3 juillet 2012

Création du modèle scandinave

Je n’ai pas été capable de bloguer comme prévu hier soir parce que j’ai passé trois heures avec Oslo. C’est rare que je le laisse seul une journée de temps, alors les retrouvailles ont été heureuses! Nous sommes allés faire de l’agilité, du frisbee et de la marche. Il a réussi de nouvelles choses très difficiles à distance et nous avons eu énormément de plaisir!

Alors j'écris sur mon heure du dîner pour me rattraper. Je n'ai pas beaucoup de temps alors je vous donne l'information un peu pêle-mêle!

Dans les commentaire de mon dernier billet, certains ont voulu m’avertir du fait que tout n'est pas rose dans les pays scandinaves. Mais bien sûr. Cela dit, ces pays se classent tout de même dans le peloton de tête de tous les palmarès : santé économique, taux d’emploi, productivité, investissements étrangers, honnêteté, égalité homme femme et égalité dans l’ensemble de la population et même, indice du bonheur! Il ne fait aucun doute qu’on a intérêt à observer ce qui se fait là-bas.


Je tiens à souligner que nous n’étudions pas tellement la Norvège dans le cadre des conférences, car en raison de sa richesse en pétrole (et l’effacement de la dette qui en a résulté), elle est vraiment très riche et peut se permettre toutes sortes de programmes très chers et pas nécessairement efficaces (quoi que pas si mauvais non plus). La Suède, le Danemark et la Finlande, quant à eux, arrivent à obtenir d’excellents résultats sans profiter d’une telle richesse.

La naissance du modèle scandinave
Évidemment, je ne peux passer sous silence la création du fameux modèle scandinave en Suède dans les années 50. On était juste après la guerre, et la Suède étant restée neutre pendant celle-ci, elle n’avait pas trop souffert. Ses industries étaient fonctionnelles et elle était bien placée pour commencer tout de suite à vendre ses produits sur les autres marchés. De plus, avec l’application du plan Marshall en Europe pour aider les pays occidentaux à se relever, la situation était particulièrement propice à la croissance. Malheureusement, la Suède manquait cruellement de travailleurs formés. Pour ne pas nuire aux exportations, il fallait empêcher une trop grande inflation (ce qu’aurait causé la hausse des salaires nécessaire pour attirer les travailleurs formés par les entreprises). Il a donc été décidé de tout miser sur les entreprises performantes et de carrément laisser mourir les entreprises non susceptibles d’être concurrentielles à l’échelle mondiale. Tous les travailleurs ont été dirigés vers les entreprises performantes. Beaucoup de gens ont dû déménager et surtout être formés pour travailler dans de tout nouveaux domaines. L’effet a été formidable. C’est à ce moment que la société suédoise est devenue vraiment égalitaire. Et tout ça s’est fait à l’intérieur de l’économie de marché sans intervention directe de l’État! Il y a eu énormément de rencontres avec la population pour lui expliquer la situation. La population a été convaincue, et le changement s’est fait très rapidement, malgré des inconvénients majeurs pour bien des gens. Il est à noter que ce sont deux économistes à la tête du plus grand syndicat de l'époque qui ont mis sur pied ce modèle.

Les syndicats
Ici, comme vous le savez, les syndicats suscitent la méfiance d'une partie de la population à cause de leur corporatisme. Ils ne sont pas perçus comme favorables au bien commun, bien au contraire.  Ils ne défendent que de petits groupes sans tenir compte du reste de la société. En Suède, les syndicats sont très grands et représentent un vaste éventail de travailleurs provenant tant du privé que du public, d'entreprises exportatrices et importatrices et de diverses industries. Il leur faut donc concilier les intérêts de chacun. De plus, les syndicats ont pris une part active dans le gouvernement depuis 1932. Gouverner, ça rend responsable et ça oblige à prendre des décisions pour l'ensemble de la population. Les syndicats dans les pays nordiques collaborent très étroitement avec le patronat. À entendre parler les chefs syndicaux, semble-t-il qu'on a l'impression d'entendre la direction de l'entreprise. Le patronat comme le syndicat ont à coeur la réussite économique. Cette collaboration syndicat-patronat résulte en des décisions rapides, efficaces et consensuelles.

La santé
Je tiens finalement à parler de la réforme de la santé qui a été effectuée dans les années 1990 en Suède. La Suède était alors en crise, sa dette grimpait et elle a dû apporter des corrections. Cette réforme a eu des retombées formidables. La Suède est aujourd'hui le pays ayant le meilleur système de santé du monde tant sur le plan de la qualité que de l'efficacité. Si on performait comme la Suède, on économiserais 3,5 milliards par année en soins de santé! Il est vrai que les Suédois sont réputés pour faire beaucoup d'exercice et bien manger et avoir un environnement sain. Mais c'était le cas aussi avant la réforme. Les économies réalisées après la réforme ne s'expliquent donc pas vraiment par ces facteurs. En plus, ils ont plus de médecins et d'infirmières par habitant que nous (quoique payés moins cher). Voici ce qui a été fait :
- Décentralisation de l'administration des établissements vers des autorités locales qui assurent l'organisation, la gestion et une grande partie du financement
- Ministère de la Santé très petit qui ne voit qu'à établir un cadre et qui ne fait absolument aucune ingérence dans les activités locales
- Responsabilisation financière des autorités locales
- Mesures de responsabilisation, de reddition des comptes et de transparence
- Comparaison des performances entre les établissement
- Transfert de beaucoup de responsabilités aux infirmières
- L'argent suit le patient. Si un établissement a une liste d'attente et doit faire traiter un patient dans un autre établissement, il doit en assumer les frais. * Au Québec, il faut plutôt se créer des listes d'attente pour obtenir des budgets..
- Les patients n'ont pas à passer par un généraliste pour consulter un spécialiste
- L'informatisation du système de la santé s'est faite très vite (ici ça traîne depuis le début des années 90)
- Frais de responsabilisation que doivent assumer les patients chaque fois qu'ils consultent (environ 20 $; ce qui n'est pas très lourd à porter étant donné que tous les salaires sont hauts)
 C'est ce qu'on peut appeler une réforme réussie.

Dernier éléments très important : Là-bas, les décisions ne sont jamais imposées par le haut. Les citoyens s'informent beaucoup, discutent dans des groupes bien organisés, et une fois qu'une décision est prise, tout le monde rame dans la même direction. C'est très efficace. Ça explique pourquoi ils récupèrent généralement très rapidement des crises. Il n'y a pas de contestation sans fin comme ici. Mais je rappelle que les décisions ne sont jamais imposées. Il y aurait tout un changement de culture à faire au Québec sur ce plan. Cet après-midi, nous aborderons justement tout l'aspect des compétences civiques et de la culture de formation continue qui est extrêmement forte dans les pays scandinaves.

Je vous reviens demain j'espère. Je m'excuse de ne pas avoir bien structuré les sujets et de ne pas les avoir approfondis beaucoup. J'ai vraiment peu de temps. Si vous avez des questions, j'y répondrai avec plaisir!

29 juin 2012

Les pays scandinaves


Pendant ma seule semaine de vacances de l’été, j’ai décidé de suivre une formation intensive sur les pays scandinaves intitulée « Modèle scandinave : les outils du succès ». Eh oui! Je suis folle de même. Ce cours offert dans le cadre des Écoles d’été du CERIUM donne droit à 3 crédits universitaires de deuxième cycle aux étudiants de divers programmes de maîtrise, moyennant la rédaction de trois travaux. La semaine de cours commence officiellement lundi, mais les étudiants crédités comme moi étaient conviés à une séance d’introduction de quatre heures cet après-midi.

Pourquoi ai-je choisi d’étudier les pays scandinaves? Parce que j’aime examiner ce qui va bien, puiser de l’inspiration dans les modèles qui fonctionnent et imaginer des solutions qui pourraient être applicables ici. Peut-être pourrai-je alors ensuite contribuer à un Québec meilleur. On ne sait jamais.

Aujourd’hui, il nous fallait déjà parler du sujet que nous envisagions aborder dans notre travail de recherche. Les thèmes intéressants ne manquent pas lorsqu’il est question de la Scandinavie. Ce groupe de pays (Norvège, Suède, Finlande et Danemark) qui forment systématiquement le peloton de tête en ce qui concerne l’éducation, l’emploi, la qualité de vie, la santé et la croissance économique a de quoi faire rêver. Comment est-il possible de marier aussi bien égalité sociale et efficience économique? Plusieurs éléments de réponse ont été abordés aujourd’hui. La dette très faible, la décentralisation des pouvoirs et la participation citoyenne en sont quelques exemples.

Pour ma part, c’est sur le sujet de la participation citoyenne, et plus particulièrement celui de l’acquisition des compétences civiques, que je compte me pencher. Dans les pays scandinaves, les citoyens prennent un part active aux décisions politiques. Et ils arrivent à faire des choix responsables et favorables au développement économique et social, car ils sont bien au fait de tous les enjeux. L'éducation des adultes dans le domaine politique est très bien ancrée là-bas, et ce, depuis fort longtemps. Mon interprétation, c’est que ça les rend peut-être un peu moins rêveurs et un peu plus pragmatiques que ce qu’on peut voir au Québec, où la participation citoyenne est somme toute assez faible. Même durant notre printemps 2012, qui s’est révélé des plus effervescents, on n’a guère entendu que des discours empreints d’émotivité qui manquaient cruellement de profondeur et d’objectivité. On a aimé taper de la casserole, peut-être pour ne pas avoir à pousser la réflexion trop loin. Une participation citoyenne efficace, ce n'est pas tout à fait ça. Il faut avoir le courage d'explorer tous les aspects des problèmes, même ceux qui nous plaisent moins ou qui n'appuient pas notre idéologie. Mais on pourrait y arriver. Il suffit peut-être juste de savoir comment s’y prendre. En tout cas, c’est ce que je vais explorer dans mon travail de recherche.

La semaine prochaine, nous aborderons de très nombreux sujets, dont les suivants :

-          La relation entre les syndicats et le patronat (qui est très différente de ce qu’on voit ici – les syndicats scandinaves ayant bien plus à cœur la performance économique que les nôtres)

-          L’égalité homme-femme

-          La participation citoyenne

-          Le système d’éducation finlandais

-          La gestion des ressources naturelles

-          La fiscalité

-          La politique étrangère de la Norvège

-          Les problèmes d’intégration des immigrants et la résurgence de l’extrême-droite en Scandinavie

-          Les leçons que peut tirer le Québec de ce qui se fait en Scandinavie

Bref, une semaine extrêmement stimulante m’attend. J’espère avoir le temps et l’énergie de bloguer tous les jours sur ce que j’aurai appris. Je ne sais pas si quelqu’un me lira, mais ce sera toujours bien un excellent exercice de récapitulation quotidienne pour moi!

Seul bémol : mon chien Oslo (dont le nom s’insère à merveille dans la thématique de la semaine, n'est-ce pas?) sera tout seul à la maison cinq jours de suite, ce qui n’est jamais arrivé avant. Je sens que je passerai de longues heures chaque soir à jouer à la balle, à courir et à me balader avec lui.




27 juin 2012

Problèmes et solutions

Hier je faisais le récit de notre championnat provincial. Aujourd’hui, je trouve des solutions aux problèmes que nous éprouvons! Je suis très motivée, et je veux poursuivre sur notre superbe lancée!

Voici ce que j’envisage. Si jamais il y a des experts ou expertes en agilité ou en entraînement canin qui me lisent, n’hésitez pas à me donner vos trucs et idées.

1-      Notre plus gros problème est de loin le placement sur la ligne de départ. Oslo regarde souvent ailleurs, se retient fort pour ne pas sniffer partout, se lève parfois de la position assise. Manifestement, il est stressé et il n’est peut-être pas certain de ce qu’il doit faire. Moi aussi, je suis stressée, et mes mouvements ne doivent pas être rassurants, car je n’ai pas confiance qu’Oslo restera avec moi. Quand le parcours me permet de partir avec lui, ça va encore. Mais si je dois faire un lead out, c’est très stressant.

La solution que j’ai commencé à appliquer aujourd’hui est la suivante : pratiquer une routine systématique pour l’entrée dans le ring. Il y a un ring monté en tout temps pour les funmatch et les compétition chez Guides canins. Je fais donc l’entrée avec Oslo en laisse (laisse d’agilité avec jouet intégré), je lui demande de se placer au bon endroit, je lui enlève sa laisse et la lance derrière et je fais des ajustements dans sa position au besoin. Je m’éloigne, lui fait faire deux trois obstacles en l’encourageant beaucoup, puis on sort du ring et je le fais jouer avec sa laisse jouet, puis je lui donne quelque chose de super bon à manger. Je vais essayer de pratiquer cette routine très souvent, à différents endroits. Aujourd’hui, Oslo a l’air d’avoir bien aimé ce jeu. Si ça peut marcher, ça va régler une très grosse partie de nos difficultés.



2-      Le travail à distance : On ne s’en sort pas, dans les compétitions comme le Championnat provincial, il faut réussir des enjeux pour bien se classer. Nous n’avons vraiment pas été bons dans les enjeux ce weekend. Mais je ne m’en fais pas trop. Oslo s’est énormément amélioré dans le travail à distance au cours des derniers mois, et il comprend beaucoup mieux ce qu’il doit faire. Cela dit, il faut qu’on apprenne à mieux se comprendre.


Solutions : Travailler des séquences à distance toutes les semaines et m’assurer qu’Oslo connaît bien son vocabulaire (tunnel, poteaux, up,en haut, là-bas, pousse, gogogo). Il commence à bien comprendre tout ça, alors il nous reste à améliorer notre connexion et la confiance qu’on a l’un envers l’autre. Je compte pratique des séquences de difficultés croissante en m’assurant cependant qu’Oslo soit le plus possible en situation de succès. Je dois aussi travailler mes commandes corporelles. Je suis souvent mal placée ou pas claire.



3-      Les virages serrés intérieurs et extérieurs. Oslo est déjà assez bon dans les virages, mais nous avons encore du chemin à faire pour augmenter la constance des changements de direction et notre communication.

Solution : continuer de pratiquer les virages serrés dans ma cour tous les jours en pratiquant divers angles et en modifiant les séquences. Parallèlement, j’augmente le plus possible l’intérêt d’Oslo à l’égard de ses jouets. Plus il veut jouer, plus il se force pour faire de belles séquences.



4-      La vitesse! Je sais qu’Oslo a de la vitesse dans les pattes. Je le sais, car je le vois courir à toute vitesse après les écureuils ou quand il joue avec d’autres chiens. Il est capable d’aller vite, et je compte bien l’amener à optimiser sa vitesse. Je crois bien que je dois être l’une des personnes les plus rapides sur un ring d’agilité. Je l’ai vu en fin de semaine notamment dans le dernier sauteur ou j’ai été la seule à choisir la stratégie la plus naturelle pour le maniement, mais qui nécessitait un méchant sprint de ma part pour aller me placer au bon endroit. Il serait donc tout naturel qu’Oslo tire parti de sa vitesse aussi.

Solution : Au cours du prochain mois, au moins, je vais l’entraîner à la hauteur de 16 pouces. Chaque fois que je fais ça, il gagne de la confiance en lui et il garde une certaine vitesse lorsque je monte les sauts à 22 pouces. Il s’amuse beaucoup plus à la hauteur de 16 pouces, et c’est excellent pour sa motivation. Je vais en profiter pour pratiquer les poteaux à grande vitesse. Il m’en a fait de très rapide cet après-midi, et j’ai confiance qu’il peut encore améliorer sa vitesse pas mal.

Voilà! C’est ce que nous allons travailler au cours des prochains mois! On a beaucoup de pain sur la planche n’est-ce pas? Et comme d’habitude, nous ferons tout ça sous forme de jeu. Oslo n’est vraiment pas un chien de travail. C’est un chien qui aime avoir du plaisir et je m’y adapte le plus possible. Heureusement, je suis maintenant bien entourée en coachs. Je sais à qui faire confiance J

26 juin 2012

Championnat provincial d'agilité


Je me suis inscrite au Championnat provincial d’agilité parce que je voulais vivre une grosse compétition. Je m’étais fixé comme objectifs d’en apprendre plus sur ce sport, de voir les meilleurs chiens du Québec à l’œuvre, de prendre de l’expérience de compétition avec Oslo et de savoir à quoi m’attendre pour l’année prochaine. J’avais aussi un objectif très secret : celui d’accumuler les 350 points requis pour nous qualifier pour le championnat national. Mais je me doutais que ce serait difficile à atteindre étant donné qu’on a commencé la compétition ce printemps seulement, qu’on émerge à peine du niveau novice et que j’en suis à mon premier chien et à mes premières armes dans ce sport. Mine de rien, ça fait beaucoup de choses à apprendre en même temps!

Oslo est dans la catégorie 22 pouces « spécial ». Normalement il devrait sauter à 26 pouces, mais il n’a pas beaucoup d’impulsion et il en est incapable. Les Labradors en général compétitionnent dans cette catégorie en raison de leur morphologie qui n’est pas tout à fait adaptée à l’agilité. Notre catégorie comptait 15 chiens.

Notre première course de la journée était un « sauteur » (parcours rapide comportant des sauts et des tunnels seulement). J’avoue que je m’attendais à des parcours beaucoup plus difficiles (à cause des cours de maniement que je suis avec Lucie Dessureault, qui se fait un malin plaisir de nous compliquer la vie le plus possible). Quand j’ai fait la reconnaissance générale des parcours le matin, j’avais l’impression qu’il s’agissait du niveau novice. Je l’ai dit à quelques personnes que je connaissais, toute surprise, mais je pense que j’aurais dû me taire parce qu’elles n’avaient pas l’air contentes. J’ai peut-être paru arrogante. Ou je leur ai peut-être imposé un stress supplémentaire. Chose certaine, j’ai regretté ma grande gueule. Si je les trouvais si faciles, ces parcours, il allait falloir qu’on les réussisse parfaitement pour que je ne me couvre pas de honte!

Eh bien, notre première course a été un sans-faute! En bas du temps requis en plus! Bien franchement, je sentais déjà que mon objectif du weekend était atteint! Nous avions réussi un parcours parfait au Championnat provincial, nous les petits débutants!!! J’étais si fière de mon beau Oslo! Voilà que nous avions accumulé 82 points (75 pour le parcours parfait et 7 points en raison de nos 7 secondes en bas du temps requis).

Notre deuxième course était un « standard », notre force! En plus, mon amoureux était là pour prendre des photos! Ça me mettait de la pression. Il ne vient pas souvent, alors je ne voulais pas qu’il soit déçu. Le standard comporte tous les obstacles courants (sauts, tunnels, balançoire, palissade, passerelle et slalom). C’est plus lent que les « sauteurs », car certains obstacles prennent plus de temps à franchir, et ça laisse un peu plus de temps pour penser. Il y avait quelques changements de direction un peu délicats, mais rien de très difficile. Encore une fois, nous avons réussi la course avec brio!
Voici quelques photos de cette course qui, je crois, elle notre meilleure à vie :
 Ah! Les départs. Tellement le moment le plus difficile pour nous. Une fois partis, on est corrects!

Premier saut!

 Super belle entrée de slaloms et rapide jusqu'au bout! On s'en vient bien dans cet obstacle!

Dernier saut! Woohoo, Oslo! Tu es tellement champion!

Yes! Ce standard nous a donné 109 points (100 points pour le parcours sans faute et 9 points comme prime de temps)! C’est donc bien payant les parcours parfaits! Là, bien franchement, je flottais! Mais en même temps, je sentais la pression monter. Comment faire pour garder notre concentration pour les quatre autres courses du weekend? Je me sentais déjà épuisée! Le plus dur, c’est la longue attente entre chaque course en raison du très grand nombre de chiens dans chaque enceinte (environ 50). C’est dur pour l’humain, mais c’est surtout dur en tabarouette pour le chien. Oslo est habitué aux environnements bruyants, aux autres chiens, aux foules, aux bruits, aux applaudissements et tout ça. Mais c’est quand même un chien anxieux. Les cages des chiens sont toutes cordées les unes à côté des autres, et Oslo n’arrive pas à trouver le repos. Deux journées de suite à rester alerte 8 heures consécutives, ça t’épuise un chien. Déjà, après notre deuxième course, je le sentais décrocher et perdre sa motivation.

Notre dernière course du samedi a été épouvantable. J’ai eu droit à du sniffage à gauche et à droite, à des refus d’obstacles, bref à une absence totale de motivation et de concentration. En plus, la dernière course était un « enjeu » qui nécessite d’envoyer le chien faire des obstacles à distance (l’humain devant rester derrière une ligne à certains moments). Bref, cette course a eu l’effet d’une douche froide. Nous n’avons accumulé que 25 points sur une possibilité de 90 environ.

Après une telle journée (durant laquelle je n’ai à peu près pas réussi à manger en raison de mon stress), j’ai passé la soirée dans un état second dans le salon. J’avoue que j’étais tétanisée par le stress. C’est un jeu l’agilité, pourtant, hein? Mais on prend ça tellement à cœur! Comment faire pour qu’Oslo reprenne sa concentration le lendemain? En plus, la journée commençait par un autre enjeu. Rien de pire pour tuer sa motivation tout de suite en partant! Je ressentais aussi beaucoup de pression à cause de nos deux parcours parfaits de la veille. Il ne fallait pas que je m’écroule le lendemain. J’avais l’impression que ça annulerait nos réussites du samedi. N’empêche que je trouvais ça grisant comme événement! Enfin, enfin j’avais l’impression de revivre mes années de compétition en patin, en gym, en volleyball. La course, ça ne compte pas, parce que je n’ai jamais réussi à performer. Mais en agilité, je sentais qu’Oslo et moi avions un certain talent. J’aime tant cette sensation! Oslo lui, a passé la soirée à dormir et à jouer un peu. Il avait l’air bien.

Le lendemain matin, je suis arrivée en retard! En plein pendant la marche générale des parcours. J’ai quand même eu le temps d’aller faire le repérage nécessaire. Ouf! L’enjeu était encore plus difficile que la veille. J’avais presque la larme à l’œil. Heureusement, j’ai rencontré Julie et Marie de chez Guides canins, qui voyant mon stress, m’ont dit d’arrêter de m’en faire pour l’enjeu. Que c’était normal que je ne puisse pas les réussir encore, puisqu’Oslo et moi n’avions pas atteint ce niveau là encore. Elles m’ont dit : « T’es vite, alors cours et fais le plus de points possibles dans la séquence d’ouverture! Fais ce que tu peux et c’est tout! » Ça m’a tellement soulagée et enlevé de la pression! J’ai décidé de modifier ma stratégie et de choisir un parcours super facile pour la séquence d’ouverture. Pis pour la séquence finale, eh bien on fera ce qu’on pourra!

Pour ceux qui ne connaissent pas les enjeux, j’explique. Pendant la séquence d’ouverture, on essaie d’accumuler le plus de points possible. On choisit son propre parcours. Il y a deux « mini-enjeux » que l’on peut faire derrière une ligne et qui donnent beaucoup de points si on les réussit. À un moment donné, il y a un coup de sifflet, et on doit entamer la séquence de fermeture (enjeu final), qui est une séquence plus longue à faire derrière un ligne aussi, le chien devant se rendre tout seul aux obstacles qu’on lui indique par la voix et des gestes. C’est fucking difficile. Disons qu’on n’est pas rendus là!

Mais je suis contente de ce qu’on a fait. On a réussi un mini-enjeu et on a presque réussi l’enjeu final! Nette amélioration par rapport à la veille et un peu moins de sniffage! On a une vidéo de ça : http://www.youtube.com/watch?v=vVjQXQzG_1k. On voit que je tente un mini-enjeu que je rate (passerelle + tunnel), mais qu’on le réussit dans l’autre sens (tunnel à distance + passerelle). Dans l’enjeu final, on a un peu de mal, mais Oslo parvient à tout faire. Cependant, il hésite trop devant le dernier obstacle et le sifflet sonne avant qu’il le franchisse. Pas si mal! L’an prochain, on va être bien meilleurs dans les enjeux!

Ensuite, il y avait un standard, beaucoup plus difficile que la veille. Plein de petits pièges et de changements de direction ardus. Malgré du sniffage sur la ligne de départ, nous avons tout réussi! Et nous avons été les seuls à le réussir dans notre catégorie! Un autre moment fort de notre fin de semaine! J’étais cependant assez déçue de la lenteur d’Oslo, surtout dans le slalom! Beaucoup plus lent que d’habitude. Mes parents ont filmé ce deuxième standard : http://www.youtube.com/watch?v=ZT5E9kWNN-8&feature=relmfu. Cela dit, nous avons fait un sans-faute alors nous pouvons en être fiers! Pour le cumul des deux standards, nous sommes arrivés premiers sur quinze chiens, ce n’est pas rien!!! En plus, nous avions désormais accumulé 354 points au cours de la fin de semaine, ce qui nous valait une qualification pour le national, avec une course à faire encore! J’étais bien fière, mais toute la pression est tombée, et je n’étais plus très concentrée pour le dernier sauteur.

Une humaine pas concentrée, ça entraîne automatiquement un chien pas concentré. Et ouf! qu’on a été poches dans la dernière course. C’est extrêmement dommage parce que ça nous a coûté beaucoup de points.

En fait, tout a été de ma faute. D’habitude, quand c’est presque notre tour d’entrer dans le ring, je m’assure d’avoir la concentration d’Oslo. Je lui fais faire toute sorte de tours et de mouvements et je le récompense abondamment pour m’assurer d’avoir son attention. Mais là, on dirait que j’ai été prise par surprise, et j’avais encore de la bouffe dans les mains quand le moment est venu d’entrer. Paniquée, j’ai donc tout foutu les 3-4 morceaux de bouffe qui me restaient dans la bouche d’Oslo (la bouffe étant formellement interdite sur le ring), et je me suis précipitée dans l’aire de départ avec Oslo, qui a recraché sa bouffe à terre pour la remanger aussitôt. C’est un miracle que nous n’ayons pas été disqualifiés drette là. J’étais complètement paniquée. Avec tout ça, la juge avait déjà autorisé le départ, et je n’avais pas encore enlevé la laisse d’Oslo. En plus, il sniffait partout, et il ne voulait rien savoir. Je l’ai placé à peu près, et je suis allée me positionner plus loin, car j’avais besoin de faire un lead out pour le début du parcours qui était assez difficile. Une fois placée, je me suis rendu compte que je n’avais pas installé Oslo pantoute à la bonne place et qu’il n’aurait aucune idée de ce qu’il devrait faire placé comme ça. J’ai pris l’épouvantable décision de donner mon « go » quand même, et Oslo ne sachant pas que faire a décidé de sniffer de plus belle. Mais là vraiment beaucoup. Il a fini par sauter la première barrière, pour se remettre aussitôt à sentir le sol. On a avancé comme ça à pas de tortue pendant toute la première moitié de la course. C’était assez ridicule merci. Puis, à un moment donné, constatant probablement que j’avais repris mes esprits, Oslo a décidé de me suivre, et on a super bien fini la course. Malgré tout ce sniffage et ce niaisage, on s’en est sorti avec une seule faute de 5 points et 10 points de faute de temps. On a donc quand même eu 50 points. Mais si je n’avais pas fait toutes ces erreurs en début de parcours, on aurait facilement pu avoir 30 points de plus. Dommage! Ah là, là que j’étais déçue! C’est quand même dommage de si mal finir une compétition qui avait si bien été! Mais les erreurs, c’est ce qui nous fait apprendre! Je voulais acquérir de l’expérience durant cette compétition, eh bien c’est ce qui s’est produit. Oslo et moi formons une bien meilleure équipe maintenant, j’en suis convaincue.

Dans une compétition comme ça, ce ne sont pas tant les parcours qui représentent un défi. C’est tout le contexte. L’attente. Le stress. Les gens qui regardent. La gestion des émotions du chien. La gestion de ses propres émotions. La mémorisation de tous ces parcours. Bref, une compétition cumulative sur deux jours, c’est vraiment dur sur le système!

Oslo et moi, nous nous sommes classés 8e sur 15, et nous avons obtenu 410 points. C’est très respectable, je crois. D’autant plus que je considère tous les compétiteurs présents comme étant très forts. J’ai beaucoup d’admiration pour chacun d’entre eux.

Je pense qu’Oslo et moi, on va devenir très bons. Il n’a que deux ans et demi, et nous n’avons que trois mois de compétition dans le corps. Maintenant, je sais exactement quoi travailler. Et on va continuer de le faire en s’amusant et en riant!

7 mai 2012

Se relever?

On dit qu’il faut remonter en selle le plus vite possible quand on fait une chute à cheval. J’ose espérer que le même concept s’applique pour l’écriture d’un blogue. Dans mon dernier billet, j’avouais avec candeur – et beaucoup de naïveté – que je souhaitais devenir journaliste un jour. C’est un rêve que je caresse depuis plusieurs années, mais qui m’effraie beaucoup. La semaine dernière, j’ai décidé de tenter de premiers pas. Et je suis tombée. Pas juste du haut de mes cinq pieds neuf pouces. J’ai déboulé les escaliers jusqu’au dernier sous-sol.

C’est un commentaire laissé sur mon dernier billet qui m’a fait de la peine. Cette personne est intelligente parce qu’elle a réussi à frapper très exactement sur tous mes points les plus sensibles. Elle m’a fait vraiment mal. Chapeau.

Je me demandais justement comment les chroniqueurs comme Yves Boisvert, Vincent Marissal et Nathalie Petrowski font pour composer avec les commentaires parfois méprisants, voire insultants, que certains lecteurs laissent sur leur blogue. J’ai très souvent envie de me porter à leur défense. Ce doit être difficile de vivre avec d’acerbes critiques, d’autant plus lorsqu’elles se renouvellent jour après jour. Et pourtant, ces chroniqueurs poursuivent leur travail sans jamais se décourager. Ils deviennent même meilleurs au fil du temps.

Ça veut dire qu’on n’est pas obligé de se laisser écraser. Je ne sais pas ce que je ferai, car je suis encore abattue. J’ai éclaté en sanglots devant la serveuse du Subway, il faut le faire!

Je n’ai pas le profil type du journaliste : le type fonceur qui n’a peur de rien. Moi je suis hésitante et j’ai peur de presque tout.

Il est si facile de me faire taire.

26 avril 2012

Journaliste?

Au risque d'effrayer mes parents, j'annonce que je tenterai ma chance comme journaliste au cours des prochains mois (je n'abandonne pas la traduction - n'ayez crainte!). J'avais déjà flirté avec la profession en 2008, mais constatant les piètres conditions de travail qui y étaient associées, je m'en étais rapidement détournée. Mon rêve de devenir journaliste ne s'est toutefois jamais éteint. Je ressens le besoin irrépressible d'interviewer des gens, de faire des recherches, d'analyser des données et d'écrire!

Tantôt, je suis tombée sur ce petit texte teinté d'humour et d'autodérision que j'avais rédigé lors de ma première expérience comme recherchiste. J'ai décidé de le publier pour vous faire rire un peu et lancer officiellement ma nouvelle grande quête professionnelle!


Vente de garage à l'aréna de Beaconsfield

Sept heures trente, un samedi matin, mon réveil sonne et je me lève aussitôt alors que mon chum avait parié que la paresseuse que je suis serait encore couchée à 11 h.  C'est peut-être le signe que ma toute nouvelle passion pour le journalisme ne sera peut-être pas qu'un feu de paille après tout. Qu'est-ce qui a réussi à me tirer du lit de si bon matin par une journée de congé? Croyez-le ou non, je voulais être parmi les premiers arrivés à la vente de garage de Beaconsfield, moi qui n'ai jamais même jeté un coup d'œil aux étals de produits hétéroclites qui meublent nos étés québécois. Vous vous doutez bien que ce n'est pas l'événement comme tel qui m'intéressait, mais plutôt les mordus des ventes de garage que je pourrais y trouver. Et c'est tôt le matin, semble-t-il qu'on peut trouver les plus juteux!

Isabelle Laporte, journaliste pigiste pour La Presse m'a confié le mandat de trouver des gens prêts à témoigner pour un reportage sur les ventes-débarras qui paraîtra dans le cahier À vos affaires de La Presse au cours du mois de mai. Je suis devenue sa recherchiste attitrée, un peu par hasard, sans vraiment trop, trop comprendre dans quoi je m'embarquais.

Ceux qui me connaissent savent que je suis une personne réservée et hyper sensible. Faire un coup de téléphone me donne des sueurs froides et parler à des gens que je ne connais pas m'épuise. Le métier de journaliste, ou même de recherchiste, ne me convient donc pas du tout en apparence. Mais je me mets toujours dans des situations impossibles. Un exemple? Ma peur bleue des piqûres ne m'a pas empêchée de me jeter dans la gueule… d'un acuponcteur, dans l'espoir qu'il puisse mettre fin à mes allergies. Ce fut catastrophique, vous l'imaginez bien. Après deux aiguilles (entre les orteils, c'est sadique quand même, non?) j'avais déjà fait deux grosses chutes de tension, et l'acuponcteur, découragé, m'a dit que ça ne servait à rien d'aller plus loin. J'ai su par après que c'était la première fois qu'il voyait quelqu'un réagir si mal. Pas surprenant! Quels autres phobiques des piqûres seraient assez fous pour aller se faire enfoncer 50 aiguilles dans le corps de leur plein gré? Il n'y a que moi pour me mettre dans des situations pareilles!

Donc voilà que je m'improvise recherchiste malgré ma quasi phobie sociale! Et c'est littéralement en tremblant que je suis entrée dans l'aréna de Beaconsfield dans l'espoir de vaincre ma peur et d'être capable d'aborder quelques personnes. Je savais que je m'en voudrais beaucoup si je sortais de là bredouille. J'ai donc commencé à observer les gens pour pouvoir repérer les acheteurs les plus aguerris. Au moment où je me disais que je n'y arriverais probablement pas, j'ai entendu une dame affirmer avec conviction qu'elle avait l'œil vif pour repérer les bonnes affaires. Elle avait apparemment commencé son matin de magasinage en lion compte tenu des nombreux sacs qu'elle arborait déjà. J'ai commencé à rôder autour d'elle en faisant semblant de feuilleter des livres sur la méditation transcendantale. J'espérais pouvoir l'attraper dès qu'elle finirait de payer pour les deux miroirs agrémentés de rotin sur lesquels elle avait jeté son dévolu. Je me sentais comme une espèce d'espionne absolument pas subtile, et j'étais convaincue qu'elle se demandait déjà pourquoi je la traquais comme ça. Heureusement, j'ai réussi à l'aborder sans trop de problème en lui disant qu'elle avait l'air d'avoir le tour pour repérer les aubaines. Quand je lui ai annoncé que j'étais recherchiste pigiste pour La Presse, je l'ai vue s'illuminer, et c'est avec empressement qu'elle ma remis sa carte d'affaires. Spécialiste en mise en marché de profession, elle est abonnée aux ventes de garage. « Les gens ne sont pas conscients de la valeur de certains objets », m'a-t-elle dit. « Des trucs pour acheter, je suis prête à en donner, mais je serai toujours la première à trouver les meilleurs articles. »

Voilà, la glace était brisée. J'ai ensuite parlé à quelques autres personnes sans trop de difficulté. J'ai même mis la main sur une superbe petite étagère à DVD, de la taille parfaite, pour seulement 10 $!

Ma première expérience comme recherchiste s'est révélée assez réussie finalement. Mais c'est loin d'être sûr que je survivrai aux prochains projets. Chose certaine, je suis beaucoup plus à l'aise comme traductrice, une profession que j'adore et que je ne compte pas abandonner de sitôt. N'empêche que la mouche du journalisme m'a piquée. Seul l'avenir me dira si je pourrai en guérir.

Et j’ajoute aujourd’hui que, non, je n’en suis pas guérie. Je serai journaliste. Rien n’est plus sûr!

13 mars 2012

Réconciliée avec l'agilité

Je viens de recevoir la confirmation de notre inscription à notre première compétition d’agilité à Oslo et moi. Ce sera au Salon des animaux de compagnie de Sherbrooke le dimanche 15 avril. C’est très excitant!

Avant même d’avoir un chien, je savais que nous ferions de l’agilité. C’est une activité qui m’attirait déjà par son caractère spectaculaire et hautement sportif. Cela dit, j’ai pris mon temps avant d’inscrire Oslo. Je tenais à protéger ses articulations le plus possible, alors jusqu’à ce qu’il ait 9 mois, nous avons fait des tas de cours d’obéissance et beaucoup de marche pour bien former sa musculature, mais pas d'agilité. Cela dit, je ne manquais pas une occasion de le faire sauter par-dessus de petits obstacles et de le faire marcher sur des trottoirs étroits et de petites passerelles au hasard de nos promenades.

Il va sans dire qu’Oslo avait déjà une petite longueur d’avance sur les autres chiens à son premier cours. On aurait dit qu’il avait fait de l’agilité toute sa vie! Il n’avait peur d’aucun obstacle et accomplissait tout à la vitesse grand V. La coach m’a même dit : « Avec le chien que tu as, attends-toi à courir! » Oslo semblait avoir tout un potentiel. Pour ma part, j’étais déjà conquise par ce sport.

Nous avons donc gravi les niveaux tranquillement : débutant, élémentaire, intermédiaire. Nous étions assez bons et n’avons pas vraiment connu de difficultés majeures. Mais Oslo était très tannant. En plein dans l’adolescence, son principal intérêt était de courir après les autres chiens (qui étaient aussi dans leur adolescence pour la plupart) et de voler leurs jouets. C’était un méchant défi de le garder avec moi, mais nous arrivions à très bien travailler ensemble la plupart du temps. Jusqu’au jour où nous sommes arrivés au niveau avancé. Dans intermédiaire, les types de chiens étaient encore assez variés : des gros chiens un peu lourdauds, des petits chiens bas sur pattes, des Labradors, des Goldens, des Bergers allemands. Vraiment de tout. Il y avait aussi toutes sortes de maîtres : certains étaient un peu perdus, d’autres plus talentueux. Chose certaine, l’esprit était à la camaraderie.

Puis nous sommes arrivés dans le niveau avancé. Au premier cours, quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’il n’y avait que des Bergers australiens et des Borders Collies, avec des maîtres concentrés et sérieux. Plusieurs de ces chiens étaient réactifs, et il ne fallait pas les approcher. C’était une ambiance stressante et lourde. Je ne sentais pas que nous étions à notre place Oslo et moi. Le premier cours a été extrêmement difficile. Alors qu’Oslo et moi n’avions même pas encore un lien très solide sur le terrain d’agilité quand je courais à côté de lui, voilà qu’il fallait travailler à distance, c’est-à-dire envoyer son chien au loin (jusqu’à 6-7 mètres plus loin) pour qu’il fasse les obstacles tout seul sur simple commande verbale. Tous les autres chiens y arrivaient sans problème alors qu’Oslo et moi n’avions aucune idée de comment nous y prendre. Oslo devenait de plus en plus stressé et ne faisait plus que sniffer le plancher. Et moi aussi j’étais stressée, car je voulais bien faire. La connexion entre Oslo et moi était brisée. Dans ce niveau, j’ai aussi vécu des traumatismes. Est-ce moi qui suis trop sensible à la violence ou est-ce que certains maîtres étaient trop sévères avec leur chien? Je ne sais pas. Chose certaine, j’ai vu beaucoup de petites tapes sur le museau et de brassages de chien par la peau du cou. Une fois un chien s’est sauvé de sa maîtresse et elle s’est tellement fâchée qu’elle l’a soulevé de terre par la peau du cou et l’a trainé de même sur une dizaine de mètres. Pour moi, c’était insupportable à voir. Comme j’avais un électron libre comme chien moi-même, je craignais qu’on me demande de punir mon chien ainsi (jamais je ne l’aurais fait, mais j’avais peur qu’on me mette de la pression pour le faire). Je voyais que certains coachs (pas la majorité, heureusement) me trouvaient trop joyeuse et gentille avec mon chien. Je me suis mise à être sur la défensive et à essayer de protéger mon chien en lui évitant le plus possible les erreurs. Je trouvais ça épuisant. Puis un jour, il y a eu la goutte qui a fait déborder le vase. Après le cours, nous sommes restés jouer avec nos chiens pendant quelques minutes. Oslo jouait à la balle joyeusement avec un des chiens, qui me semblait très gentil. À un moment donné, ils sont allés boire de l’eau dans le bol d’Oslo. Oslo a bu en premier. Ensuite l’autre chien a bu dans le bol d’Oslo, puis quand il a eu terminé, Oslo s’est approché doucement de son bol et c’est là que l’autre chien a eu une réaction très agressive à l’égard d’Oslo comme s’il allait le mordre. Sa maîtresse a réagi sur le champ, sans hésitation. Elle l’a soulevé de terre par la peau du cou et l’a garroché dans un genre de garde-robe situé dans le local. J’ai été traumatisée. J’avais le goût de pleurer et d’aller chercher le pauvre chien. Je ne sais pas ce qu’il faut faire avec des chiens agressifs, mais à mes yeux cette méthode était inadmissible.

C’est là que j’ai décidé d’arrêter l’agilité. No way que j’allais scrapper ma relation avec mon chien pour cette activité que j’avais peu à peu appris à détester.

J’ai alors décidé de me concentrer sur le freestyle, le canicross, la marche, n’importe quoi d’autre. C’est à cette époque que j’ai fait la connaissance de la merveilleuse Zuzanna Kubica, notre coach de freestyle. C’est avec elle que j’ai repris confiance en moi comme leader positif avec Oslo. Dans mes trois premiers cours de freestyle, j’étais encore toute tremblante et j’avais constamment peur de faire des erreurs, mais elle a su me rassurer et j’ai pu lui faire confiance. Avec elle, il n’y a pas de crainte, c’est toujours du positif. Jamais elle ne me demandera de punir Oslo ou d’aller l’attacher dans un coin et de l’ignorer ou quoi que ce soit du genre. Grâce à elle, Oslo et moi avons beaucoup renforcé notre relation. J’ai appris à travailler vraiment en collaboration avec mon chien, et peu à peu, il a arrêté d’essayer de s’enfuir à tout bout de champ. En freestyle, la mentalité, c’est qu’il faut que les deux partenaires de l’équipe aient du plaisir ensemble. Si le chien n’a pas envie de danser ce jour-là, on respecte ça, et on prend ce qu’il veut bien nous donner, tout simplement (en général, il donne beaucoup, et avec un grand sourire joyeux en plus).

Je me suis dit : « Pourquoi ça ne pourrait pas être la même chose en agilité qu’en freestyle? L’agilité aussi c’est une activité d’équipe amusante à la base! Pourquoi est-ce qu’il faudrait absolument que ce soit basé sur la confrontation? » Et je me suis promis de réessayer cette activité un jour, en n’écoutant rien d’autre que mon instinct et les conseils conformes à mes valeurs.
L’occasion de nous remettre à l’agilité s’est présentée environ six mois plus tard. Une amie m’a informée qu’une place se libérait dans le cours de Lucie Dessureault. Je connaissais un peu cette coach de réputation et j’avais un bon pressentiment. D’accord, j’aillais m’inscrire. Le soir venu, c’est avec beaucoup de nervosité que je suis arrivée dans le local d’agilité. Ma dernière expérience de ce sport avait été mauvaise, et j’étais encore craintive. Eh bien, j’ai été vite rassurée. Ça fait maintenant quatre mois que je suis des cours avec Lucie Dessureault toutes les semaines, et pas une seule fois elle n’a même insinué que je devrais être plus sévère ou plus stricte avec mon chien. Elle m’a plutôt encouragée à être plus motivante, plus encourageante, plus positive! Même quand Oslo fait son bébé tannant qui s’enfuit à l’autre bout de la salle avec un jouet (c’est maintenant très rare), elle m’encourage à le rappeler de la manière la plus positive qui soit. Je trouve qu’Oslo et moi travaillons super bien ensemble, malgré notre expérience limitée. Nous avons fait d’énormes progrès en quatre moi, et j’ai appris à aimer de nouveau ce sport.

Maintenant, je m’efforce d’être toujours positive et d’avoir confiance en mon instinct. Oui, j’aimerais qu’Oslo et moi fassions de la compétition au niveau le plus haut possible. Mais pas à n’importe quel prix. Oh non! J’ai fait assez de sport de compétition dans ma vie pour savoir que ce n’est pas si important que ça de gagner ou d’être les meilleurs.

Pour notre première compétition d’agilité, je ne vise qu’une seule chose : avoir un plaisir fou avec mon chien sur le ring. Je crois bien qu’il va être très bon, mais si jamais cette journée-là, il décide d’aller sniffer partout, d’aller voir le juge ou d’inventer un parcours de son cru, je vais juste sourire, le rappeler, et continuer de m’amuser avec lui, mon beau et merveilleux Oslo.