31 décembre 2012

Mes cinq trucs pour avoir du plaisir en agilité


1- Apprendre mon parcours, apprendre mon parcours, apprendre mon parcours : J’ai rapidement constaté que plus je connais bien mon parcours et mieux je prépare ma stratégie, plus Oslo connaît une course fluide et a du plaisir. On ne se prépare jamais trop, surtout quand on a peu d’expérience comme moi.  Ma routine : aller chercher la petite feuille qui décrit le parcours, tracer le parcours au stylo pour avoir une bonne vue d’ensemble des déplacements, apprendre le parcours par cœur, le visualiser les yeux fermés en faisant les mouvements avec le corps (c’est pareil comme en danse!), aller faire la reconnaissance physique du parcours au moment permis pour pouvoir apporter des ajustements à ma stratégie en fonction de l’emplacement exact des obstacles, revisualiser la course plusieurs fois encore par la suite. C’est beaucoup? Pour moi c’est nécessaire en tout cas!

2- Faire de petites pratiques courtes et efficaces : J’ai toujours de deux à trois objectifs avant de commencer un entraînement. Je mets vraiment l’accent sur ceux-ci. Il arrive souvent que l’entraînement ne dure que 10-15 minutes. J’arrête au moment où Oslo connaît un gros succès. Si jamais la pratique va mal et qu’on n’atteint pas les objectifs, je baisse mes attentes, et je termine sur une séquence facile super amusante pour Oslo. Comme ça, nous terminons quand même sur un succès.

3- Accorder énormément d’importance au conditionnement physique. Je suis maniaque sur ce plan. Déformation professionnelle? Probablement. En tant qu’ancienne physiothérapeute et ex-athlète, je pense constamment au conditionnement physique d’Oslo. Je tâche d’intégrer une variété d’exercices de renforcement, d’exercices d’endurance et d’exercices spécifiques à la vie d’Oslo. Je prévois également des journées de repos. Côté endurance, nous faisons beaucoup d’entraînement de course à pied, de canicross et de ski-joring sur des distances qui vont de 3 à 11 km. Côté renforcement, les exercices sont nombreux : frisbee, rapport de balle, jeux de poursuite avec d’autres chiens et exercices statiques (fait le beau, salut, allo/bye avec les pattes avant, monter les escaliers de reculons). Enfin, les exercices spécifiques sont des éducatifs d’agilité dans la cour (sauts avec virages serrés, sauts à différentes hauteurs, slaloms) ou bien sur le ring chez Guides canins (courtes ou longues séquences).

4- Gérer le stress d’Oslo en compétition : Il va sans dire que le contexte de compétition, c’est stressant pour un chien. Il y a généralement beaucoup de bruit et beaucoup de monde, le chien doit souvent rester seul dans sa cage, et son humain(e) est généralement plus stressé(e) qu’en temps ordinaire. Le meilleur truc pour faire baisser le stress selon moi (et selon certains experts)? Jouer beaucoup avec son chien. Avec Oslo, le tug est un jeu absolument essentiel pour faire baisser la pression. C’est aussi une récompense que j’utilise systématiquement après toutes les courses, réussies ou non. Mais vraiment, je n’attends pas à après une course pour faire tugger mon chien. J’utilise ce jeu à de très nombreuses reprises pendant une journée de compétition. Par ailleurs, plusieurs agilistes d’expérience que j’apprécie énormément m’ont fait remarquer que je passe vraiment beaucoup de temps avec mon chien durant la journée. On me recommande de le laisser davantage dans sa cage pour qu’il puisse se reposer et relaxer. Je crois bien que ces personnes ont raison. J’avoue que j’aime être avec mon chien tout le temps, et je sais qu’il n’aime pas beaucoup être laissé seul dans sa cage, mais cette année, je vais essayer de le laisser plus souvent se reposer pendant les compétitions. Ce serait sûrement mieux pour lui.

5- Toujours me rappeler que nous faisons cette activité pour le plaisir : Quand je pense à l’agilité, les mots suivants me viennent en tête : humour, jeu, folie, patience, enthousiasme, gratitude, exercice, synergie, équipe et respect. J’avoue que j’aimerais parfois avoir un chien plus rapide, plus agile, plus énergique et plus dynamique. Mais j’ai appris à travailler avec les lacunes d’Oslo et surtout à faire ressortir ses forces. Oslo a de très belles qualités : il est à l’écoute, il est prudent et il est extrêmement constant. Ça fait un chien qui ne fait jamais tomber de barres, qui ne manque jamais ses zones de contact ni ses entrées de slaloms et qui fait tout ce qu’il peut pour suivre mes instructions. C’est formidable ça quand même. Et la vitesse? On la travaille et elle s’améliore! Il y a une citation que j’aime bien qui provient du livre Jumping from A to Z : teaching your dog to soar (Christine Zink) : « You can’t be happy until you want the dog you have ».

Je suis extrêmement chanceuse de pouvoir pratiquer cette activité avec mon chien. Ça ressemble à de la danse. Pendant le parcours, je vois peu mon chien, car il généralement un peu dernière moi, mais je le sens. On bouge en synergie et c’est absolument formidable comme sensation.


Sur la ligne de départ au Championnat provincial. J'aime la posture d'Oslo. Il est fier et confiant.

Regard complice

Un beau saut lors de la première compétition extérieure d'Oslo. On voit qu'Oslo n'allonge pas ses pattes arrières complètement, mais j'ai appris que chaque chien a sa technique et qu'on ne doit pas essayer de changer ça. Mais on peut travailler l'aisance à sauter dans des situations variées. 

Il a une belle musculature mon chien, n'est-ce pas?

Concentration!


Les accomplissements d’Oslo cette année
  • Parcours qualificatif à notre toute première course au SNAC de Sherbrooke en avril 2012
  • 24 parcours qualificatifs sur un total de 37 courses (moyenne de 65 %) entre avril et novembre 2012
  • 4 titres : ADC, AGDC (titres novices), AADC (titre intermédiaire) et MADC (titre expert)
  • 3 parcours parfait sur 6 au championnat provincial, 8e position dans sa catégorie et qualification pour le championnat national
  •  Notre meilleure course : https://www.youtube.com/watch?v=cbfnPFQ_Ms8. Je suis contente de celle-là, car c’était la première fois que nous réussissions un steeplechase dans le temps permis.

9 décembre 2012

Un jour, je dirai « mes chiens »


Je ne sais pas si tu es déjà en vie quelque part ou si tu naîtras plus tard. Je ne sais pas de quelle race tu seras ni quelle sera ton histoire. Je sais juste que je t’attends.

Je ne sais pas si tu auras peur du tonnerre, si tu sera casse-cou ou si tu aimeras un peu trop creuser des trous. Peut-être seras-tu trop énervé ou trop facilement déconcentré. Mais je ferai tout ce qu’il faut pour t’aider à surpasser tes difficultés.

Je ne sais pas si tu sauras amadouer Billy ou si tu partageras ton coussin avec Chopin. Je ne sais pas non plus quels seront vos jeux préférés à Oslo et toi et quels mauvais coups vous allez inventer. Mais je sais que vous parviendrez à vous apprivoiser.

Il est certain que tu feras des sports canins. Tu essaieras l’agilité, le canicross, le frisbee, le freestyle et le flyball! Deviendras-tu un champion, une vedette, une star? Ou seras-tu simplement mon petit clown à moi. Eh bien, seul l’avenir nous le dira. Mais quoi que tu fasses, je serai toujours très fière de toi.

Je pense à toi souvent. Quand je te verrai, je te reconnaîtrai.



(En mots clairs, eh non, je ne sais toujours pas quel type de chien j'adopterai. Je sais que je ne suis pas encore prête à me lancer. Mais mon dieu que j'y pense souvent. J'ai beaucoup de craintes, mais j'anticipe aussi beaucoup de plaisir et de bonheur. Présentement, j'hésite entre un Border collie ou un Dalmatien adopté auprès d'un très bon éleveur, ou encore un jeune chien en adoption dans un refuge comme Animatch, Rosie ou le Repaire de Sasha. J'envisage aussi de regarder du côté des refuges spécialisés dans les Borders collies. C'est long ma réflexion, mais j'ai besoin de passer par ce processus. On dirait que le fait de ne pas avoir d'enfants me fait accorder une importance très particulière à l'adoption de mon prochain chien. L'adoption d'Oslo fut l'un des plus beaux moments de ma vie, et je crois que ce sera le cas aussi pour le deuxième. Ça m'apporte beaucoup de plaisir de rêver à tout ça.) 

23 novembre 2012

Le processus est commencé


Quand on songe à adopter un nouveau chien, on commence déjà à rêver de ce que la vie sera avec lui ou elle dès qu’on voit les premières photos.

Par exemple, dimanche prochain, je rencontre Bonnie, une chienne de 3 ans en adoption chez Rosie. Selon ce que j’ai compris, cette chienne a touché tout particulièrement la directrice de Rosie, et les bénévoles de l’organisme cherchent la famille de rêve pour elle. Rien de moins.

J’ai vu les photos de Bonnie sur le site de Rosie et le site de la photographe de Rosie (http://www.simplephotos.ca/2012/09/bonnie/ et http://www.rosieanimaladoption.ca/dogs-for-adoption/bonnie-the-collie-x/)  il y a quelques semaines. Son regard doux et enjoué et son allure athlétique m’ont frappée. Une grande sensibilité semble se dégager d’elle également. Évidemment, il y a son histoire qui m’a émue aussi. Bonnie a été trouvée attachée à un arbre au parc dans un très piteux état. Elle avait des puces et des problèmes de peau. Une otite aussi je crois. Son poil était terne et clairsemé. Elle a été amenée à la fourrière. La directrice de Rosie (Anne) qui fait régulièrement le tour des fourrières pour y trouver des chiens à sauver s’est arrêté devant la cage de Bonnie. Le responsable de la fourrière a indiqué qu’il s’agissait d’un chien âgé et malade. Mais Anne avait une autre impression. Elle y a vu un peu son ancien chien, un Collie, et a entrevu de quoi pourrait avoir l’air Bonnie si elle retrouvait santé et confiance en elle. Anne est revenue chercher Bonnie le lendemain et a su, pendant l’évaluation chez le vétérinaire, qu’elle avait environ 3 ans. Peut-être même moins que ça.

Bonnie a été mise en famille d’accueil. Elle aurait de très belles aptitudes athlétiques et serait extrêmement douce et gentille. Elle souffre cependant d’anxiété de séparation, ce qui n’est pas très surprenant vu son passé. C’est cependant un problème qui devra être réglé rapidement.

Je ne sais pas si j’aurai un coup de foudre pour Bonnie. Et ce n’est pas grave du tout si ça ne clique pas. En effet, ce sera tout de même une expérience positive pour elle de venir marcher avec Oslo et moi et je jouer un peu dans la cours avec nous. Si ça ne clique pas, ce n’est pas grave. Je suis sûre que les bénévoles de Rosie finiront par lui trouver la famille parfaite.

Cela dit, la « maman d’accueil » de Bonnie débordait d’enthousiasme devant ma candidature comme famille d’adoption pour elle. Elle croit que Bonnie serait très heureuse comme athlète bien entraînée.
Et moi, eh bien, j’aimerais beaucoup ça donner une deuxième chance à un chien qui a eu de mauvaises expériences. Je l’imagine sensible et un peu anxieuse, comme Oslo et moi, et aussi très attentive et pleine d’énergie. Semble-t-il que Bonnie, dès le premier jour en famille d’accueil, a eu un plaisir fou à attraper une balle de tennis au vol et à la ramener gentiment aux pieds de la personne qui lançait avant de reculer de deux pas pour recommencer le même manège. Ça veut dire qu’il y a déjà quelqu’un qui lui a montré ça et qui a pris le temps de jouer avec elle quand elle était plus jeune. Elle n’a peut-être pas été complètement négligée toute sa vie.

Je pense que ça prendrait une bonne année avant que Bonnie soit capable de compétitionner en agilité ou de faire des spectacles de freestyle. Et il est certain que je devrai l’habituer graduellement à toutes sortes d’environnements. Je compte continuer le travail de la cage, mais seulement en contexte de succès. Je n’ai pas l’intention de la laisser brailler des heures là-dedans. Ça va être rentre sort. Rentre, attends deux secondes, sort. Rentre, attends, ferme la porte, ouvre la porte, sort, et ainsi de suite jusqu’à temps qu’elle puisse y rester plus longtemps. Je vais aussi travailler le fait de la laisser seule dans la maison avec Oslo et sans Oslo. Au début, ce sera deux secondes, et on augmentera graduellement. Encore là, je vais m’arranger pour ne pas qu’elle ait l’occasion de « pratiquer » la montée de panique. J’aime mieux bâtir sa confiance de succès en succès. Comme je travaille de la maison et que je ne suis jamais obligée de sortir longtemps, je pourrai travailler de cette façon.

Côté entraînement, on fera beaucoup d’obéissance au début (avec clicker), ainsi que de longues marches. On commencera ensuite la course graduellement et l’agilité graduellement aussi. Je vais la faire sauter très bas pendant un bout de temps, question qu’elle ne prenne pas de mauvais plis techniquement et qu’elle ne se blesse pas. On m’a dit qu’elle avait une impulsion phénoménale, mais on n’en tirera pas parti tout de suite. Je tiens à l’entraîner parfaitement bien et à prendre mon temps. J’espère pouvoir lui faire, faire du freestyle assez rapidement aussi. Comme les premières semaines seront beaucoup consacrées aux commandes de base et aux petits tours d’adresse, je crois que je pourrai rapidement lui monter une petite chorégraphie.
Évidemment, j’espère qu’Oslo et elle auront envie de jouer ensemble. La poursuite et la lutte sont de bons exercices musculaires et de coordination à mon avis. Chose certaine, Oslo continuera d’avoir beaucoup de mon attention. C’est mon champion d’amour, et il aura des tonnes de nouvelles choses à apprendre toute sa vie.

Comment est-ce que je vois Bonnie dans l’avenir? Une grande championne d’agilité, ça c’est sûr. Une coéquipière d’Oslo pour le canicross et le ski-joring. Une affectueuse amie sur le divan quand j’écoute un film. Une belle championne de frisbee. Et une émouvante partenaire de danse lors de nos spectacles de freestyle. J’en demande beaucoup? Je ne sais pas. C’est ce dont je rêve en tout cas.
Alors voilà ce qui me passe par la tête quand je songe à adopter un chien. Je fais des tas de plans. Je commencer à tenter de résoudre les problèmes à l’avance. Je l’imagine avec nous dans diverses situations courantes.

Et pourtant, je pense qu’il n’y a que 10 à 20 % de chances que Bonnie soit « mon chien ». Je ne le saurai pas tant que je ne l’aurai pas vue. Ça peut sembler cruel de rencontrer un chien et de décider de ne pas l’adopter. Mais elle, Bonnie, elle ne le sait pas. Elle pense que c’est juste une sortie ordinaire. Une « play-date » avec un autre chien.

Et si Bonnie est « mon chien », il faudra aussi que mon amoureux l’aime suffisamment pour avoir envie de l’accueillir dans notre maison. C’est très important ça aussi!

Ça gruge beaucoup d’énergie de penser à tout ça!

6 octobre 2012

Cani-course de Bromont!


Deux ans après avoir commencé le canicross avec Oslo, nous avons enfin participé à notre première course officielle : la Cani-course Sirius Sports Canins. Mais quelle belle expérience! L’endroit était ma-gni-fi-que. C'était au Parc équestre olympique de Bromont (là où ont eu lieu des épreuves équestres lors des Jeux de 1976). Le départ se faisait près du terrain de sauts d’obstacles. Nous passions ensuite à côté du terrain de concours complet (genre de course cross-country de chevaux, si j’ai bien compris) avant d’entrer dans la forêt. Aujourd’hui, il pleuvait pas à peu près alors la surface de course était très difficile. Il y avait des grosses flaques d’eau, des trous de bouette, du gazon super mou et détrempé, des roches glissantes, des feuilles glissantes, de la terre glissante (ceux qui me connaissent auront certainement déjà deviné que je suis évidemment tombée en pleine face : genou qui saigne et mains pleines de terre pis toute). Mais la pluie rendait l’aventure tellement plus palpitante que s’il avait fait beau. Il y avait un nuage de brume sur la montagne et au-dessus du lac. Magnifique, je vous dis!

Et, et, et… Oslo a tiré comme un champion. Pas juste un peu là. Il me tirait de toutes ses forces pour aller rejoindre les autres chiens devant. J'avais l'impression de voler! Même quand je suis tombée, il a fait un peu le saut, mais il ne m’a pas prise en pitié pantoute. Il m’a juste dit : « Vite, vite, vite, les autres chiens sont en train de nous semer! » Alors je me suis relevée tout de suite. On a continué de courir de toutes nos forces. J’étais très essoufflée! Et j’avais les jambes très fatiguées parce qu’il y a quand même eu une longue montée sur les sentiers en forêt. Pas habituée à ça moi! Dès le 3e kilomètre, je n’avais plus de jambes!

Petite anecdote : à la toute fin, nous recroisions de nouveau le fil de départ, mais il restait encore genre 600 mètres avant le fil d’arrivée. Eh bien, dès qu’il a mis les pattes à cet endroit, Oslo a stoppé net et ne voulait plus du tout avancer. Il était sûr de son coup, lui, que c’était fini. Nous étions de retour là où nous étions partis. J’avais beau l’encourager, rien à faire. Alors j’ai mis le bungee à son collier et on a marché un peu. Je lui ai donné une croquette. Puis il a fini par voir que les autres chiens tournaient à gauche, vers là où était l’auto, et il s’est remis à courir, alors j’ai rattaché le bungee à son harnais. Et on a fini en beauté. Il est cute mon chien, parce que  des fois il pense vraiment très fort qu’il a raison, même quand il est dans le champ. Pareil comme moi J!

J’ai aussi vu mes amis des Canisportifs. Ça faisait si longtemps. On a pris une belle photo de groupe!  

Les Canisportifs devant le beau paysage brumeux!

Même si c'est flou, on le voit dans ma face que je trippe!

Sortie de la forêt! On n'était pas trop sûrs de la direction à prendre...

Oslo pense que c'est peut-être à droite qu'il faut aller. 

5 septembre 2012

Je suis un chien d'agilité

Ça y est! Je ne suis vraiment plus un bébé. Je suis capable de faire des compétitions d'agilité comme un champion. Je suis maintenant un expert.

L'agilité c'est un sport d'équipe. Geneviève est responsable d'apprendre les parcours par coeur et de déterminer la stratégie, et moi je suis responsable de franchir les obstacles que Geneviève m'indique et de courir vite, vite, vite. Moi, je ne connais pas les parcours d'avance. C'est toujours une surprise. Alors je dois être bien attentif! Geneviève dit que c'est pareil comme la danse sociale. Il y a le meneur, qui décide des mouvements à faire et il y a le guidé, qui doit réagir aux mouvements de son partenaire presque instantanément. Et ainsi, on forme un tout.

Les compétitions d'agilité, ben c'est très stressant. Il y a des chiens partout. Et il faut souvent que j'attende tout seul dans ma cage dans des endroits bruyants que je ne connais pas. Et surtout, je sens que Geneviève est angoissée. Elle n'aime pas ça rater alors elle est très concentrée et elle visualise les parcours des dizaines de fois. Je la vois faire. Elle essaie de me calmer en me donnant des gâteries, en me parlant doucement et en jouant beaucoup avec moi, mais moi je le sais que le moment est important et qu'il faut que je me force encore plus que d'habitude. Pis là, tout d'un coup, c'est presque notre tour. Geneviève prend une poignée de fromage et elle me fait faire toutes sortes d'exercices d'obéissance et de la course d'un côté et de l'autre pour s'assurer d'avoir toute mon attention. À ce moment là, on est tous les deux très survoltés. Notre coeur bat vraiment vite. Et là, ouf! On entre sur le ring. Geneviève m'enlève ma laisse. Elle me dit de rester assis là sans bouger en attendant qu'elle aille se placer plus loin. Ça c'est dur parce que je suis au comble de la nervosité. J'ai le goût de partir très vite pour sauter tout de suite par dessus les obstacles. Des fois aussi, j'entends des bruits ou je sens des odeurs qui me donnent le goût d'aller vérifier de plus près avec mon nez. Heureusement, quand Geneviève voit que je suis déconcentré, elle vient me rassurer et elle ajuste sa position de départ pour être plus près de moi. Et puis elle dit Go! Et on part à courir très vite. Geneviève cours de toutes ses forces et moi je la suis de toutes mes forces. Des fois, je grogne d'effort. Après avoir tout fini, Geneviève est toujours contente. On joue beaucoup, je mange plein de fromage et on va marcher un peu. Là on relaxe et ça fait du bien. On est fiers de nous et on se regarde souvent, souvent en souriant.

La semaine dernière, c'était la compétition de Guides canins à Saint-Lazare. Je connais bien cet endroit. On s'entraîne là. On a fait 10 courses en tout et on a fait 9 courses parfaite sur 10! Geneviève n'en revient pas encore. Elle dit que c'est la réalisation sportive dont elle est le plus fière de toute sa vie! Avec toutes ces courses réussies, on a vite grimpé de niveau. On avait fini nos titres novices ce printemps, et là on a eu notre titre avancé pour les parcours standards. Ça veut dire qu'on a monté dans la catégorie Expert! Ça c'est l'fun! On a pu faire notre première course expert et on a fait encore une course parfaite! Et on est arrivés deuxièmes en plus! Geneviève avait tellement bien appris le parcours de cette course qu'elle s'en souvient encore parfaitement plusieurs jours plus tard. Je pense que Geneviève est bonne pour apprendre et visualiser les parcours. Moi ça m'aide parce qu'elle n'hésite pas alors je sais toujours exactement où aller!

Je suis fier quand on fait de belles performances de même! Mais, en fait, moi je ne le sais pas vraiment si on rate. À moins que ce soit très évident, comme si je fais tomber une barre. Geneviève fait toujours semblant que j'ai super bien fait ça. Elle est vraiment tout le temps gentille et elle veut juste que je profite pleinement de toutes les secondes de ma vie de chien.

L'agilité, moi je trouve que ça nous rend vraiment complices. On est une équipe vraiment formidable. Et j'ai juste 2 ans 1/2. On a plein de temps ensemble encore.  

23 août 2012

On veut un Québec fort? La solution pourrait bien résider dans l’habileté à discuter politique!


J’ai récemment eu la chance de participer à l’école d’été du CERIUM intitulée « Modèle scandinave : les outils du succès ». Si un élément est ressorti de l’ensemble des séminaires auxquels j’ai assisté, c’est bien le rôle primordial qu’ont joué les compétences civiques de la population dans les nombreuses réussites des pays scandinaves. La réforme de la santé suédoise s’est soldée par un grand succès? La gestion pétrolière de la Norvège suscite l’admiration du monde entier? La Finlande possède le meilleur système d’éducation au monde? Chaque fois, on en revenait au même constat : avant l’adoption des mesures qui ont donné d’excellents résultats, il y a eu d’intenses discussions populaires. Les mesures adoptées n’ont pas été « imposées par le haut », elles ont plutôt été acceptées par la population dans son ensemble avant d’être mises en œuvre. Que les citoyens des pays scandinaves s’intéressent aux questions sociales et politiques, qu’ils soient assez informés pour en débattre et qu’ils en arrivent à des consensus et à des actions concrètes a de quoi surprendre lorsqu’on adopte le point de vue nord-américain, même si c’est celui de la sociodémocrate belle province.

Au Québec, depuis deux ans, l’intérêt pour la politique semble aller croissant comme en témoignent divers mouvements populaires tels que « Occupons Montréal », les contestations contre l’exploitation du gaz de schiste et le « printemps érable ». Au cours des derniers jours, on a pu constater une grande effervescence autour de la campagne électorale provinciale et des débats entre les chefs de parti. Les gens discutent politique plus que jamais et confrontent leurs opinions. Excellent! Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud et canaliser toute cette belle énergie pour arriver à des résultats. Si je reproche une chose aux mouvements de contestations des deux dernières années, c’est qu’ils se sont faits sous le signe de la colère et qu’ils semblent s’être retournés contre de grands pans de la population. Le chaos, l’émotivité ont régné. On a insulté la « majorité silencieuse » au lieu de la séduire. Ça n’a pas donné de bons résultats. On a besoin de tout le monde pour réussir.

Vous voulez savoir pourquoi ça marche dans les pays scandinaves et pas ici? Tout passe par l’éducation, en particulier l’éducation des adultes. Là-bas, depuis la fin du 19e siècle, la population participe massivement à des « cercles d’études ». Ce sont des cours d’éducation des adultes sur des sujets très variés qui sont organisés dans toutes les communautés. Ces cercles d’étude peuvent porter sur des sujets très variés (p. ex., politique, langues, institutions syndicales, arts, jardinage, philosophie), mais ils tous le même objectif : amener les participants à acquérir des connaissances, et surtout, à former leur esprit critique, leur pensée indépendante et leur capacité à discuter. Les groupes sont petits, et chaque participant joue une part active dans le déroulement des séances. Le taux de participation à ces groupes est très élevé : en Suède, par exemple, environ 75 % des adultes avaient assisté à au moins un cercle d’études au cours de leur vie! Il est à noter que lorsque des événements majeurs se produisent dans la communauté ou dans le pays (comme des élections ou de grandes réformes), ces cercles d’études sont des endroits privilégiés pour la discussion. Toute la population est donc informée de ce qui se passe et est capable d’en discuter objectivement, de manière éclairée.

Un autre élément m’a surprise. Selon diverses études, la lecture des journaux est un facteur favorisant l’acquisition des compétences civiques, alors que la consommation télévisuelle est un facteur nuisant à l’acquisition des compétences civiques. Or les Scandinaves sont parmi les plus grands lecteurs de journaux du monde, et ils écoutent peu la télévision.  Au Québec, on lit au contraire peu les journaux (moins que dans le reste du Canada) et on note une forte dépendance télévisuelle (plus que dans le reste du Canada). C’est un signal d’alarme à ne pas ignorer, car « dans les pays où ce type de compétence est faible, les groupes économiquement défavorisés ont du mal à défendre leurs intérêts parce que la faiblesse de leur formation civique les exclut le plus souvent de la vie publique1 ». C’est peut-être ce qui explique qu’on entend beaucoup de colère, beaucoup de bruits de casseroles, mais vraiment pas assez d’arguments objectifs, solides et convaincants.

Mais pourquoi sont-elles si importantes les compétences civiques? Eh bien, elles amènent la population à faire les meilleurs choix politiques possible grâce à une bonne connaissance des enjeux. Et ces choix politiques optimaux entraînent systématiquement une amélioration des conditions socio-économiques en plus d’appuyer encore davantage le développement des compétences civiques. Selon les conclusions du rapport final de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes (EIAA), « les sociétés démocratiques jouissant d’une distribution équitable des ressources intellectuelles jouissent également d’une répartition plus équitable des ressources matérielles2 ». Comme une société égalitaire est fortement associée à de bonnes performances pour de nombreux indicateurs économiques et sociaux, il va sans dire que la question du développement des compétences civiques et de l’éducation des adultes est cruciale.

Certains participants de l’École d’été du CÉRIUM sur les pays scandinaves l’ont exprimé : des séminaires comme ceux auxquels nous avons participé, laissant beaucoup de place aux interactions et aux discussions respectueuses, contribueraient à rehausser nettement le niveau de compétences civiques et permettraient sans doute aux Québécois de trouver des solutions novatrices et efficaces pour le Québec. Reste à savoir comment il serait possible d’organiser à vaste échelle des « cercles d’études » dans toutes les communautés du Québec. Mission impossible? Peut-être pas. Mais il faudrait agir maintenant. Il s’agit peut-être seulement de faire prendre conscience à tout le monde de l’importance de l’éducation des adultes. Il y a toutes sortes de cours qui se donnent dans toutes les communautés du Québec. L’important, c’est de pouvoir se regrouper et de discuter. Ce n’est pas si compliqué.

Chose certaine, ma participation à l’école d’été du CERIUM m’a amenée à modifier mes opinions politiques. Oh! Je suis encore plutôt de droite, mais j’accepte mieux les opinions politiques des autres. Je pense que nous souhaitons tous le bien du Québec et que nous avons avantage à collaborer plutôt qu’à nous affronter pour trouver les meilleures solutions possibles. J’ai eu de belles discussions avec des gens de toutes allégeances. Et je vois d’un meilleur œil les manifestations qui se sont produites ce printemps et cet été parce que je crois qu’elles sont le reflet d’un engagement politique très louable (quoique mal canalisé selon moi).

Pour ma part, j’ai décidé de m’inscrire à un groupe de réseautage dans ma communauté. Parce que je sais maintenant qu’un avenir radieux pour le Québec passe nécessairement par la formation continue et la discussion entre concitoyens. Les personnes bien formées sont capables de faire valoir leurs intérêts efficacement. C'est ce qu'il faut retenir je crois.


1- Milner, Henry (2004), « Chapitre 15 – Compétences Les défis du Canada et du Québec au XXIe siècle ». La compétence civique. Comment les citoyens informés contribuent au bon fonctionnement de la démocratie, Québec, Les Presses de l’Université Laval, p. 305.

2- Milner, Henry (2004), « Chapitre 1 – Usage et abus du capital social ». La compétence civique. Comment les citoyens informés contribuent au bon fonctionnement de la démocratie, Québec, Les Presses de l’Université Laval, p. 31.

4 juillet 2012

Le système d'éducation finlandais (primaire et secondaire)

Avant de commencer, je me dois bien sûr de donner des nouvelles d’Oslo! Eh bien, sa première semaine à vie à rester tout seul à la maison le jour se passe très bien. Je suis soulagée de voir que je peux partir et qu’il n’en semble pas plus malheureux! Il faut dire que j’ai un amoureux en or qui passe à la maison à l’heure du dîner pour jouer un peu avec lui et le faire sortir pour son pipi. Et je fais une marche d’une heure avec Oslo le matin vers 6 h 15 et une autre d’au moins une heure le soir. C’est une routine qui va bien. Je crois même que je n’en mourrais pas si je dois un jour me remettre à travailler en entreprise. C’est un grand soulagement!

Passons maintenant aux choses sérieuses. Aujourd’hui, durant l’école d’été sur les pays scandinaves, nous avons parlé du système d’éducation en Finlande. C’est bien connu, les Finlandais se classent parmi les premiers au monde depuis près d’une décennie en matière d’éducation (résultats aux tests PISA en lecture, en mathématiques et en sciences menés auprès des jeunes de 15 ans).

La Finlande faisait pourtant piètre figure en matière d’éducation jusqu’au milieu des années 90. Sous le joug de la Russie depuis longtemps, la Finlande était un pays très pauvre. Avant la chute de l’URSS, elle avait un partenaire commercial solide en la Russie, mais avec l’ouverture des frontières elle l’a plus ou moins perdu. Pour redresser leur économie, les Finlandais ont examiné les études scientifiques et ont constaté que pour avoir un système économique fort, il fallait une population très bien éduquée. Ils ont donc tout mis en œuvre pour se doter du meilleur système d’éducation possible. Une grande réforme a été mise en place avec le plus grand soin et a donné des résultats spectaculaires.

Voici quelques caractéristiques de la situation finlandaise en éducation :

- Les enfants entrent en 1re année à l’âge de 7 ans, soit un an plus tard qu’ici.

- Il n’y a pas d’évaluation ni de bulletin avant la 5e année du primaire.

- Il est obligatoire de formuler tous les commentaires aux élèves de manière encourageante, y compris dans les rapports envoyés aux parents (c’est écrit dans la loi!). Par exemple, le professeur écrira : « Mathieu sait compter jusqu’à 100 », même si les objectifs pour son âge étaient de compter jusqu’à 200. Il importe que les enfants se sentent compétents.

- Tout le matériel scolaire, stylos, manuels et ski de fond compris, est gratuit jusqu’à la fin du secondaire.

- Un dîner chaud est servi à tous les élèves.

- La technologie occupe une très grande place dans les classes (p. ex., tableaux numériques interactifs depuis 1998).

- La méthode d’enseignement est socioconstructiviste, une méthode réputée pour être extrêmement efficace. J’explique. On s’est un jour rendu compte que les personnes âgées qui préservaient le mieux leurs capacités cognitives étaient celles qui continuaient de vivre entourées de gens avec qui interagir et discuter. On a ainsi découvert que les contacts sociaux stimulent l’apprentissage et la rétention. D’ailleurs, c’est cette méthode (qu’on appelle aussi « apprentissage par problèmes ») qui est utilisée avec le plus grand succès depuis au moins quinze ans à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (meilleure faculté de médecine au Canada) et dans la Faculté de génie de la même université (meilleure faculté de génie de l’Amérique du Nord – mon amoureux a étudié là!). Dans un classe universitaire de médecine, le professeur commence par soumettre un cas aux élèves, par exemple une patiente qui dit avoir une grippe depuis trois mois. Les étudiants doivent écrire individuellement les questions qu’ils poseraient à la patiente pour savoir ce qu’elle a. Ensuite, ils se mettent deux par deux, discutent de leurs questions et doivent se mettre d’accord sur un plan d’évaluation, puis ils discutent à six et présentent leurs conclusions au reste de la classe. Les étudiants auront alors fait ressortir diverses hypothèses (allergies, MPOC, etc.). Ensuite, le professeur donnera des cours magistraux sur les thèmes abordés (p. ex., un cours en immunologie, un cours en pneumologie, etc.) Il semble que la rétention soit ainsi maximisée. Les mêmes principes peuvent être appliqués à tous les niveaux de scolarité. 

- Les professeurs sont triés sur le volet. Seulement 10 % des étudiants qui font une demande d’admission en enseignement sont admis. Ils doivent démonter de très nombreuses compétences, y compris un engagement social exceptionnel, notamment auprès des enfants. La scolarité est de cinq ans (maîtrise). La profession d’enseignant est très prestigieuse et très respectée en Finlande.

- Les enseignants ont une très grande autonomie dans leur classe. L’État n’établit que de grands principes. Ce sont les enseignements qui rédigent eux-mêmes les programmes pour leur école.

- Il n’y a à peu près pas de classes spéciales. Les enfants qui ont des difficultés sont pris en charge très rapidement pas des orthopédagogues.

- Le système d’éducation finlandais ne coûte pas plus cher que celui du Québec.

- Les enfants ont peu ou pas de devoirs à faire à la maison.

- Les parents finlandais sont généralement de retour à la maison avant 16 h 30 et passent leurs soirées à jouer et à faire du sport avec leurs enfants.

- Le souper en famille est sacré en Finlande. (D’ailleurs saviez-vous que le meilleur facteur prédictif des compétences en lecture est le fait de souper en famille le soir? En effet, les soupers autour de la table favorisent le récit et le débat, deux éléments qui stimulent l’intérêt pour la lecture. Et ce sont les enfants qui ont les meilleures compétences en lecture qui obtiennent les meilleurs résultats en sciences. Tout se tient.)



Et vous, que pensez-vous du modèle d’éducation finlandais?


* Source de l'information présenté ci-dessous : École d'été du CERIUM sur la Scandinavie 

La Scandinavie et l’éducation : la Finlande à l’avant-garde

Suzanne Tremblay, Directrice à l’École des Découvreurs