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3 août 2011

Le chemin pour se rendre

L’entraînement en vue de mon marathon est certes très exigeant physiquement, mais il l’est encore plus mentalement.

Je vis l’un des plus difficiles entraînements de ma vie, mais surtout l’un des plus satisfaisants. Sûrement parce que je sens que je me transforme complètement.

Avant presque chaque entraînement difficile, je suis convaincue que j’échouerai lamentablement. Et chaque fois, sans exception, je me surprends.

On entend souvent qu’un marathon, ça change une vie. L’an dernier, je n’ai pas ressenti de changement du tout. J’ai terminé mon premier marathon et, bien franchement, ça ne m’a pas apporté grand-chose. Cette année, c’est tout le contraire. Je n’ai pas encore couru mon marathon que je sens déjà que j’ai changé, que ma vie a changé à jamais. Le chemin que j’emprunte pour me rendre au défi ultime fait partie de l’expérience. S’il m’arrivait un pépin et que je ne pouvais pas courir mon marathon, j’aurais tout de même vécu quelque chose de grand et d’intensément satisfaisant.

Hier, j’ai vécu un entraînement très frustrant, très difficile et très gratifiant à la fois. J’ai dû travailler très fort mentalement. C’était un entraînement de 13 km comportant 4 x 1 km au demi-train (vitesse du 10 km). Généralement, ce genre d’intervalle est facile pour moi, car je n’ai aucun mal à courir rapidement pendant 1 seul kilomètre à la fois. Ce qui me tue, ce sont les longues sorties durant lesquelles je dois courir les 8 derniers kilomètres vite. Mais hier, je suis allée m’entraîner sur le parcours du défi Boréal (qui aura lieu ce dimanche), et il se trouve que c’est un parcours qui, non seulement comporte de très bonnes côtes, mais qui se fait en partie en sentier. J’ai attaqué cet entraînement avec beaucoup de détermination, et à ma grande surprise, les côtes ne m’ont pas énormément ralentie (merci aux côtes des Laurentides et de la Gaspésie qui m’ont musclé les jambes au début de l’été!), cependant, les chemins accidentés de gravelle et de terre m’ont donné beaucoup de mal, car j’ai les chevilles extrêmement instables. Normalement, je ne devrais plus jamais courir sur autre chose que de l’asphalte. Mais est-ce de ma faute si cette course « sur route » se fait en partie en sentier? Je me suis malheureusement tordu les chevilles à trois reprises. Ça m’a fait mal, mais j’ai continué, car je sais qu’il n’y a plus de ligaments à briser dans mes chevilles. Ces incidents m’ont toutefois énormément découragée mentalement. J’ai failli laisser tomber mes intervalles, mais je me suis ravisée. Je me suis dit que j’allais au moins en faire un et qu’après on verrait.
J’ai fait mon premier intervalle sur un sentier montant. C’était vraiment très exigeant. Je courais de toutes mes forces parce que j’avais peur d’aller trop lentement. Finalement, j’ai respecté pile le temps demandé : 5:15 pour mon premier km. Après un jogging de 1 km, j’ai entamé mon deuxième intervalle qui se faisait sur du plat et en descente. Facile : 4:45! Troisième intervalle sur du plat, mais sur de la gravelle molle : 5:09. Finalement, le dernier intervalle se faisait sur de l’asphalte, mais il comportait une côte d’environ 200 mètres à environ 10 %. C’est très long une côte si prononcée pendant 200 m. Mon temps a été plus lent que les autres : 5:34… Mais j’ai le droit de tenir compte de la côte et de considérer ce dernier intervalle comme étant réussi, non? Finalement, j’ai bouclé mes 13 km en 1 h 19. J’étais très fière après l’entraînement parce que j’avais vaincu mes pensées négatives. Pendant l’entraînement, j’avais souvent envie de me laisser submerger par le découragement que me causait la perspective d’avoir encore une course difficile devant moi. Moi qui pensais que c’était plat le Défi Boréal de Sainte-Anne-de-Bellevue. Pas pantoute. J’aurais tellement aimé faire un demi-marathon sur du plat pour me prouver hors de tout doute que je suis devenue une meilleure coureuse.

Il n’empêche que j’ai le goût d’affronter la course de dimanche (20 km) sans peur. Tout ce qui m’importe dans le fond, c’est d’être capable d’utiliser le plus efficacement possible toutes mes ressources mentales et physiques de manière à performer de manière optimale sur ce parcours-là et à la température qu’il fera ce jour-là. Durant mes entraînements des dernières semaines, j’ai constaté que je suis capable de courir longtemps très facilement, d’affronter des côtes sans trop ralentir, de pousser malgré la chaleur intense et de courir à des vitesses rapides pendant de nombreux kilomètres de suite. Je suis capable d’être dans un état de grand inconfort vraiment longtemps.

Je suis capable et je vais me le prouver.  

5 juillet 2011

Ça va bien!

Je tiens mes promesses.

Dans un message précédent, j’affirmais que ma préparation en vue de mon deuxième marathon serait bien plus rigoureuse que pour le premier. Jusqu’à présent, je respecte rigoureusement le plan. Et je constate déjà avec émerveillement les résultats. Je suis en forme. Pour le moment, je travaille beaucoup ma vitesse sur des distances moyennes allant de 8 à 16 km. La semaine dernière, j’étais en vacances dans les Laurentides et en Gaspésie, et j’ai dû affronter de grosses côtes dans tous mes entraînements. Malgré tout, je suis parvenue à respecter les vitesses demandées sans le moindre problème. J’arrive à souffrir plus longtemps sans trop m’en faire. Je me sens forte quelles que soient les conditions : humidité, chaleur, côtes, vent, pluie diluvienne.

Je m’entraîne en général six jours par semaine : 4 entraînements de course à pied, un entraînement de natation et un entraînement de vélo. Après mon triathlon olympique, qui a lieu dans deux semaines, je me concentrerai presque seulement sur la course à pied. Mes distances de course vont alors augmenter de plus en plus. C’est avec beaucoup de confiance et d’enthousiasme que j’envisage mon deuxième marathon. J’espère le courir à un bon rythme celui-là.

J’ai commencé à réfléchir à mon prochain défi post-marathon, car je ne veux pas vivre de grosse baisse de motivation comme l’an dernier. L’un de mes rêves est de courir un demi-marathon en moins de 2 h, et je crois que ce serait un objectif très réaliste pour cet automne. Si tout va bien, je m’inscrirai au demi-marathon de Philadelphie. Je l’avais couru en 2 h 05 en 2009. Si j’arrive à éviter les blessures d’ici là, je devrais être capable de passer sous les deux heures, car je serai en forme plus que jamais.

En ce moment, il fait 33 degrés avec le facteur humidex, et je m’apprête à sortir pour mon entraînement d’aujourd’hui : 8 km avec 2 km au demi-train (vitesse du 10 km) immédiatement suivis de 1 km au train (vitesse du 5 km). Un autre entraînement qui sera sans doute payant!

1 juin 2011

Nerd

Il y a un taux élevé de nerds obsessifs-compulsifs perfectionnistes hyperperformants chez les coureurs. C’est sûrement pourquoi je me suis fais tant d’amis au sein de cette communauté, même si je suis loin d’être sociable : je me sens en terrain connu. Tous mes amis coureurs sont des gens qui aiment exceller – et qui sont prêts à fournir des efforts considérables pour arriver à leurs fins. Je suis constamment fière de mes amis coureurs.

Pour ma part, j’oscille sans arrêt entre une discipline de fer pour atteindre des objectifs bien précis et un quasi-sabotage quand je dois accomplir des tâches pour lesquelles l’excellence me semble inaccessible.

Exemple de sabotage :
Mes études en physiothérapie : Je n’avais pas la tête à mes études, car toute mon énergie et toutes mes pensées étaient dirigées vers mon objectif : devenir l’une des meilleures joueuses de volleyball du Canada. Tant qu’à ne pas avoir constamment A+, aussi bien de laisser tomber et d’accepter d’avoir des B et même des C. Et surtout, m’en foutre et ne jamais étudier. Et partir en plein milieu d’un examen de biochimie parce que la pratique de volley commençait à 15 h 30 ce jour-là. Sabotage.

Exemple de discipline :
Mes années de volleyball universitaire : Je m’efforçais de donner le meilleur de moi-même à tous les entraînements . Je faisais ma musculation religieusement. Je traversais même les tempêtes de neige pour aller faire ma muscu au CEPSUM quand un entraînement était annulé pour cause de température extrêmement mauvaise. J’ai frappé des milliers et des milliers de balles au mur, toute seule, pour améliorer ma technique d’attaque et faire de mon bras un vrai fouet. J’ai fait de l’haltérophilie, des squats et de la plyométrie pour améliorer la hauteur de mes sauts. Et surtout, je faisais de la visualisation constamment pour améliorer ma technique et ma force mentale en situation stressante. Résultat : 4 médailles au championnat canadien en 5 ans et sélection sur l’équipe nationale. Discipline.


Pour mon premier marathon, j’ai fait pas mal n’importe quoi. C’était un objectif important pour moi, mais je ne savais pas dans quoi je m’embarquais. J’ai pris l’entraînement à la légère. Je suivais mon programme selon mon humeur. Parfois j'improvisais. Souvent je ne faisais rien. J’ai fait de très beaux efforts à certains moments quand même, mais ma préparation n’était pas optimale. Tout cela frôlait le sabotage...
Pour mon deuxième marathon, mon état d’esprit n’est pas le même. Je crois sincèrement que je n’ai pas une bonne génétique de coureuse. Cela dit, je sais que je peux m’entraîner sérieusement, en véritable athlète. Je sais combien je peux être disciplinée et donner le meilleur de moi-même. J’ai envie de m’entraîner à la perfection et de très bien manger. Je veux voir jusqu’où je suis capable d’aller. Je tiens à faire de mon mieux, chaque jour d’ici le marathon et à franchir les obstacles qui se dresseront sur mon chemin comme une championne, qu’il s’agisse de blessures, de fatigue, de baisses de motivation ou d’événements malheureux du quotidien.

Je ne crois pas l’avoir démontré tellement dans ma vie de coureuse jusqu’ici, mais de la discipline, j’en ai.

Marathon, attends-moi. J’arrive! Cette fois, c’est la nerd que tu devras affronter.

31 mai 2011

Marathon... prise 2!

Lors d’un tournage, on fait une deuxième prise lorsque la première n’était pas tout à fait satisfaisante. C’est ce que je vais faire avec mon marathon. Même décor, même événement, mais beaucoup de changements dans la préparation, et espérons-le, dans le résultat.

En d'autres mots, je me réinscris au marathon Oasis de Montréal, qui aura lieu le 25 septembre prochain, mais je mets tout en oeuvre pour améliorer ma performance.
L’an dernier, j’ai suivi le plan d’entraînement du groupe B qui est proposé sur le site du marathon de Montréal, mais je l’ai modifié pas mal (p. ex., j’ai sauté tous les entraînements qui me paraissaient inutiles, comme les sorties de 30 minutes sans intensité et j’ai augmenté de beaucoup le nombre et la durée des longues sorties). Autre erreur, j’ai fait ma sortie de 32 km 5 semaines avant le marathon. Après ça, j’étais tellement fière de moi que j’ai commencé aussitôt ma période de récupération (taper). Une récupération de 5 semaines, c’est beaucoup trop long. Bref, ça n’a pas bien fonctionné. Mon premier marathon a été très, très difficile et j’avais l’impression d’être entre la vie et la mort pendant plusieurs heures après le marathon. Pas bon.

Cette fois-ci, je vais suivre à la lettre le plan que mon coach JP va me préparer. J’aimerais atteindre les objectifs suivants :
1- Pas vomir pendant le marathon, ni après (l’an passé, j’ai vomi trois fois pendant le marathon et au moins deux fois après en plus d’avoir été dans un état lamentable pendant 3-4 heures après l’événement). Le mal de cœur est parti miraculeusement une fois que j’ai avalé un bon hamburger de chez McDo pour souper. Je me demande si ce n’est pas la preuve qu’ils mettent réellement des antiémétiques dans leur bouffe…

2- Courir tout le long du marathon, me sentir forte jusqu'à la fin (fatiguée, certes, mais encore capable de courir et de pousser). L’an dernier, il ne me restait plus aucun jus après le 24e kilomètre. C’était facile, facile jusqu’à 21-22, puis paf, plus capable d’avancer après. Un genre de mur beaucoup trop précoce. Je ne veux pas ça cette année.
3- Chrono de moins de 4 h 45, ce qui devrait être vraiment facile si les deux objectifs précédents sont atteints et si je m’entraîne bien.

Je suis contente d’avoir la chance de me lancer de nouveau dans l'aventure du marathon. J’adooooore l’entraînement de marathon. On se sent constamment comme une vraie athlète. C’est le bonheur. Je me trouve chanceuse parce que je ne suis presque plus blessée (n’empêche que je vais aller en physio demain pour mes chevilles qui me font mal au lever le matin). En plus, j’ai complètement retrouvé le goût de courir. Je suis heureuse!
Mon entraînement commence aujourd’hui : une petite sortie de 45 minutes avec 3 fois 2 minutes au rythme de 10 km (5 min 35/km). Un pas à la fois, et avec le sourire, je vais me bâtir des jambes et des poumons capables de me faire franchir la ligne d'arrivée avec fierté.

6 septembre 2010

Mon premier marathon

Hier, c’était l’un des plus beaux jours de ma vie, car j’ai réalisé un grand rêve. C’était mon premier marathon.

Le matin de la course, je me suis réveillée très facilement à 5 h 39, une minute avant que sonne mon réveil. Je n’étais pas particulièrement nerveuse. Seulement très excitée et heureuse. J’ai déjeuné comme d’habitude et je me suis préparée en prenant mon temps afin de ne rien oublier.

J’ai dit bye à Oslo, et Stéphane est allé me reconduire au métro Lionel-Groulx. Dans l’auto, je commençais à être plus nerveuse et fébrile, mais je me disais que j’étais bien contente que ce ne soit pas un 5 km. Parce qu’un 5 km, c’est bien plus stressant. Il faut partir super vite dès le début et c’est difficile tout le long. Avec le marathon, je savais qu’au moins les 10-15 premiers km seraient très faciles. Le moment de la souffrance était éloigné dans le temps. Trop éloigné pour que j’aie à y penser toute suite. Je savais que j’allais devoir puiser loin au fond de moi, mais plus tard. Et rendue là, je serais si près de mon rêve que je serais capable de le faire.

Quand nous sommes arrivés au métro, Stéphane m’a serrée dans ses bras et j’ai versé mes premières larmes de la journée. Je m’en allais affronter le monstre toute seule, comme une grande. Je reverrais Stéphane seulement à partir du 27e kilomètre, avec mon bébé Oslo. Et à ce moment je serais vraiment dans le cœur du marathon. Cette perspective était vraiment excitante.

Dans le métro, il y avait plein de coureurs partout. Il y avait les enfants du Petit Marathon avec leurs parents qui se dirigeaient avec beaucoup d’excitation vers le Parc Maisonneuve, et il y avait les marathoniens, beaucoup plus calmes et concentrés (et stressés!) qui se dirigeait comme moi vers le Parc Jean-Drapeau. J’étais déjà très émue à l’idée que, pour la première fois, j’allais participer à la plus longue course, à l’épreuve reine! Je faisais partie des vrais de vrais!

Après avoir classé mon stock et avoir été aux toilettes deux fois, je suis allée porter mon sac au dépôt et j’ai commencé mon ascension vers le Pont Jacques-Cartier. Avant d’arriver en haut, je ne savais pas encore si j’allais choisir le lapin de 4 h 30 ou de 4 h 45, mais une fois sur le pont c’était clair pour moi : lapin de 4 h 45. Il était gentil et il nous donnait plein de conseils. Je l’ai trouvé très rassurant. Bizarrement, il n’y avait presque personne derrière moi sur le pont. À peine une vingtaine de personnes. J’avais donc une vue imprenable sur tous les coureurs devant. Après le compte à rebours, quand le signal de départ a sonné, et que toute cette masse de coureurs s’est mise à avancer, je me suis mise à sangloter. J’avais l’impression d’avoir déjà vécu ce moment avant, mais comme observatrice et non comme participante. Je pense que c’est le fait d’avoir vu mon oncle Gaston courir le marathon quand j’étais petite qui m’a donné cette impression. J’étais pleinement consciente que mon rêve venait de commencer!

Durant les 4 premiers kilomètres, j’avais envie de pipi, et ma grosse préoccupation consistait à me demander s’il valait mieux que je m’arrête aux toilettes ou non. Mais mon envie a passé. Les 15 premiers kilomètres ont été très, très, très faciles. Je suivais le lapin religieusement, et j’avais l’impression que ce serait très facile de continuer à ce rythme très longtemps. Au 16e kilomètre, j’ai commencé à sentir un tout petit peu plus de fatigue, mais vraiment très peu. Ça allait bien. Nous avions un fort vent de face, mais ça ne me dérangeait pas le moins du monde. Le rythme était vraiment agréable et je n’avais pas besoin de penser à rien.


Le lapin 4 h 45, et moi un peu à l'arrière, à la gauche de l'image.

Tout allait super bien. Je respirais le bonheur!
Au 21e kilomètre environ, j’ai vu mes parents. Yééé! Mes premiers supporters. J’étais vraiment contente de les voir! J’ai pris un peu d’eau pour remplir une de mes gourdes, mais ça m’a fait prendre du retard sur mon lapin. Je ne voulais surtout pas le perdre alors j’ai sprinté pour le rattraper. Et paf! Gros, gros coup de fatigue après ça. Je n’ai jamais été capable de reprendre mon souffle et je n’ai plus été capable d’avancer. Quelques kilomètres plus tard, je perdais le lapin pour de bon. Coup dur pour le moral.

Au 24e kilomètre, JP (celui qui sera mon coach à partir de très bientôt) était là avec du Gatorade et de l’eau pour moi. Je crois que j’ai pris encore de l’eau. Je me suis pliée en deux et je lui ai dit que je n’en pouvais plus. Que c’était vraiment difficile. J’étais déçue parce que ce n’est pas comme ça que j’avais imaginé ma course. Je croyais que j’allais être forte au moins jusqu’au 32e kilomètre et qu’après je n’aurais qu’à puiser profondément dans mes réserve. Mais être dans cet état au 24e kilomètre, c’était un désastre. Il me restait 18 kilomètres! Je ne doutais pas que j’allais terminer mon marathon, mais je me sentais si mal que je savais que je n’allais pas pouvoir pousser du tout jusqu’à la fin. Disons que je prévoyais beaucoup de marche.

Environ 2 minutes après avoir laissé JP derrière moi, il m’a rattrapée et m’a dit qu’il m’accompagnerait jusqu’au 38e kilomètre et qu’il porterait mon stock!!! Quel soulagement! Sans mes deux gourdes et ma tonne de Jelly beans de sport, je me sentais beaucoup plus légère. Malheureusement, je n’ai presque pas réussi à accélérer. Ça n’avançait pas. Ma tête voulait vraiment, mais mon corps non. Pas du tout, pas du tout. Mon orgueil ne voulait pas montrer à mon futur coach combien j’étais une poche coureuse, mais c’était comme ça. J’ai couru le plus vite que je pouvais (mais c’était lent, parfois aussi lent que 8 minutes 30 du kilomètre) et j’ai vraiment essayé de marcher le moins possible. J’ai trouvé chaque kilomètre très difficile, mais ça passait relativement vite tout de même.

Au 27e kilomètre, gros moment de bonheur : Stéphane et Oslo étaient là! Mon amoureux que je l’aime donc! Que j’étais contente qu’il assiste à ce moment important de ma vie! Et mon beau Oslo était tout excité comme je l’avais déjà imaginé avant même d’avoir un chien. (J’avais écrit ceci dans un précédent billet alors que je me questionnais sur la possibilité d'avoir un chien : « Je l'imagine déjà [mon amoureux] venir m'encourager le long du parcours du marathon de Montréal, en septembre prochain, avec mon bébé chien à ses côtés qui sautera de joie quand il m'apercevra approcher d'eux. J'espère vivre ce genre de petits moments de bonheur. »)

Ti-bébé Oslo qui attend patiemment de voir arriver maman.

Oslo qui me lèche les jambes.

Au 33e kilomètre environ, j’avais très, très mal au cœur et j’ai vomi tout ce que j’avais dans l’estomac. Après, je me suis sentie mieux. J’ai pris le temps de récupérer en marchant, et j’ai jasé avec JP. Je lui ai dit que je me rendais compte que mes « grosses » semaines d’entraînement de 45 kilomètres, ce n’était pas assez pour un marathon (pas osé avouer que mes autres semaines était parfois de 24 km). JP a dit que j’étais sûrement plutôt une sprinteuse et qu’il faudrait travailler sur le volume et les longues sorties. Ça m’a rassurée de voir qu’il voulait quand même être mon coach, même s’il assistait en direct à une performance aussi horrible. Ça m’a rendue plus sereine et ça m’a aidée à continuer. J’ai accepté que, pour cette fois-ci, l’important était de terminer coûte que coûte le marathon, et que la performance serait pour une autre fois.

Au 35e kilomètre, j’ai encore vu Stéphane et Oslo et ça m’a redonné un peu d’énergie. J'ai dit à Oslo que maman était très fatiguée et qu'elle avait bien hâte d'aller faire une sieste avec lui à ses côtés. Puis j'ai donné un beau bec à mon amoureux avant de repartir encore.

Peu après, je pense que j’ai encore vomi. J’étais pas bien du tout. Au 37e kilomètre, j’ai vu mes parents, puis tout de suite après, Véronique qui courait dans ma direction avec un très grand sourire! Quand je l’ai vue j’ai éclaté en sanglots et je lui ai dit que je trouvais ça vraiment difficile et que je n’en pouvais plus. Elle a dit : « Oui, c’est difficile. C’est pour ça qu’on aime ça! » Moi, j’étais plus dans l’état « j’haïs ça et je veux que ça finisse ». Véronique est vraiment une cheerleader hors pair. Elle incitait les spectateurs à m’encourager et elle y mettait beaucoup d’énergie. C’était super. Tous les spectateurs m’applaudissaient comme si j’étais une star.


Véronique qui m'encourage et moi qui pleure.

Et là, on est arrivés à ma gang d’amis! J’étais très, très émue de tous les voir là! Il y avait Lise, avec ses pompons, Mireille et Olivier, qui me souriaient et m’encourageaient, Caroline, qui a couru quelques pas avec moi, m’a prise par l’épaule et m’a beaucoup encouragée en me disant que j’étais belle à voir aller parce que j’avais un beau sourire et que je courais encore, ainsi que Véronique M., avec son incroyable costume et sa perruque, qui ma fait un « high five » et dont j’ai serré la main pour lui montrer combien j’étais contente de la voir. J’ai aussi vu Sophie, une personne que je connais peu encore, mais avec qui je sens que j’ai beaucoup d’affinités. Elle m’a crié « Geneviève ». Je ne l’ai pas reconnue du premier coup d’œil, mais après j’ai cliqué et je lui ai fait un beau sourire.

Véronique M. avec son beau costume de cheerleader!
Émue de voir tous mes amis et d'être sur le point de devenir marathonnienne, mais aussi épuisée et souffrante.

Et, il y avait Sylvie, qui comme prévu, s’est mise à courir avec moi pour m’accompagner jusqu’à la fin. Je me suis presque excusée d’être si poche et si lente, mais elle m’a coupé le sifflet bien vite et m’a rappelée que j’allais devenir marathonienne très bientôt et que c’était merveilleux.


Avec Sylvie, qui a été un beau rayon de soleil et qui m'a beaucoup aidée à me rendre jusqu'à la fin avec le sourire.

Après avoir revomi encore une dernière fois, j’ai effectivement tout fait pour me concentrer sur le merveilleux de la chose. Une fois la côte Pie IX derrière nous, ça s’est mis à être plus facile un peu. Je n’arrivais toujours pas à avancer vite, mais je crois que j’ai surtout couru et pas trop marché (mais je n’en suis pas sûre).

Quand nous sommes arrivés près du stade, Sylvie m’a dit qu’ils allaient me laisser terminer toute seule pour que je puisse vivre les derniers moments pleinement. Et j’ai pleuré jusqu’à la fin. Quand je suis arrivée dans le stade, l’émotion à grimpé encore d’un cran et j’ai réussi à courir un peu plus vite.


Dernier tour de piste au stade. Extrêmement émouvant pour moi.

J’ai vu mes parents qui avaient un grand sourire et qui m’encourageaient très fort, puis Sylvie et JP, ma tante et ma cousine. Puis j’ai enfin franchi le tapis d’arrivée. J’ai donné un bec vers le ciel à mon oncle Gaston qui était sûrement tout près de moi pendant le marathon pour m’aider à avancer. Puis, ma cousine Claire, qui avait fait le demi-marathon est venue à ma rencontre avec un grand sourire et nous nous sommes jetés dans les bras l’une de l’autre. Je lui ai dit : « Ah! C’était difficile! » en pleurant et je lui ai demandé comme s’était passé son demi et elle m’a dit que ça avait été merveilleux!


Avec ma très chère cousine Claire. Je pleure encore. Je suis heureuse d'avoir terminé.

J’ai ensuite rejoint mes parents, ma tante et l’une de mes cousines. Tout le monde m’a serrée dans ses bras et je me sentais choyée d’être si bien entourée. Puis j’ai vu apparaître ma nièce Ayrane, avec sa médaille au cou, qui voulait aussi me serrer dans ses bras. Je lui ai dit : « Ah! ma belle cocotte! Tu es une championne! Je t’aime ». Et nous avons pris une photo avec nos médailles.


Avec ma nièce Aryane et ma soeur Isabelle.

Ma chère amie Sylvie qui a été d'une aide inestimable durant mon entraînement de marathon et pendant mon marathon.
Avec ma belle maman d'amour


Pendant les photos, j’avais l’impression que j’allais perdre connaissance et j’ai dû me pencher plusieurs fois vers l’avant. Et j’ai commencé très vite à figer. Il était devenu presque impossible de marcher. Je suis allée chercher ma bouffe très lentement, et je devais m’arrêter sans arrêt aux tables pour m’appuyer. J’avais très soif parce que je m’étais beaucoup déshydratée en vomissant dans les dix derniers km. Je trouvais ça étonnant de voir que j’étais la seule à devoir me déplacer ainsi. Les autres coureurs avaient l’air assez en forme.

Mes parents ont eu l’extrême gentillesse de me ramener à la maison. En marchant jusqu’à l’auto, j’ai encore vomi. Je ne me sentais pas bien du tout. Mais je trouvais ça important de continuer à marcher, même si c’était vraiment lentement. Nous sommes finalement arrivés à l’auto et là j’ai pu ENFIN m’asseoir.

Mes parents m’ont toujours énormément encouragée dans tous mes sports. Et même maintenant que j’ai 36 ans, ils sont toujours là pour m’aider et me dire que je suis bonne. Je les adore plus que tout. Je vous aime papa et maman.

Oh! J'allais oublier d'indiquer mon chrono (probablement que j'aimerais l'oublier en fait) : 5 h 11...

Prochain billet : post-mortem un peu plus critique et plan de match pour l'avenir.

22 août 2010

Mon oncle Gaston

Quand j’étais petite – je devais avoir 7-8 ans – mes parents nous ont amenées ma sœur et moi voir mon oncle Gaston courir le marathon de Montréal. Nous avions attendu pas mal longtemps quelque part le long du parcours et, à un moment donné, mon oncle Gaston est arrivé! Il avait l’air complètement épuisé, mais il courait quand même, et vite à part ça! Je comprenais déjà très bien à l’époque qu’un marathon était une course vraiment très longue, et qu’on était un héros quand on réussissait à franchir le fil d’arrivée. Pour moi, mon oncle était l’équivalent d’un athlète olympique. J’étais très fière d’être sa nièce!



Plus tard, quand j’étais adolescente et jeune adulte, j’allais souvent faire du ski de fond au Mont Saint-Bruno, et j’y rencontrais presque systématiquement mon oncle Gaston. Il était superbe à voir aller, surtout en pas de patin, une technique que je n’ai jamais maîtrisée. Gaston avait toujours l’air content de me voir là. Pour lui le sport était un mode de vie, et il a transmis sa passion à ses enfants et à ses petits enfants. Malgré tout le temps qu’il consacrait à son propre entraînement, il a assisté de manière assidue aux compétitions de son fils et de sa fille (hockey, ringuette, etc.). Il a toujours encouragé ses enfants à faire du sport que ce soit en équipe ou individuellement. Aujourd'hui sa petite fille, qui a 13 ans, avec qui il s’entendait super bien, fait de la compétition de natation et s’entraîne 10 heures par semaine. Bref, mon oncle a certainement été une grande source d’inspiration autour de lui!

Sa fille Diane a également de bons souvernir de télévision avec son père lors des Olympiques : « Mon père avait non seulement des bons mots pour les gens, mais aussi pour tous les sports. Lorsqu’on disait qu’un sport était plate, il nous expliquait en quoi le défi consistait et trouvait toujours le moyen de vénérer l’athlète. Il avait un grand respect pour tous les sports. »

Pour ma part, j'ai des souvenirs impérissables des partys de famille. Lorsque Gaston était là, on pouvait être sûr qu'on aurait du fun! Il était toujours d'excellente humeur et faisait des farces toutes plus drôles les unes que les autres. Une grande partie de la magie de mes fêtes de Noël d'enfant reposait sur sa présence. Je m'ennuie beaucoup de lui.

Il y a six mois, quand j’ai commencé à m’entraîner pour mon marathon, je me suis mise à repenser beaucoup à mon oncle Gaston. La fois où je suis allée le voir à son marathon a laissé une très forte impression dans ma mémoire. J’ai beaucoup d’amis autour de moi qui sont marathoniens et qui m’inspirent. Ils me donnent le courage de foncer et de croire que je pourrai atteindre le fil d’arrivée. Mais les frissons d’émotion que je ressens en entraînement quand je pense au fait que je vais courir un marathon, c’est surtout à mon oncle Gaston que je les dois. C’est en le voyant courir que j’ai compris combien le marathon est une distance noble, mythique, héroïque. Je suis sûre qu’il ne sera pas loin de moi pendant le marathon, et je vais lui envoyer un beau merci lorsque je vais franchir le fil d’arrivée.

Mon oncle a commencé à courir à l'âge de 18 ans environ alors qu'il était au collège militaire. En 1979, il est entré au Club des coureurs de Saint-Bruno. Avant de tomber malade, c’est lui qui occupait la deuxième place pour le nombre de présence aux courses du club du mercredi soir (559 présences). Il a toujours été très impliqué dans son club. Quand il ne pouvait pas participer à une course à cause d’une blessure, il y assistait comme supporteur. Il a fait partie du conseil d’administration du club et était reconnu pour sa flexibilité, sa modération et sa capacité de conciliation.

Selon Robert, membre du Club des coureurs de Saint-Bruno : « Il était le bon gars, chaleureux, aimable, toujours de bonne humeur. Jamais il ne portait de jugement sur quelqu'un. Au contraire, il savait mettre en relief les bons côtés des personnes. Il était aussi le coureur qui a fait suer la plupart d'entre nous qui avons rêvé de le battre un jour ou l'autre. »

Et bon coureur il l’était! Jusqu’à tout récemment, je n’avais aucune idée des résultats de mon oncle en compétition. Eh bien j’ai su que son meilleur chrono de marathon était de 2 h 50! Pour ceux à qui ça ne dit rien, je peux dire que, moi, je vise 4 h 45, soit presque deux heures de plus que lui. Un chrono de 2 h 50, ça assure non seulement une qualification pour Boston, mais aussi pour New York. Bref, ce n’est pas loin d’un chrono d’athlète d’élite.

Mon oncle Gaston a continué de courir jusqu’au dernier moment. Il est décédé du cancer il y a sept ans. Suite à son départ, tous les membres du club ont porté ses initiales sur leur dossard lors du Marathon de Montréal en 2003.

C'est ce que je vais faire moi aussi le 5 septembre 2010.




* Je voulais faire un geste caritatif pour rendre hommage à mon oncle. Ma cousine m'a dit qu'il a organisé et participé à des courses de « lits ». Ce sont des courses par équipe avec des lits d'hôpital sur roulettes. À tour de rôle, un des coureurs prend place dans le lit et les 3 ou 4 autres poussent le lit. Ces courses étaient au profit de la Fondation de l'Hôpital Charles-Lemoyne. Je vais donc faire un don à cette fondation. Je vous invite, de votre côté, à faire un don à une association ou une fondation qui vous tient à coeur en pensant à une personne que vous aimez.

25 mars 2010

Marathon!

Élever un chien, je prends ça au sérieux! Depuis le 12 février (date mémorable où nous avons accueilli Oslo dans notre maison), je passe au moins trois heures par jour avec lui pour l’éduquer et lui faire faire de l’exercice. Nous avons terminé hier le cours d’obéissance de base, et Oslo a fait des progrès immenses depuis le début. Prochaine étape : le cours qui mène à l’examen Bon voisin canin, un examen que je conseille à TOUS les maîtres de chiens, soit dit en passant (j’en expliquerai la raison dans un autre billet)!


Oslo est un bon chien, mais il entre dans une période difficile, soit l’adolescence, qui n’est pas plus rigolote chez les chiens que chez les humains. Un exemple? Mon chien qui était jusqu’à maintenant parfaitement propre s’est remis à faire pipi dans la maison, y compris dans sa cage (ce qu’il n’avait jamais fait). Heureusement, j’étais avertie que ce genre de comportement pouvait survenir entre l’âge de 4 mois et demi et 1 an. J’ai tout simplement repris l’entraînement du début (rapetisser la cage, raccourcir les périodes hors de la cage, pauses pipi plus fréquentes, etc.) Depuis, plus de dégâts et un comportement exemplaire. Il est d’ailleurs allé chez le vétérinaire aujourd’hui, et elle n’en revenait pas de son tempérament calme et docile. Elle m’a dit qu’il était exceptionnel et qu’il ferait probablement un bon chien pour la zoothérapie ou d’autres activités du genre.

Bien entendu tout le temps et l’énergie que j’ai consacrés à mon chien ont dû être pris quelque part! J’ai donc diminué de beaucoup la course (mais j’ai marché énormément, tout de même) et j’ai aussi accepté pas mal moins de contrats. En outre, les chargés de cours de l’Université de Montréal sont tombés en grève à peine une semaine après l’arrivée d’Oslo. J'ai donc pu profiter d'un congé forcé de cours et de devoirs!

N’empêche que je commençais à avoir besoin de reprendre ma vie normale. Et cette semaine, j’ai fait un grand pas dans la bonne direction en recommençant à courir! Que ça m’a fait du bien! Je me sens heureuse et légère! Pour marquer la reprise de mon entraînement, je me suis inscrite au Marathon Oasis de Montréal, qui aura lieu de 5 septembre prochain. Et j’ai décidé de suivre à la lettre le programme de 24 semaines proposé sur le site du Marathon. Ce programme me convient très bien étant donné qu’il commence par une période de 8 semaines de remise en forme. Il m’aurait été impossible de me relancer tout de suite dans de gros volumes d’entraînement sans me blesser compte tenu de mon piètre niveau d’entraînement actuel.

Donc voici ce qui s’en vient pour moi côté course :

- 5 km de Lasalle ce weekend – Oh là là que je risque de faire mauvaise figure, mais je vais mettre mon orgueil de côté et voir cette course comme un bon entraînement en intensité.

- Demi-marathon de Montréal (18 avril)

- Demi-marathon Maski-Courons (8 août) – J’ai tellement vécu une mauvaise expérience l’an dernier qu’il faut que je me reprenne. De plus, cette course tombe à un moment propice dans ma préparation en vue du marathon.

- 5 km Endurance à DDO (18 avril)

- MARATHON DE MONTRÉAL!!! (5 septembre)

Pouvez-vous croire ça? Moi, je vais courir un marathon! Ce sera l’une des expériences sportives les plus importantes de ma vie!

1 janvier 2010

Marathon - Prise 2

J’ai annoncé dernièrement que je participerais au marathon du Vermont, mais j’ai changé d’idée. Je trouve ça trop tôt et je me suis rendue compte que c’est seulement deux semaines avant mon premier triathlon (Tremblant). De plus, mon nouveau coach de course ne m’encourage pas à faire un marathon tout de suite, car ma base aérobique est « sous-développée », et ma base de coureuse en général, fragile.

Mais je vais seulement repousser mon projet de quelques mois.

En effet, je souhaite vraiment faire mon premier marathon cette année, car cet événement me servira de prétexte pour amasser des fonds pour la Société canadienne du cancer. Un de mes oncles qui était un grand marathonien et skieur de fond est décédé du cancer il y a quelques années. Je l’ai vu courir un marathon quand j’étais petite et ça m’a fait une forte impression. Il me manque cet oncle, et je m’en veux de ne pas avoir assisté à ses funérailles. On dirait que je n’ai pas fait mon deuil, et je veux courir mon premier marathon en son honneur. D'autres personnes de ma famille sont atteintes du cancer présentement, et c’est aussi pour elles que je veux courir. J’ai de la difficulté à dire aux gens qui m’entourent que je les aime, et le fait de participer à un événement aussi exigeant que le marathon est ma façon d'exprimer combien je tiens à eux, même si, dans certains cas, je ne leur ai presque pas parlé depuis des années. J'essaie d’être un peu plus humaine, un peu moins détachée de tout. J'ai besoin de m'extirper de mon siège de spectatrice et de me mettre à agir avec les petits moyens que je possède. J'ai beaucoup de mal à m'approcher des gens, mais je suis capable de courir et de ramasser des fonds. Ça je peux.

Le marathon que j'ai choisi est celui de Montréal, qui aura lieu le 5 septembre prochain. Bien qu’on ne m’ait pas vanté tellement les qualités de ce marathon, il a une valeur mythique à mes yeux. C’est au marathon de Montréal que j’ai vu mon oncle courir. C’est le marathon de ma ville, une ville que j’aime énormément malgré ses défauts. Et j’ai besoin que plusieurs de mes proches puissent venir m’encourager. J’espère que mes parents seront là, ainsi que mon amoureux avec notre futur nouveau chien (qui sera encore un bébé tout énervé), peut-être aussi ma sœur et d’autres membres de ma famille et sûrement quelques amis coureurs.

Je trouve aussi que la description du marathon de Montréal qui figure sur le site de Runner’s World est assez alléchante :
The race offers its 1,600 participants a foot tour of the city, mixing modern attractions (the Biosphere, the Casino de Montreal, the Gilles Villeneuve Circuit racetrack) with historic monuments, cathedrals, and mansions. While the course is generally flat, you do need to be prepared for a gradual climb from about mile 15 to 18.5, and then another slope at 24. But the end is in sight-literally. From this hill, you can see the 1976 Olympic Stadium, where you finish with a lap around the track and feel like an Olympian as your image is displayed on the JumboTron. After you're done and cleaned up (showers are at the finish), indulge in "amazing foods worth splurging on," says McCann, who dined at some of the city's decadent restaurants on steak frites and foie gras.

Ça me tente vraiment moi de finir avec un tour de piste au stade olympique en frissonnant d’émotion parce que je serai sur le point de devenir une marathonienne.

Voici donc mon nouveau plan de compétitions de 2010 :
  • 20 février : Demi-marathon hypothermique
  • 28 mars : 10 km de Lasalle
  • 18 avril : Demi-marathon de Montréal
  • 16 mai : Course Pierrefonds Open (5 km)
  • 13 juin : Triathlon du Mont-Tremblant (sprint)
  • 8 août : Triathlon de Sainte-Agathe (1/30/8)
  • 18 août : Dollard-des-Ormeaux (5 km)
  • 5 septembre : Marathon de Montréal
  • 17 octobre : Classique du Parc Lafontaine (5 km)

Mon entraînement de cet hiver consistera surtout à travailler mon système aérobique. Pour ça, il faut que je coure hyper lentement. J’avoue que j’adore ça être « obligée » de courir lentement, parce que mes entraînements sont ainsi plus agréables et je suis beaucoup moins blessée qu’avant. Et quand il sera temps d’ajouter de la vitesse, je vais avoir la base qu’il faut pour me soutenir.

Sur ce, bonne année 2010 à tous! Je vous souhaite beaucoup de bonheur, et surtout la santé à vous et à vos proches!

11 décembre 2009

Aperçu de 2010

Je sais que je change vite d'idée, mais voilà. Cette année, je vais m’acheter un vélo et faire un triathlon. Je vais arrêter de dire que j’aime pas ça le vélo parce que c'est faux. J’aime ça, mais j'hésite à dépenser beaucoup d'argent sur la chose. Et puis, je suis paresseuse. Pas tellement envie d’apprendre à faire de la mécanique. Je me suis toujours un peu considérée comme une princesse, et les princesses ne font pas de mécanique (je constate d’ailleurs que mon statut de princesse est héréditaire parce que ma nièce a dit, pas plus tard que mardi dernier, qu’elle voulait devenir une princesse quand elle sera grande). Moi je ne demande pas mieux que de l’appuyer dans ses choix de carrière, quels qu'ils soient!


Bon, me voilà qui digresse. Alors je disais que j’allais m’acheter un vélo. Et je vais même apprendre à faire la mécanique de base et tout. Ce changement d'attitude s'est produit rapidement cette semaine, quand j'ai décidé de m'inscrire à un club de triathlon et que je me suis rendu compte que n’aurai pas à apprendre le « métier » de triathlète toute seule. À mon grand dam, je suis le contraire d’une autodidacte. J’apprends bien quand je suis encadrée, j’apprends rien quand je suis laissée à moi-même. Je ne suis pas sûre, sûre, mais mon petit doigt me dit que ce club offre quand même un bon soutien à ses athlètes. Après mon premier entraînement de natation, le coach nous a dit de ne pas oublier de nous alimenter dans les 30 minutes qui suivent notre sortie de la piscine, que c’était très important pour notre récup. Même si c’est quelque chose que je savais déjà, ça m’a fait plaisir qu’il dise ça, qu’il s’intéresse à notre récupération. Des fois, il n’en faut pas beaucoup pour me conquérir (sportivement parlant bien sûr).
Pour être sûre de pouvoir atteindre mes objectifs, je viens de m’inscrire au YMCA près de chez nous. Je vais pouvoir m’y entraîner jusqu’en mars en natation, en spinning et en musculation. Je vais même pouvoir y courir quand il fait trop mauvais dehors, car le centre est doté d’une piste de course intérieure.

Et je compte participer toutes les semaines à deux entraînements des Chickens : l’entraînement de natation du lundi et à l’entraînement de course du samedi. Au total, je vais courir de 3 à 4 fois par semaine, faire du spinning 1 ou 2 fois par semaine et nager 1 ou 2 fois par semaine.

Cette année, je vais aussi faire mon premier marathon. Mais je ne sais pas lequel ni quand. Stéphane va venir avec moi, alors peut-être qu’on va en choisir un dans un endroit pittoresque, question de combiner vie sportive avec vie amoureuse et voyage! Est-ce que ce sera Burlington? Chicago? Montréal? Tamarindo? Berlin? Minneapolis? Mount Desert Island? Ou New York si j’ai de la chance pour le tirage? Quel que sera mon choix, ce sera une expérience inoubliable. J'ai peur de ce premier marathon, mais je pense que j'y arriverai. Je vise quelque chose comme 4 h 30.

Voici le plan préliminaire de ma saison (sujet à de nombreux changements!)
- Demi-marathon hypothermique – 20 février 2010
- 10 km de Lasalle – 28 mars 2010
- Demi-marathon de Montréal – 18 avril 2010
- Marathon du Vermont – 30 mai 2010 (peut-être)
- Triathlon du Mont-Tremblant (sprint?) – 13 juin
- Triathlon de Sainte-Agathe (1/30/8?) – 8 août
- 5 km à Dollard-des-Ormeaux (à côté de chez moi!) – 18 août 2010
- Mount Desert Island Marathon – 17 octobre 2010

Il n'y a presque pas de 5 km dans mon calendrier, mais je compte en ajouter un ou deux dans la mesure du possible. J'aimerais beaucoup descendre sous les 24 minutes cette année.

Il ne me reste plus qu’à bien m’entraîner maintenant!

27 novembre 2008

Fin du repos!

Bon, je l’avoue, mon repos actif de deux semaines a duré huit jours. Cet après-midi, je suis allée courir 50 minutes durant lesquelles j’ai fait 4 sprints de 15 secondes à 50 % (le dernier, je l’ai terminé à 100 % pour voir ce que j’avais dans les jambes, ce qui est INTERDIT selon tous les bons livres de course…). J’ai donc encore une fois triché dans mon entraînement (qui selon le plan devait être de 35 minutes et comprendre 3 sprints de 15 secondes à 50 %). Lors de mon dernier entretien téléphonique avec mon entraîneur, il a pourtant insisté pour que je respecte « à la lettre » les entraînements prescrits, et j’étais résolue à l’écouter. En fait je suis encore résolue à respecter le plan, mais là, après huit jours de repos, j’avais une tonne d’énergie en banque à écouler et je me suis laissé aller.

En tout cas, mon entraînement a été des plus plaisants! Je ne regrette pas de m’être un peu éloignée du plan initial. De fins flocons mouillés tombaient du ciel, mais le sol n’était pas glacé du tout. Je suis allée courir le long du fleuve. Il ventait pas mal et il y avait de grosses vagues. C’était superbe. J’ai trouvé la première moitié de mon parcours un peu plus exigeante que la normale, car j’avais le vent de face, mais mon dieu que je me sentais bien! Étonnant, mais vrai, mes jambes étaient plus fatiguées que mon cœur! Aurais-je enfin un soupçon d’endurance cardiovasculaire? Même après mes sprints, je n’étais pas essoufflée. Quelle agréable sensation!

Cette semaine je suis allée voir mon ostéopathe dans l’espoir qu’il m’aide à régler mes douleurs aux genoux et à la bandelette illiotibiale. C’est un ancien coureur de 800 mètres et il court le marathon en moins de 3 h. Il m’a beaucoup parlé du marathon et m’a convaincue d’orienter mes efforts sur cette distance. Je pensais que pour une fille comme moi, il ne serait jamais possible de performer un tant soit peu au marathon, mais semble-t-il que les fibres rapides peuvent se transformer en fibres lentes, alors mon cas n’est pas désespéré. Depuis ce rendez-vous, je vois le marathon d’un tout autre œil. Je vais quand même faire un peu de 800 mètres comme prévu en début de saison, mais seulement pour le plaisir et pour améliorer ma vitesse avant la saison sur route. Ah! Et mes problèmes de genoux et de bandelette ne sont déjà plus qu’un vague souvenir. Je ne m’étirais pas assez!

Depuis mon dernier billet, j’ai déjà modifié mon plan dans ma tête. Nouveau plan : demi-marathon à l’automne 2009 et marathon dès que possible par la suite (probablement à l’automne 2010). Wow! Je vais peut-être devenir une marathonienne! Que c’est excitant!

Autre événement marquant de la semaine, j’ai rencontré une nutritionniste pour la première fois de ma vie! Elle s’appelle Catherine et elle m’a fait une forte impression. Je me suis toujours considérée comme un cas désespéré sur le plan de l’alimentation. J’ai des rages de cochonneries, je mange trop, je ne cuisine pas, je n’aime pas tellement ce qui est bon sur la santé. Pour Catherine, rien ne semble jamais problématique. Tu ne cuisine pas? Pas grave, je vais te donner une liste d’idées faciles! Tu es triste qu’on tue des animaux pour nourrir les humains, mais tu ne veux pas te passer complètement de viande? Pas de problème, on va te faire un plan semi-végétarien! Tu veux maigrir même si tu as un poids santé? Normal, tu es une athlète et pour courir le marathon vaut mieux peser un peu moins! Je me suis tellement sentie comprise! Et en plus, j’ai appris que la meilleure chose à ingérer tout de suite après un entraînement, c’est du lait au chocolat. C’est pas le bonheur ça?