La nuit dernière, j’ai dormi 12 heures. Je me suis levée à 11 h 30 ce matin, j’ai déjeuné, puis je suis allée m’étendre sur le lit tout l’après-midi. J’étais censée courir 30 minutes aujourd’hui, et j’en ai été incapable. J’ai pleuré une bonne partie de la journée. Une vraie loque.
Ce n’est pas le genre de journée que j’ai l’habitude de passer. Je suis généralement optimiste, enthousiaste et heureuse. J’attribue mon état pitoyable à la fin brusque d’une longue série de projets de traduction et de révision qui ont accaparé toutes mes journées, soirées et weekends au cours des derniers mois. J’étais à bout de souffle et je survivais grâce à l’adrénaline, mais une fois que tout a été livré (vendredi matin), je me suis effondrée. C’est un choc que de se retrouver avec rien à faire tout d’un coup. Même si je suis contente de pouvoir enfin me reposer un peu.
Et puis hier soir, j’ai écouté Slumdog Millionnaire, un film que je croyais léger et amusant, allez savoir pourquoi. Ça m’a plutôt marquée au fer rouge sur le plan émotionnel. Il faut dire que j’aime les films joyeux et exempts de violence (L’auberge espagnole, Under the Tuscan Sun, As good as It Gets, Le bonheur est dans le pré, par exemple, et même Sissi et La mélodie du bonheur). Quand j’écoute un film, je suis incapable de me détacher de l’action. Je vis les émotions pour vrai, comme si je faisais partie de l’histoire. S’il y a de la violence ou des scènes horribles, je reste perturbée pendant des jours. Pas surprenant que j’aie passé une journée si pénible. Le film Slumdog Millionnaire comporte une série de scènes absolument horrifiantes. Stéphane l’a trouvé très bon, et il n’est pas le seul apparemment. Mais moi, j’ai du mal à m’en remettre.
Ce film m’a par ailleurs rappelé avec acuité le peu que je fais pour aider les autres. Il y a deux ans, j’avais l’intention de partir un groupe d’alphabétisation dans mon quartier, bénévolement. J’avais même présenté mon projet à un centre communautaire et il ne restait plus qu’à fixer la date de début. Malheureusement, plus le projet se concrétisait, plus je paniquais et plus j’avais envie de fuir. Je me suis imaginé que les participants me détesteraient et que je serais incapable de leur apporter quoi que ce soit et j’ai décidé d’abandonner le projet avant même qu’il ne voit le jour. Les gens du centre communautaire ont été déçus, car les besoins sont immenses en alphabétisation et en francisation. J’ai très honte d’avoir laissé tombé, mais je n’arrive toujours pas à envisager d’enseigner à des gens sans ressentir le plus grand affolement. Je sais que c’est irrationnel. C’est que je fais de la phobie sociale. Je commence d’ailleurs un traitement cette semaine pour me défaire de ce boulet. C’est un problème qui a empoisonné ma vie (surtout sur le plan professionnel), et je veux maintenant m’en débarrasser.
Je me suis souvent crue folle. Depuis que je cours, c’est beaucoup moins le cas. Mon humeur s’est beaucoup stabilisée. Mais il y a des jours comme ça, où rien ne va.
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26 avril 2009
12 novembre 2008
Un peu obsessive-compulsive
Lundi soir, j’ai su qu’il restait une course à la saison 2008, soit celle du Cap-Saint-Jacques. Mon cerveau de simili-coureuse était déjà en mode « saison morte », mais je me suis dit « tiens, ça ne me ferait pas de tort de courir un 10 km; ça me fera un belle longue sortie en fin de semaine ». Quand je me suis inscrite, mon intention était sincèrement de courir joyeusement cette distance sans pression aucune…
Mais c’était bien mal connaître mon cerveau d’obsessive-compulsive. À peine cinq minutes après m’être inscrite, je me suis rendu compte que si je courais cette course à la vitesse de mes insouciantes longues sorties du dimanche, j’obtiendrais un temps de 1 h 15, une honte qui me hanterait pendant des mois. J’ai donc fait une croix sur le petit jogging mollo. Va falloir que je coure!
Après de savants calculs (et beaucoup de pensée magique), j’ai déterminé que je serais probablement capable de courir 10 km en 54 minutes. Ça veut dire 5 minutes 24 par kilomètre. J’espère que mon lapin intérieur sera plus efficace qu’au parc Lafontaine, parce que j’avais alors couru le premier kilomètre en 1 minute de moins que prévu (4:30 au lieu de 5:30), ce qui m’a mise dans le pétrin pour le reste de la course (mon rythme moyen a finalement été de 5:22).
Mais là, la « has been » en moi a refait surface, et je me suis mise à rêver de bien mieux. Il y a de nombreuses années, j'ai obtenu des succès inespérés dans certains sports, notamment en volleyball (équipe nationale de volleyball intérieur et nombreux succès en volleyball de plage), ce qui fait que, maintenant, je pense toujours que tout est possible. Malheureusement, il s’est déjà écoulé presque 10 ans depuis mes derniers exploits sportifs, et durant ces 10 ans, je me suis plus ou moins laissée aller (j’ai même engraissé de 30 livres, mais je les ai reperdues il y a deux ans).
Bref, j'ai peut-être déjà été une athlète, mais je ne le suis plus du tout. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de penser que je peux atteindre de nouveaux sommets, dans un nouveau sport, et on dirait que j’espère que ça arrivera précisément en fin de semaine.
Évidemment, je ne vous dirai pas les chronos dont je rêve pour samedi parce que 1) vous me trouveriez ridicule - et même arrogante et 2) j'aurai l'air trop folle lorsque je vous annoncerai, la tête basse, un chrono peu rutilant de 1 h 10 dans mon prochain billet… Quoi qu’il arrive, j’aurai au moins acquis quelques notions d’humilité!
Ah! Et puis, si vous avez quelques conseils à me donner pour ne pas que je me casse trop les dents, n'hésitez pas! En fait, ce que j'essaie de dire dans ce billet, c'est que ça me stresse vraiment de participer à un 10 km! Je n'ai jamais couru cette distance, même en entraînement.
Mais c’était bien mal connaître mon cerveau d’obsessive-compulsive. À peine cinq minutes après m’être inscrite, je me suis rendu compte que si je courais cette course à la vitesse de mes insouciantes longues sorties du dimanche, j’obtiendrais un temps de 1 h 15, une honte qui me hanterait pendant des mois. J’ai donc fait une croix sur le petit jogging mollo. Va falloir que je coure!
Après de savants calculs (et beaucoup de pensée magique), j’ai déterminé que je serais probablement capable de courir 10 km en 54 minutes. Ça veut dire 5 minutes 24 par kilomètre. J’espère que mon lapin intérieur sera plus efficace qu’au parc Lafontaine, parce que j’avais alors couru le premier kilomètre en 1 minute de moins que prévu (4:30 au lieu de 5:30), ce qui m’a mise dans le pétrin pour le reste de la course (mon rythme moyen a finalement été de 5:22).
Mais là, la « has been » en moi a refait surface, et je me suis mise à rêver de bien mieux. Il y a de nombreuses années, j'ai obtenu des succès inespérés dans certains sports, notamment en volleyball (équipe nationale de volleyball intérieur et nombreux succès en volleyball de plage), ce qui fait que, maintenant, je pense toujours que tout est possible. Malheureusement, il s’est déjà écoulé presque 10 ans depuis mes derniers exploits sportifs, et durant ces 10 ans, je me suis plus ou moins laissée aller (j’ai même engraissé de 30 livres, mais je les ai reperdues il y a deux ans).
Bref, j'ai peut-être déjà été une athlète, mais je ne le suis plus du tout. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de penser que je peux atteindre de nouveaux sommets, dans un nouveau sport, et on dirait que j’espère que ça arrivera précisément en fin de semaine.
Évidemment, je ne vous dirai pas les chronos dont je rêve pour samedi parce que 1) vous me trouveriez ridicule - et même arrogante et 2) j'aurai l'air trop folle lorsque je vous annoncerai, la tête basse, un chrono peu rutilant de 1 h 10 dans mon prochain billet… Quoi qu’il arrive, j’aurai au moins acquis quelques notions d’humilité!
Ah! Et puis, si vous avez quelques conseils à me donner pour ne pas que je me casse trop les dents, n'hésitez pas! En fait, ce que j'essaie de dire dans ce billet, c'est que ça me stresse vraiment de participer à un 10 km! Je n'ai jamais couru cette distance, même en entraînement.
2 novembre 2008
Culpabilité
Aujourd'hui, c'est le jour de ma longue course. Je vais essayer de courir 75 minutes. Il fait super beau, j'ai très hâte!
La course est devenue une vraie passion pour moi, et j'avoue que mes pensées sont un peu obnubilées par cette activité. Je suis déterminée à aller au bout de mon potentiel dans ce sport, mais je me sens très coupable d'avoir un but qui ne profitera à personne d'autre qu'à moi. Des fois, je me dis que grâce à cette activité, je resterai longtemps en excellente santé et qu'ainsi je ne représenterai pas un poids pour le système de la santé. Ou que comme la course me rend heureuse, ma bonne humeur peut être contagieuse pour mon entourage. Mais je me sens coupable quand même.
Et puis, je me sens aussi coupable d'avoir un blogue. Bien sûr, je trouve merveilleux d'avoir trouvé une tribune où je peux m'exprimer. De plus, comme j'adore écrire, je suis enchantée de pouvoir travailler ma plume un peu tous les jours par un moyen un peu plus formel qu'un journal personnel; comme il est possible que je sois lue par d'autres personnes, je dois faire certains efforts pour pondre de petits textes relativement bien écrits et structurés. Cela dit, comme je ne parlerai probablement que de moi dans ce blogue, je me sens très narcissique. D'un autre côté, je ne trouve pas les autres blogueurs narcissiques du tout -- je les trouve généreux de bien vouloir partager leurs expériences. Chose certaine, ça me plait bien d'avoir un blogue, et je vais fort probablement continuer. J'espère que la culpabilité va s'effacer.
C'est pas pour rien que je dis que je traverse la vie sur la pointe des pieds. J'essaie de faire le moins de bruit possible pour laisser de la place aux autres, mais, des fois, je fais toutes sortes de pirouettes pour qu'on me remarque un peu.
La course est devenue une vraie passion pour moi, et j'avoue que mes pensées sont un peu obnubilées par cette activité. Je suis déterminée à aller au bout de mon potentiel dans ce sport, mais je me sens très coupable d'avoir un but qui ne profitera à personne d'autre qu'à moi. Des fois, je me dis que grâce à cette activité, je resterai longtemps en excellente santé et qu'ainsi je ne représenterai pas un poids pour le système de la santé. Ou que comme la course me rend heureuse, ma bonne humeur peut être contagieuse pour mon entourage. Mais je me sens coupable quand même.
Et puis, je me sens aussi coupable d'avoir un blogue. Bien sûr, je trouve merveilleux d'avoir trouvé une tribune où je peux m'exprimer. De plus, comme j'adore écrire, je suis enchantée de pouvoir travailler ma plume un peu tous les jours par un moyen un peu plus formel qu'un journal personnel; comme il est possible que je sois lue par d'autres personnes, je dois faire certains efforts pour pondre de petits textes relativement bien écrits et structurés. Cela dit, comme je ne parlerai probablement que de moi dans ce blogue, je me sens très narcissique. D'un autre côté, je ne trouve pas les autres blogueurs narcissiques du tout -- je les trouve généreux de bien vouloir partager leurs expériences. Chose certaine, ça me plait bien d'avoir un blogue, et je vais fort probablement continuer. J'espère que la culpabilité va s'effacer.
C'est pas pour rien que je dis que je traverse la vie sur la pointe des pieds. J'essaie de faire le moins de bruit possible pour laisser de la place aux autres, mais, des fois, je fais toutes sortes de pirouettes pour qu'on me remarque un peu.
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