j’aime ça l’avoir avec nous. Maintenant qu’il est grand, je le laisse faire la sieste sur le lit pendant que je lis, et, au moment du dodo, je lui dis d’aller dans sa cage, à côté de notre lit, et il y va avec empressement.

Aujourd’hui, Oslo a 13 mois, et il est la prunelle de mes yeux. Je l’aime ce chien. Nous faisons une tonne d’activités ensemble. Il a fait de nombreux cours d’obéissance, plusieurs cours d’agilité et un cours de skijoring. Nous avons aussi commencé le canicross. Il est encore dans l’adolescence, mais il est vraiment de plus en plus sage. Le pire du pire a été entre 5 et 10 mois environ. Il avait très peu de capacité de concentration et ne cherchait qu’à faire des mauvais coups. N’empêche qu’à 8 mois, il a tout de même réussi le test du Bon voisin canin du Club canin canadien (il n’était donc pas si pire que ça…)


Oslo à l'âge de 9 mois avec sa face d'ado power qui n'écoutait rien.

Aujourd’hui, il est la plupart du temps très sage dans la maison. Il est cependant encore pas mal excité en présence d’autres chiens ou lorsque je le laisse marcher en liberté (dans les endroits où c’est permis). Je continue de travailler beaucoup de choses avec lui, parce que mon but c’est de pouvoir l’amener partout avec moi (et qu’il soit le bienvenu), et pour ça, il faut qu’il ait un comportement irréprochable.

Depuis quelques mois, Oslo est un chien très sage et gentil.


Je me souviens qu’avant d’avoir Oslo, j’écoutais les émissions de Cesar Millan, et je me désolais du fait que j’allais devoir devenir une personne autoritaire et même légèrement tyrannique, moi qui suis généralement plus à l’aise en mode collaboration. Mais je suis ensuite tombée sur les émissions Maître chez soi, et j’ai été enchantée des méthodes de Mathieu Lavallée axées exclusivement sur le renforcement positif. Ça collait avec moi, et j’ai aussitôt adhéré à ses techniques. De plus, l’école de sports canins où je vais (Guides canin) mise aussi beaucoup sur le renforcement positif. J’y ai appris qu’il ne fallait pas être le « boss » de son chien, mais plutôt un leader positif. D’ailleurs, les tandems chien-humain sont appelés des équipes durant les cours d’obéissance, d’agilité et de skijoring. C’est comme ça que je me sens avec Oslo. Nous formons une équipe. Et plus il acquiert de la maturité, plus la relation s’équilibre.


"High five" pendant une randonnée.



Photo prise avant Noël chez Heidi et Cie à Longueuil, au profit des Canisportifs


Lors de notre première course de canicross sur le Mont Royal au début de décembre 2010

Je suis très têtue, et je n’ai jamais cédé à la pression que diverses personnes (la plupart étant des gens que je connais à peine) ont exercée sur moi pour que j’utilise des méthodes plus dures. Les gens au parc à chien riaient de moi parce que je donnais beaucoup de croquettes à Oslo. Une fois, au parc à chiens, j’ai joué avec un Rottweiler qui se fait constamment crier après par son maître (et qui a même déjà mordu son maître au bras). J’ai entrepris à lui apprendre des tours, à l’aide de croquettes bien sûr. Eh bien en deux secondes, je suis parvenue à lui faire faire plein de choses que son maître n’a jamais réussi à lui faire faire (comme s’assoir sur demande et remettre la balle doucement dans ma main). Le maître du chien m’a regardé faire avec dédain et m’a dit : « Well, this dog would do anything for food. » Je trouve ça dommage cette attitude. Oui, ça commence avec de la bouffe, mais après peu de temps, le comportement devient conditionné, et la bouffe devient de moins en moins nécessaire. Je suis presque certaine qu’après une semaine avec moi, ce chien serait devenu doux comme un agneau et relativement obéissant.

Je n’aime pas qu’on rie de moi. Surtout quand j’ai raison.

Bref, je suis bien contente de l’évolution de mon beau Oslo. Depuis quelque temps, je le trouve si sage, que je m’ennuie presque d’avoir un chiot à élever.

Oslo bébé, qui avait besoin de beaucoup de supervision pour tout.

17 décembre 2010

Fin de la session

J’ai terminé aujourd’hui la première session de ma maîtrise en études internationales. J’aurais aimé pouvoir dire que c’était facile et que je suis la meilleure, mais ce n’est pas le cas. Je dois travailler beaucoup plus fort que prévu. Le droit, l’économie, l’histoire et la politique sont les quatre disciplines que je dois étudier dans le cadre de mon programme, et mon cerveau a la franche impression de se noyer depuis qu’il est plongé dans ce monde nouveau.



Chose certaine, je vois l’importance de continuer de stimuler son cerveau – toujours. Je constate déjà des dommages irréversibles du côté de la mémoire. Heureusement que je peux compenser par l’expérience que j’ai acquise au fil des ans et ma capacité d’analyse et de synthèse qui est nettement plus aiguisée que lorsque j’étais dans la vingtaine.


Un petit bilan de ma session?


Commençons par les difficultés. Premièrement, j’ai eu du mal à m’organiser et à faire entrer toutes mes activités dans mon horaire. Il y a quatre sphères d’activités qui prennent beaucoup de place dans ma vie : l’entraînement (le triathlon exige que j’y consacre au moins 5-6 heures à par semaine), le travail (j’essaie de travailler au moins 35 heures par semaine, mais ce n’a pas été toujours possible, ce qui fait que je suis bien pauvre en cette fin de session), Oslo (cours d’agilité, de canicross, d’obéissance et exercices divers pour un total d’environ 10 heures par semaine) et études (2 cours). Évidemment j’essaie de ne pas (trop) négliger mon amoureux à travers ça!


Mes examens de mi-session se sont relativement bien déroulés, mais ma mémoire est tellement loin de ce qu’elle était! Ma grande déception fut mon examen de droit. Je croyais vraiment avoir rédigé un excellent examen. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu ma note : 69 %! Grosse claque dans la face. Pour moi, une note inférieure à A constitue un échec personnel cuisant. Je suis plus à l’aise avec A+. Je ne sais pas comment réagir devant une mauvaise note. Chose certaine, cet affreux résultat m’a beaucoup attristée.


Ensuite, j’ai eu un travail de recherche à faire dans le cadre de mon cours de politique. J’ai choisi comme sujet l’opération de reconstruction nationale qui est menée depuis plus de 10 ans au Kosovo, un sujet extrêmement complexe, mine de rien… Pendant la rédaction de ce travail, je sentais constamment que je m’égarais, ou que je n’approfondissais pas assez les notions. Je nageais constamment dans le doute. Lorsque j’ai remis mon travail j’avais la pénible impression que j’aurais dû passer au moins 2 mois supplémentaires sur la question pour arriver à produire un travail vraiment complet. Ce travail sur lequel j’ai passé beaucoup de temps et dont je n’étais pas satisfaite du tout m’a beaucoup découragée. Je me suis mise à douter de mes capacités à mener à bien un projet aussi ambitieux qu’une maîtrise. Et il y a malheureusement eu une grosse chute de ma motivation. Je n’ai pratiquement fait aucune lecture dans la deuxième partie de ma session, si bien que je me suis retrouvée samedi dernier, à quelques jours de mes derniers examens, avec une charge d’étude absolument insurmontable. J’avais heureusement prévu une charge de travail en traduction très légère cette semaine pour me permettre d’étudier le plus possible (à tout le moins de faire mes lectures). Mais c’était sans compter les imprévus…


Après la pratique de ski joring de dimanche matin dernier, alors qu’Oslo courait en liberté en guise de « cool down », il s’est fait mordre par un autre chien. Ça s’est fait en un éclair. Le chien a infligé une morsure rapide à Oslo pendant qu’Oslo passait à toute vitesse à côté de lui. Je me suis aperçu de la chose seulement quelques secondes plus tard quand quelqu’un m’a signalé qu’Oslo pleurait. J’accours près de lui, et je constate sur son flanc droit une plaie d’environ 5 cm carrés qui n’était pas belle à voir du tout. Je me suis presque mise à pleurer avant de me rappeler qu’il fallait que je reste calme pour rassurer Oslo. J’ai donc pris une motte de neige et la lui ai flanquée en plein sur la plaie. Ça a soulagé Oslo presque instantanément. Nous avons ensuite amené Oslo à l’intérieur pour lui administrer les premiers soins. Heureusement, la professeure de ski joring est technicienne en médecine vétérinaire alors Oslo a reçu les meilleurs premiers soins possibles. Évidemment, une visite chez le vétérinaire s'imposait, et à mon grand désarroi, il fallait qu’Oslo aille en chirurgie.


Ti-poulet avec son bandage (rose!) qui attend d'aller en chirurgie.

La vétérinaire de garde avait l’air d’avoir 16 ans, rien pour me rassurer. Sa photo n’était même pas encore sur le site Web de la clinique. J’ai passé l’après-midi à pleurer, persuadée qu’elle allait tuer mon chien (bon j’avoue que c’était excessif comme réaction, mais Oslo est vraiment la prunelle de mes yeux). Finalement, j’ai pu aller chercher Oslo en fin d’après-midi après son opération. Il était drôle parce qu’il était stone, mais il avait l’air de bien aller. N’empêche que toute cette histoire m’a fait peur. J’ai pleuré vraiment beaucoup, même une fois Oslo revenu, et j’étais encore ébranlée le lendemain. Résultat : deux jours complets d’étude perdus. Catastrophe.


Hier c’était mon examen de politique. Par manque de temps cette semaine, j’ai dû étudier de manière stratégique. Comme il m'était impossible d’étudier toute la matière, j’ai été obligée de faire des choix. L’examen comportait une partie à choix multiples, mais aussi deux questions à développement à choisir parmi huit questions. J’ai donc fait le pari d’étudier en profondeur trois sujets en espérant qu’ils feraient l’objet des questions à développement. Malheureusement, parmi mes trois sujets, un seul faisait partie des huit questions, alors j’ai très bien répondu à une question et très mal à la deuxième. Je ne m’attends pas à grand-chose de bon. Et comble du malheur, je devais aller remettre mon examen à la personne qui avait corrigé mon travail sur le Kosovo. J’étais très embarrassée parce que j’avais vraiment honte de mon travail. Et je savais qu’elle allait me reconnaître parce que nous avions beaucoup discuté ensemble durant les périodes de monitorats offerts pour aider les étudiants dans leurs travaux de recherche. Je lui ai remis mon examen, la tête basse, et elle m’a lancé : « Félicitations pour votre travail. » J’ai relevé la tête un peu et répondu d’un air incrédule : « Ah? C’était bien? ». Surprise de mon air abattu, elle m’a dit : « Oui, très bien! ». Ça m’a redonné de l’élan! J’ai cependant trouvé dommage de ne pas avoir su ça avant. Je me serais peut-être moins démotivée pour le reste de la session, et je ne me serais peut-être pas effondrée comme je l’ai fait dans mes examens de fin de session.


Parce que la glissade n’était pas terminée. Il me restait mon examen de droit, d’une valeur de 80 % de la note finale qui, aux dires mêmes de la professeure, devait être complexe et costaud. Moi qui n’avait fait aucune de mes lectures, j’ai fait du mieux que j’ai pu pour lire le plus important hier soir et cette nuit, mais il m’aurait fallu environ 10 fois plus de temps pour revoir mes notes et faire toute les lectures (il y en avait une tonne et pas des plus faciles, croyez-moi!) Mon seul atout, c’est que j’avais assisté à tous mes cours avec beaucoup d’attention.


L’examen consistait en 12 questions à long ou moyen développement. Il s’agissait d’expliquer des principes de droits et d’interpréter des textes de doctrine. Après 30 minutes, j’en étais seulement à la moitié environ de la première question (qui était l’une des plus longues quand même il faut dire) et j’avais l’impression d’être complètement dans le champ en plus. À ce rythme là, je n’aurais pas terminé la moitié de l’examen dans la période permise de 3 h. Après une heure, je me rendais presque à l'évidence : j’allais échouer cet examen, d’autant plus que la professeure est extrêmement exigeante dans ses corrections. Il faut offrir des réponses très solides et très bien étayées. Je me suis tout de même reprise un peu et j’ai finalement réussi à répondre à presque toutes les questions mais pas toujours très bien. Je crois sincèrement que je vais échouer, et ce ne serait pas surprenant étant donné que j’aurais dû étudier pendant un mois en vue de cet examen et que j’ai plutôt étudié pendant une nuit seulement . Si j’échoue ce cours, ce serait une première à vie et probablement un gros facteur de démotivation.


Mais, mais, mais…


J’ai finalement su la note de mon travail sur le Kosovo aujourd’hui. J’ai eu la meilleure note des 200 étudiants : 100 % (alors que la moyenne du groupe est de 74 %). Que ça m’encourage! D’autant plus que ce que je veux faire avec cette maîtrise, c’est de la recherche justement. Et surtout écrire.

Mais par où commencer?


9 décembre 2010

Ma cousine Claire

Ma cousine Claire, qui va participer à son premier marathon en septembre prochain a maintenant son blogue : Souliers magiques. Je vais la suivre avec grand plaisir, et je suis certaine que je ne serai pas la seule! Bienvenue dans la blogosphère Claire!

2 décembre 2010

Athlète un jour, athlète toujours

Hier soir je suis allée au gala 25e anniversaire de la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec, à titre d’ancienne boursière. J’y allais vraiment de reculons, d’autant plus qu’il pleuvait beaucoup et qu’il y avait un trafic monstre. Finalement, je suis sortie de là gonflée à bloc et motivée plus que jamais à atteindre mes nouveaux objectifs sportifs.


J’avais 23 ans quand j’ai obtenu cette bourse. Je faisais alors partie des meilleures joueuses de volleyball au Canada. Cependant, je n’étais pas heureuse du tout à l’époque. J’étais mal dans ma peau, je me trouvais laide et je croyais que je n’avais pas de personnalité. Tout le monde m’intimidait et j’avais l’impression de ne pas avoir ma place nulle part. J’étais triste et fatiguée.


Lors d'un tournoi d'exhibition de l'équipe nationale à l'Université Laval

Hier soir, le chemin que j’ai parcouru depuis ce temps-là m’a sauté au visage. Je revoyais les mêmes personnes qu’il y a 10-15 ans, mais je me sentais bien. Je ne trouvais pas ça difficile du tout de parler aux gens, de leur sourire, de les écouter et de raconter des choses, alors qu’avant c’était impossible (à l’époque, je longeais les murs, et je sortais même dehors en attendant que les partys finissent). Maintenant, je ne ferais plus ça. Je n’ai plus peur de ce que les gens pensent de moi. Et j’aime savoir ce qui se passe dans la vie des autres. Ça m’intéresse sincèrement.


Je tiens à dire un petit mot de la Fondation. Il s’agit d’un programme qui aide les athlètes étudiants à performer au meilleur de leur capacité, tant sur le plan sportif que sur le plan académique. Elle a épaulé beaucoup de très grands athlètes comme Annie Pelletier (qui a animé la soirée avec brio hier), Maryse Turcotte (ancienne haltérophile qui termine actuellement sa résidence en psychiatrie), Alexandra Wozniak (joueuse de tennis professionnelle), et aussi plein d’athlètes qui ont été beaucoup moins sous les feux de la rampe, comme moi. Étant donné qu’un des objectifs de la fondation est d’aider les athlètes à préparer leur après-carrière, ils trouvent important de suivre le cheminement des anciens boursiers toute leur vie. Je reçois un courriel personnalisé de leur part chaque année, et c’est une attention qui me touche beaucoup. Ils offrent une attention très humaine à tous les athlètes qu’ils parrainent.

Hier, ils ont présenté une superbe vidéo sur l’évolution du sport d’élite au Québec et la fierté que ressentent les Québécois pour leurs athlètes. Pensons seulement aux émotions que nous ont fait vivre Annie Pelletier, Jean-Luc Brassard, Alexandre Despatie, Alexandre Bilodeau et Joannie Rochette, par exemple. De tels exemples sont une source d’inspiration incroyable pour les jeunes – et les moins jeunes ! Hier j’étais fière d’avoir déjà été une athlète, mais j’étais surtout fière d’en être encore une. D’avoir encore de grands rêves. De vouloir participer à un Ironman!

Ce sera un méchant défi à relever! Déjà de faire entrer 9 entraînements par semaine dans mon horaire chargé, ce n’est pas facile, mais je constate que j’y arrive. Dans un sens c’est même plus facile qu’avant, parce que je vis comme une athlète tous les jours. Je n’ai jamais le temps de décrocher, et je me sens bien!

Quand je veux me motiver, je n’ai qu’à regarder cette photo prise lors de mon premier (et seul) triathlon, l’été dernier.



Quand je vois la passion qui brille dans ces yeux là, je sais que je vais continuer de travailler fort jusqu’à ce que j’entende ces mots dont je rêve déjà :

GENVIÈVE MORIN FROM MONTRÉAL… YOU ARE AN IRONMAN !!!!