Eh oui! Je ressens le besoin irrépressible d’écrire sur une émission de téléréalité. Qui l’eût cru?
J’ai découvert l’émission Mlle court la semaine dernière : huit filles qui s’entraînent pendant 14 semaines en vue d’accomplir un grand défi, celui de parcourir 650 km en 3 jours en se relayant les unes les autres.
De prime abord, le concept me laissait froide. Huit filles ensemble, ça risquait de me taper sur les nerfs. Une course à relais : bof. Je trouvais que ce n'était pas comme un marathon ou une course précise durant laquelle on vise un temps précis.
Mais tout de même, une émission sur la course et l’entraînement ce n’est pas si fréquent. Ma curiosité piquée, j’ai rigoureusement programmé mon Illico dans l’espoir d’être conquise.
Lors de mon premier visionnement (c’était déjà l’épisode 8), je me suis sentie un peu rebutée. Qui sont ces filles qui prétendent pratiquer MON sport? Elles crient trop. Elles rient trop. Elles prennent trop de place. Elles parlent trop. Elles pleurent trop. Je trouvais tous ces débordements d’émotion extrêmement envahissants. Et pourtant j’avais l’énorme barrière que représente mon téléviseur pour me protéger.
Mais une fois l’émission terminée, l’aventure que vivent ces filles m’est restée à l’esprit. Et j’ai ressenti le besoin d’écouter l’émission une autre fois. Maintenant que j’avais « apprivoisé » un peu les personnalités de chacune, j’ai pu m’intéresser à leur parcours en étant plus détendue. Et bang, je suis devenue accro.
Je me suis empressée d’aller écouter les premiers épisodes en ligne. Jusqu’à présent j’ai eu le temps d’écouter les deux premiers épisodes. Et j’ai découvert huit filles vraiment combatives, généreuses et fortes qui m’inspirent énormément. Étrangement, l’une des premières réflexions que je me suis faites – moi, la fédéraliste convaincue – c’est que j’accepterais bien de former un pays avec les autres Québécois s’ils ressemblaient tous à ces filles. De les voir s’épauler et travailler en équipe pour traverser difficulté après difficulté, c’est vraiment encourageant. Ça me donne beaucoup d’espoir pour l’avenir de notre peuple.
Puis, hier, j’ai écouté l’épisode 9. Première moitié, encore une fois très inspirante : les filles on relevé avec brio leur défi préparatoire qui consistait à se rendre de Montréal à Tremblant à relais. J’avoue que j’ai versé quelques larmes au fil de leur épreuve. Leur esprit d’équipe est formidable, leur dépassement de soi admirable. J’étais fière d’elles.
La deuxième moitié m’a jetée à terre. Quelques jours après le relais, alors que la plupart des filles exprimaient beaucoup de fierté et de joie après la réussite de leur défi, l’une d’elles s’est mise à exprimer des émotions très négatives. Elle était « fatiguée », « blessée » et « n’avait pas envie d’être là ». Elle était très centrée sur elle et s’est complètement détachée du groupe. Elle avait une horrible attitude passive agressive et n’acceptait pas de faire des efforts pour se remonter le moral. Oh que ça m’a dérangée! Cette fille m’a fait penser à certaines patientes que j’ai eues quand j’étais physio. Des patientes qui avaient tout le temps « trop mal », qui étaient tout le temps « trop fatiguées », qui ne faisaient jamais leurs exercices et dont l’état empirait constamment. Comme je suis une véritable éponge à émotions, ces patientes me transféraient très facilement tout leur mal-être. C’était très, très dur à porter pour moi. Je n’ai jamais appris à me protéger contre de telles personnes, c’est pourquoi je ne suis plus physiothérapeute.
Il faut croire que je ne suis pas la seule à trouver de telles attitudes lourdes à traîner, car le groupe a décidé de demander à la fille de se retirer du défi.
Je crois que moi-même, dans ma vie, j’ai déjà été comme cette fille négative. En groupe, je ne suis pas toujours à l’aise. J’ai de la misère à laisser de nouvelles personnes m’approcher. Quand je ne me sens pas bien, je me protège en restant à l’écart et en restant dans ma bulle. Peut-être que c’est ce que vivait cette fille.
Ce qui m’a beaucoup aidée, ce sont mes années de volleyball. Dans mon équipe universitaire surtout, j’ai vécu ce que c’était que de travailler en équipe, de s’oublier pour les autres et de tout donner pour le bien du groupe. Je me rappelle qu’au début de ma première année dans l’équipe, j’ai eu beaucoup de difficulté à m’intégrer. Pendant au moins le premier mois et demi, je devais prendre une grande respiration avant d’oser entrer dans la salle d’équipe (c’est là où on se préparait avant chaque entraînement). Puis, à un moment donné, j’ai apprivoisé les autres et elles m’ont apprivoisée. Et ça m’a permis de vivre de grands moments de bonheur. S’accomplir dans un sport individuel, c’est satisfaisant, mais réussir des exploits d’équipe, c’est atteindre des sommets d’euphorie. Je me trouve privilégiée d’avoir vécu ça, et je m’en ennuie beaucoup. Je suis heureuse de pouvoir vivre de belles émotions liées au travail collectif grâce aux filles de Mlle court.
Cette émission me donne le goût de participer à une course à relais du genre avec mes amis coureurs un jour.
Des partants?

