18 juillet 2011

Triathlon olympique de Sherbrooke

Si vous ne le saviez pas, je vous le confirme : le vélo est un sport important dans le triathlon. J’avoue que je n’y accordais pas une grande importance. Pourquoi respecter un sport qui se pratique assis, dites-moi?

J’ai choisi le triathlon de Sherbrooke parce que c’était le seul qui entrait dans mon horaire estival. Pour optimiser ma préparation en vue du marathon de Montréal, j’ai décidé de passer à la distance olympique. Je trouvais que ce serait un bon test d’endurance. Au moment de mon inscription, j’ai eu quelques craintes en raison de la description suivante qu’on peut lire sur le site :

Si vous voulez battre votre record personnel sur la distance olympique, vous êtes au mauvais endroit. Ici, vous goûterez aux panoramas et aux vallons de l'Estrie qui vous couperont le souffle ... littéralement! Si vous voulez vivre quelque chose de différent, vous serez servi.

Pour être servie, j’ai été servie. Non seulement j’ai eu le souffle coupé, mais aussi les jambes sciées. Mon expérience a été traumatisante. Rien de moins!

Dimanche matin, vers 7 h, je suis partie de Montréal en direction de Sherbrooke. Je voulais arriver tôt pour avoir de la place dans le stationnement. (Les retardataires étaient condamnés à se stationner 2,5 km plus loin, ce qui est loin d’être pratique lors d’un triathlon.) Je suis arrivée à temps, j’ai eu une belle place et j’ai tout de suite été charmée par la beauté de l’endroit. Le lac, en particulier, était tout simplement magnifique. En plein le genre de lac dans lequel je rêve de nager depuis toujours. La température était très chaude, alors je me sentais bien. J’avais peur de crever de chaleur dans la portion de course à pied, mais c’était parfait pour la natation. Et ça me semblait acceptable pour le vélo aussi. Après avoir été chercher ma trousse du coureur et découvert avec bonheur que je porterais le numéro 74 – mon année de naissance –, j’ai commencé le long processus de préparation en vue de l’épreuve : organisation de mon stock, gonflage des pneus de vélo, hydratation, alimentation, échauffement dans le lac. Mon amie Caroline est arrivée un peu après moi et, comme à Tremblant, nous étions une à côté de l’autre dans la zone de transition. Il y avait aussi Guillaume pas loin, qui avait l’air détendu et confiant. J’ai pris le temps d’aller voir le départ du super sprint, et derrière moi, il y avait un gars qui disait : « Le parcours de vélo du super-sprint est assez facile. Celui de l’olympique est pour les hommes forts. C’est un parcours de grimpeurs et ça prend des jambes d’acier. » Ça m’a mis la puce à l’oreille, d’autant plus que j’ai entendu d’autres personnes répéter des propos assez similaires plus tard. Mmm… Peut-être que ça allait être un peu trop difficile pour mes capacités actuelles. Mais je voulais donner le meilleur de moi-même et finir mon premier triathlon olympique à tout prix.

Quand je suis entrée dans le lac, j’ai constaté deux choses qui m’ont fait plaisir : l’accès au lac se faisait par une petite plage de sable et il y avait pas mal de vagues (je savais que ça pouvait compliquer les choses, mais c’était si joli). Malheureusement, plus on avançait, plus les pieds s’enfonçaient dans de la vase toute gluante. Ça m’a écœurée alors je me suis vite mise à nager. Pas très facile dans les grosses vagues, mais vraiment trippant. J’étais aux oiseaux et mon stress a diminué de moitié. La température de l’eau était absolument divine. Parfait pour nager. Le wetsuit était interdit en raison de la chaleur, et ça ne me dérangeait pas du tout. Mon échauffement s’est limité à une centaine de mètres de crawl. Il faisait si chaud!

Avant le départ, j’ai attendu environ 5 minutes dans l’eau, un peu paniquée parce que j’avais les pieds dans la vase dégueulasse. J’étais fort impressionnée par Caroline qui était la seule à ne pas se plaindre de l’aspect désagréable de la chose. La vase me rebutait tellement, que je préférais faire de la nage sur place plutôt que d’y toucher avec mes pieds, quitte à dépenser un peu d’énergie. Le signal du départ a finalement été donné, et j’ai commencé à nager. Je m’étais positionnée à l’arrière, et j’y suis restée tout le long. Et pourtant, j’ai vraiment très bien nagé. Je sentais que j’avais une belle technique. J’étais détendue. J’affrontais les vagues avec détermination. Je trouvais ça vraiment facile. J’ai bien avalé de l’eau par le nez à quelques reprises en raison d’un mauvaise synchronisation entre ma respiration et l’arrivée des vagues dans ma face, mais rien de très désagréable. En fait, je nageais dans le bonheur (pour employer un jeu de mot facile). Ça fait des années que je souhaite nager dans un aussi beau et grand lac par une journée chaude d’été, et j’étais en train de le faire! La satisfaction que j’ai ressentie dans le parcours de natation est indescriptible. Pendant cette portion de mon triathlon, je n’étais pas en train de faire une course, je réalisais un rêve d’été. Bon à la fin, j’ai senti mon côté compétitif refaire surface un peu. Il y avait un gars qui nageait à la même vitesse que moi. Je l’ai suivi longtemps, mais vers la fin, il m’a poussée dans la dernière bouée, et j’ai dévié de ma trajectoire. Il m’a ensuite semée le maudit.

Quand je suis sortie de l’eau, j’étais vraiment détendue et j’ai couru pas trop vite jusqu’à la zone de transition. J’ai pris le temps de boire de l’eau et du Gatorade et de manger un jujube PowerBar full blast (merci Trigirl pour la suggestion). J’ai pris mon temps pour mettre mon casque, mes bas et mes souliers à un point tel que Caroline, qui est sortie de l’eau une trentaine de secondes après moi, est repartie avant moi de la zone de transition. Quand je suis arrivée à la ligne de départ de vélo, j’ai voulu placer ma pédale pour pouvoir clipper mon premier pied, mais oups, pédalier bloqué. J’ai crié « ma chaîne est tombée, ma chaîne est tombée », et le bénévole a dit : « remets-la ». J’ai répondu : « je ne sais pas comment! Je ne sais pas comment! » Puis, j’ai jeté un coup d’œil sur ma chaîne. Elle semblait bien en place. Tout semblait normal. J’ai encore essayé de placer ma pédale. Toujours impossible. Je l’ai donc laissée comme ça et j’ai clippé mon pied quand même. J’ai commencé à essayer de pédaler. Ça a fait un bruit de ferraillerie étrange, puis j’ai pu partir et clipper mon autre pied. À peine avais-je résolu ce premier problème que commençait la première montée d’environ 3 kilomètres. L’avantage d’avoir une montée comme ça en début de course, c’est qu’on perd tout de suite ses illusions et qu’on sait qu’on devra impérativement bien gérer son énergie durant la course. Le désavantage, c’est qu’il n’y a déjà plus tellement de gestion à faire, étant donné que le niveau d’énergie est déjà au plus bas. Après cette longue montée, il y avait une très, très longue et abrupte descente de 5 km, je l’ai descendue, effrayée, les mains bien serrées sur les freins. J’avais peur, oui, mais j’étais surtout très démoralisée : la toute première montée m’avait déjà scié les jambes. Comment allais-je pouvoir monter cette côte en toute fin de course (le parcours étant un aller-retour)? Après cette descente, il y a toute de suite eu une deuxième montée de 5 km, que j’ai trouvée quand même plus facile que la première étant donné qu’elle était un peu moins prononcée. Au 13e kilomètre, j’étais à bout de force, légèrement déshydratée, mentalement abattue, et mon dos commençait à me faire beaucoup souffrir. Et puis, il y a eu une courte côte de 12 % qui m’a achevée. Mon dos brûlait, mes triceps (!) brûlaient, mon derrière me faisait déjà très mal et j’avais une douleur abdominale droite inquiétante. Mais au moins, la vue était belle, et j’ai vu des vaches. Il y avait un genre de faux plat montant jusqu’au 20e km. Enfin, c’était le moment de rebrousser chemin. J’ai énormément apprécié le faux plat descendant, mais pas autant que j’aurais pu, car tout mon corps me faisait mal et je commençais à souffrir énormément de la chaleur. Je buvais régulièrement, mais j’avais toujours soif. La sensation de brûlure dans mes triceps et mon dos devenait insupportable. Après une courte montée et une assez longue descente, j’ai entrepris la dernière montée de 5 km (celle que j’avais descendu les mains sur les freins). J’étais complètement épuisée et ma douleur abdominale empirait. Je montais à une vitesse extrêmement lente. Plus lent que ça, tu tombes sur le côté. Mais je ne voulais pas marcher à côté de mon vélo. Jamais de la vie! Alors je montais à 2 km/h. Un policier à moto m’a rejointe et m’a demandé comment j’allais. J’ai éclaté en sanglots en lui disant que j’étais épuisée. Il m’a encouragée et il est resté à côté de moi pour le reste de la montée. Je sanglotais et il me parlait et m’encourageait. Il me changeait même un peu les idées. Il a été mon ange pendant le parcours de vélo. À un moment donné, il m’a dit que le pire était fait et qu’il restait juste une autre montée avant la descente finale. J’étais soulagée. Vers la fin de la montée, j’avais très mal au cœur, et j’ai failli m’arrêter pour vomir. Mais je me suis vraiment retenue. La chaleur était suffocante. Je craignais d’être en train de faire un coup de chaleur et j’ai songé à abandonner mon triathlon après le vélo. Je trouvais la situation dangereuse pour moi. La dernière descente m’a fait beaucoup de bien et c’est avec un immense soulagement que j’ai abandonné mon instrument de torture dans la zone de transition. J’aurais voulu me jeter dans le lac, mais je me suis retenue très fort.

 J’ai décidé de commencer la portion de course en marchant, question de faire descendre un peu ma température corporelle et de maîtriser mes nausées. Le premier kilomètre et demi sur le parcours de course était une grosse côte montante et je l’ai trouvé infernale même si je l’ai gravie en marchant. J’étais à bout de souffle. En marchant. Je pensais à mon marathon, et les pensées négatives fusaient. Je me disais que ces 10 derniers kilomètres correspondaient, en difficulté, aux 10 derniers kilomètres d’un marathon, et que j’étais en train de rater lamentablement la chance que j’avais de m’exercer à endurer l’inconfort. Cela dit, j’étais rendue complètement déshydratée même si j’avais bu de l’eau dans la zone de transition. Il fallait que la zone de ravitaillement arrive bientôt, sinon, j’allais devoir rebrousser chemin. Je savais que je prenais un risque en poursuivant cette course dans cet état. Un coup de chaleur n’est pas à prendre à la légère. Comme pour confirmer mes craintes, j’ai croisé un coureur couché au sol entouré de l’équipe de premiers soins. Il s’était effondré en courant. L’ambulance est arrivée peu après. Heureusement, j’ai aperçu le point d’eau non loin devant moi. Et, oh bonheur, il y avait un petit gars pour nous arroser à l’eau fraîche. C’était merveilleux! Je me suis sentie un peu mieux après. J’ai bu de l’eau et j’ai été capable de prendre un gel GU chocolat-menthe. Ce fut un test concluant en vue de mon marathon, car j’ai trouvé ce gel délicieux et facile à avaler malgré mon mal de cœur. Après cette première station d’eau, j’ai été capable de commencer à courir. Quand je courais, au moins c’était à un bon rythme, probablement en bas de 6 minutes/km. Pour économiser mon énergie le plus possible, j’ai cependant marché dans toutes les montées. Je crois que cette stratégie m’a permis de terminer ma course en santé. Le retour a assez bien été. C’était surtout de la descente, alors j’ai pu me laisser aller en courant. C’était presque fini. J’étais soulagée.

À l’arrivée, j’ai constaté que le site était en train d’être démonté. Les barrières de la zone d’arrivée étaient presque toutes enlevées. J’ai senti que je n’avais vraiment pas été à la hauteur de cette compétition et je me sentais profondément humiliée. J’ai éclaté en sanglots. Et j’ai été déçue qu’ils ne remettent pas de médaille à la fin comme c’est le cas dans certaines compétitions difficiles. Mon seul accomplissement avait été de ne pas avoir abandonné. J’avais besoin d’un symbole pour le souligner.

J’ai pleuré hystériquement pendant une bonne minute. J’étais déçue et épuisée. Puis je me suis rappelé que Caroline n’était pas loin derrière moi et je me suis précipitée pour applaudir son arrivée. Elle avait sûrement souffert autant que moi, et je tenais à la féliciter. Elle est arrivée toute souriante et heureuse. J’ai trouvé qu’elle avait une superbe attitude, et j’aurais voulu être capable de faire comme elle. Je vais essayer de m’en inspirer pour les prochaines fois.

J’ai enfin pu me jeter dans le lac et y détendre mes muscles endoloris, après quoi je suis allée assister à la remise des médailles. C’était long compte tenu du nombre élevé de catégories. J’avais soif, alors j’ai entrepris de me rendre à la fontaine qui se trouvait à quelques mètres. Étrange combien la notion de distance change en fonction de l’état de fatigue. Ça m’a paru loin! Après avoir bu, je me suis laissé tomber sur un banc et j’ai mis ma tête entre mes jambes, car j’étais étourdie. C’est à ce moment que j’ai entendu mon nom. Troisième place dans la catégorie Femmes 35-39 ans. Il n’y avait que 3 participantes dans cette catégorie, mais tassez-vous de d’là j’la veux ma médaille. J’allais finalement obtenir le symbole dont j’avais tant besoin.

D’habitude mes médailles aboutissent dans le fond d’un tiroir. Celle-là est suspendue à la poignée de porte de mon bureau. Bien en vue.

Hier j’étais amèrement déçue, mais ma déception a cédé la place à une grande fierté. Cette course a été la plus difficile de toute ma vie. Plus difficile que mon premier marathon.

Je vais toujours me rappeler mon premier triathlon olympique.

Hier, je ne pensais jamais que j’allais dire ça, mais l’an prochain, beaucoup de vélo, beaucoup de triathlons de toutes distances et, à la fin de l’été : demi-Ironman.

Je crois bien que le vélo a gagné mon respect.

5 juillet 2011

Ça va bien!

Je tiens mes promesses.

Dans un message précédent, j’affirmais que ma préparation en vue de mon deuxième marathon serait bien plus rigoureuse que pour le premier. Jusqu’à présent, je respecte rigoureusement le plan. Et je constate déjà avec émerveillement les résultats. Je suis en forme. Pour le moment, je travaille beaucoup ma vitesse sur des distances moyennes allant de 8 à 16 km. La semaine dernière, j’étais en vacances dans les Laurentides et en Gaspésie, et j’ai dû affronter de grosses côtes dans tous mes entraînements. Malgré tout, je suis parvenue à respecter les vitesses demandées sans le moindre problème. J’arrive à souffrir plus longtemps sans trop m’en faire. Je me sens forte quelles que soient les conditions : humidité, chaleur, côtes, vent, pluie diluvienne.

Je m’entraîne en général six jours par semaine : 4 entraînements de course à pied, un entraînement de natation et un entraînement de vélo. Après mon triathlon olympique, qui a lieu dans deux semaines, je me concentrerai presque seulement sur la course à pied. Mes distances de course vont alors augmenter de plus en plus. C’est avec beaucoup de confiance et d’enthousiasme que j’envisage mon deuxième marathon. J’espère le courir à un bon rythme celui-là.

J’ai commencé à réfléchir à mon prochain défi post-marathon, car je ne veux pas vivre de grosse baisse de motivation comme l’an dernier. L’un de mes rêves est de courir un demi-marathon en moins de 2 h, et je crois que ce serait un objectif très réaliste pour cet automne. Si tout va bien, je m’inscrirai au demi-marathon de Philadelphie. Je l’avais couru en 2 h 05 en 2009. Si j’arrive à éviter les blessures d’ici là, je devrais être capable de passer sous les deux heures, car je serai en forme plus que jamais.

En ce moment, il fait 33 degrés avec le facteur humidex, et je m’apprête à sortir pour mon entraînement d’aujourd’hui : 8 km avec 2 km au demi-train (vitesse du 10 km) immédiatement suivis de 1 km au train (vitesse du 5 km). Un autre entraînement qui sera sans doute payant!

14 juin 2011

Programme jusqu'au marathon

Mon programme de compétitions a changé souvent cette année pour différentes raisons, mais je crois qu’il est maintenant bien établi. Le marathon de Montréal étant mon objectif le plus important, les autres compétitions devaient être judicieusement choisies pour m’aider dans ma progression. Après discussion avec mon coach, j’ai sélectionné les compétitions suivantes :

17 juillet : Triathlon de Sherbrooke (distance olympique : 1500 m de natation, 40 km de vélo et 10 km de course à pied). Il semble que ce soit un triathlon exigeant si on se fie à ce qui est écrit sur le site de l’événement : « Si vous voulez battre votre record personnel sur la distance olympique, vous êtes au mauvais endroit. Ici, vous goûterez aux panoramas et aux vallons de l'Estrie qui vous couperont le souffle ... littéralement! Si vous voulez vivre quelque chose de différent, vous serez servi. » Bon, je n’ai pas peur des défis, et je sais que je serai bien entraînée! Ce sera mon seul autre triathlon cette année, car dès le début d’août, je devrai me consacrer exclusivement à la course à pied étant donné que mon coach va me faire courir « beaucoup ».

14 août : Demi-marathon Maski-Courons. Un autre défi. C’est un petit événement fréquenté par des coureurs d’expérience qui a lieu sur un parcours tout en côtes. C’est là que j’ai fait mon premier demi-marathon il y a 2 ans et ce fut très difficile. J’étais arrivée dernière dema catégorie et j’avais manqué d’eau. J’ai choisi ce demi-marathon pour bien me préparer pour le marathon de Montréal qui compte quand même plusieurs côtes. De plus, cet événement a lieu à un bon moment dans ma préparation.

17 août : 5 km Endurance. Seulement 3 jours après le demi-marathon, mais je ne peux pas le manquer, car c’est à côté de chez moi. L’an dernier j’avais complètement fracassé mon record au 5 km lors de cette course. Je compte bien battre mon record encore une fois cette année.

25 septembre : Marathon de Montréal. Même marathon que l'an dernier, mais beaucoup plus solide j'espère!

Jusqu’à présent, mon entraînement va bien. Je suis encore dans la phase préparatoire et je sens ma forme revenir à la vitesse grand V. À partir du début de juillet, je vais entrer dans le véritable entraînement spécifique en vue du marathon pour une période de 12 semaines. Je sens que je suis sur la bonne voie. J’adore me faire coacher, parce que je n’ai qu’à suivre les entraînements à la lettre et que je reçois beaucoup d’encouragement et de soutien.

Cette année, je fais aussi extrêmement attention à mon alimentation. Je crois que ce sera un grand atout dans mon entraînement!

11 juin 2011

Triathlon de Tremblant

Je ne sais pas si je devrais écrire mon billet à chaud comme ça, parce que le seul sentiment que je ressens actuellement est de la déception. Il y a deux semaines à peine, je disais à mon coach : « je ne veux pas m’entraîner en vélo ni en natation, parce que mes résultats de triathlon je m’en fous. Ce qui est important pour moi c’est le marathon de Montréal. » Et bien, il semble que ce ne soit pas vrai. J’aurais aimé faire bien mieux. Et maintenant je suis triste.

Au cours du dernier mois, je suis quand même allée nager 2 fois et je suis allée rouler une fois. Mais je me suis presque seulement entraînée en course à pied. Jusqu’à avant-hier, je croyais que le parcours de vélo de Tremblant était plat. J’ai donc négligé de pratiquer mes changements de vitesses. Je n’avais pas mis mon vélo sur le petit plateau depuis l’année dernière. Mais, oh surprise, il y a trois côtes successives sur le parcours : une petite, une grosse et une moyenne. Et comme il fallait faire cinq tours, ça donnait quinze côtes. Au début de la deuxième côte du premier tour, le levier de vitesse du petit plateau s’est brisé : « Ah! non! Fuck! Fuck! Fuck! Osti de vélo de marde! J’aurais donc dû prendre du Shimano 105 comme me l’avait recommandé Sylvie! ». Puis j’ai eu un petit moment de soulagement parce que ça rendait la gestion de mes vitesses moins compliquée. Je me suis dit que j’allais me servir de mes quadriceps légendaires et monter les côtes avec ma force brute. C’est ce que j’ai fait. J’ai monté les quatorze côtes restantes sur le gros plateau en forçant comme une déchaînée. J’avais peur de briser mon pédalier tellement je forçais. J’avais les quadriceps qui brûlaient énormément, mais c’est une sensation à laquelle je suis habituée à cause de la musculation de volleyball. J’étais aussi extrêmement essoufflée, et cette sensation là je ne l’ai pas encore apprivoisée.
Mais un triathlon, ça ne commence pas par le vélo! La natation est la portion que j’ai préférée, et de loin! Avant le départ, j’avais des frissons d’excitation et de fierté à l’idée de participer à un « vrai » triathlon. L’épreuve de natation m’a toujours énormément impressionnée et je n’en revenait pas d’y participer moi aussi maintenant. Il faisait beau, l’eau n’était pas trop froide, et je me sentais invincible (et insubmersible) avec mon wetsuit loué à la boutique Courir. La natation s’est passée sans trop d’histoire, à part quelques coups de coude et coups de pieds reçus et donnés. Vers le début, je suis souvent restée prise en arrière de certaines personnes qui avaient du mal à avancer, puis j’ai pris ma vitesse de croisière. Je me suis concentrée pour être bien détendue. J’ai nagé à un rythme rapide (pour moi), mais non épuisant, car je voulais me garder du jus pour les autres épreuves.

Ma transition s’est bien passée (merci à Véronique Meunier qui m’a rappelé les essentiels de l’organisation des transitions). J’ai couru jusqu’à l’endroit où on a le droit de monter sur nos vélos et, comme lors de mon try-a-tri de l’an dernier, ça m’a pris beaucoup de temps pour clipper mes soulier sur pédales. Mais ne vous inquiétez pas j’ai fini par réussir et à me joindre aux autres cyclistes. Oh! Que ça roulait bien sur la piste de course automobile de Tremblant. La surface était parfaitement lisse. C’est un parcours très rapide (avant les maudites côtes). Quand j’ai terminé mon 4e tours (sur 5), j’ai vu une fille que je connais vaguement terminer sont 5e tour et ça m’a un peu démoralisée. J’étais tout de même contente un peu parce qu’il ne restais plus qu’un tour.
Après le vélo, et bien, j’étais crevée et je ne sais pas comment j’ai fait pour courir, d’autant plus que le parcours de course était très vallonné. Je ne reconnaissais pas mes jambes et je me sentais vraiment épuisée. Je me demande comment il est possible de faire un Ironman (c’est genre 9 fois la distance d’ aujourd’hui, que j’ai pourtant trouvé très longue!) Bref, je n’étais pas très fière de ma course non plus.

D’un autre côté, je trouve que ça m’a fait un excellent entraînement d’endurance plus de trois mois avant mon marathon. On va pouvoir bâtir là-dessus. J’aimerais bien me « reprendre » dans au moins un autre triathlon cet été, mais je crains que ça hypothèque ma préparation en vue du marathon. C’est quand même la course qui demeure ma priorité.

Voici donc mes résultats d’aujourd’hui :
Natation : 18:49 minutes (distance de 750 m)
Vélo : 51:35 minutes (distance de 21,3 km)
Course : 28:36 minutes (distance de 5 km)


Total : 1 h 38 minutes 59 secondes

 C’est ça qui est ça. Si je veux être meilleure, va falloir que je m’entraîne et vélo et en natation.
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En apparté, il faut que je parle des gens qui étaient là et qui ont rendu l'expérience agréable. D'abord, j'avais l'immense plaisir d'avoir Stéphane et Oslo comme supporters! C'est toujours agréable de se faire encourager par son amoureux et son bébé chien! Il y avait aussi Véronique, qui n'a pu participer en raison de sa blessure à l'épaule, et qui était là avec le beau Goliath. Véronique m'a aidée à organiser les 45 dernières minutes de mon temps avant le départ. Sans elle, j'aurais sûrement continué de tourner en rond pendant un bout, et j'aurais été en retard dans ma préparation! (Et un gros merci à Goliath qui a complètement épuisé Oslo. J'ai un chien qui DORT en ce moment!) Dans la zone de transition, j'étais à côté de mes amies Caroline et Valérie. Caroline en était elle aussi seulement à son 2e triathlon et elle était tout aussi stressée que moi! Valérie, pour sa part, semblait plus détendue, forte de ses quelques années d'expérience en triathlon. Elle nous a prodigué d'excellents conseils pour nous détendre. Enfin, je tiens à remercier le très généreux athlète du Club olympique triathlon qui m'a gonflé mes pneus de vélo alors que j'étais sur le point de pleurer en raison de ma pompe brisée. Merci à ce gentil inconnu!

Je tiens aussi à remercier mon coach, JP, qui est toujours si patient avec moi. Je ne suis pas une "athlète" facile, car j'ai souvent des hauts et des bas. J'apprécie énormément toute l'aide qu'il m'offre! Maintenant que je suis motivée, je suis sûre que nous arriverons à de beaux résultats.
À bien y penser (maintenant que je ne suis plus « à chaud » comme je l'étais au début de mon texte), ce fut une très belle expérience. Je suis chanceuse d'être en mesure de faire du sport comme ça et de pouvoir me dépasser!» Et ce que j'aime le plus dans tout cela, ce sont les amis merveilleux que je me suis fais dans le monde de la course à pied et du triathlon. Je vous aime. xxx

1 juin 2011

Nerd

Il y a un taux élevé de nerds obsessifs-compulsifs perfectionnistes hyperperformants chez les coureurs. C’est sûrement pourquoi je me suis fais tant d’amis au sein de cette communauté, même si je suis loin d’être sociable : je me sens en terrain connu. Tous mes amis coureurs sont des gens qui aiment exceller – et qui sont prêts à fournir des efforts considérables pour arriver à leurs fins. Je suis constamment fière de mes amis coureurs.

Pour ma part, j’oscille sans arrêt entre une discipline de fer pour atteindre des objectifs bien précis et un quasi-sabotage quand je dois accomplir des tâches pour lesquelles l’excellence me semble inaccessible.

Exemple de sabotage :
Mes études en physiothérapie : Je n’avais pas la tête à mes études, car toute mon énergie et toutes mes pensées étaient dirigées vers mon objectif : devenir l’une des meilleures joueuses de volleyball du Canada. Tant qu’à ne pas avoir constamment A+, aussi bien de laisser tomber et d’accepter d’avoir des B et même des C. Et surtout, m’en foutre et ne jamais étudier. Et partir en plein milieu d’un examen de biochimie parce que la pratique de volley commençait à 15 h 30 ce jour-là. Sabotage.

Exemple de discipline :
Mes années de volleyball universitaire : Je m’efforçais de donner le meilleur de moi-même à tous les entraînements . Je faisais ma musculation religieusement. Je traversais même les tempêtes de neige pour aller faire ma muscu au CEPSUM quand un entraînement était annulé pour cause de température extrêmement mauvaise. J’ai frappé des milliers et des milliers de balles au mur, toute seule, pour améliorer ma technique d’attaque et faire de mon bras un vrai fouet. J’ai fait de l’haltérophilie, des squats et de la plyométrie pour améliorer la hauteur de mes sauts. Et surtout, je faisais de la visualisation constamment pour améliorer ma technique et ma force mentale en situation stressante. Résultat : 4 médailles au championnat canadien en 5 ans et sélection sur l’équipe nationale. Discipline.


Pour mon premier marathon, j’ai fait pas mal n’importe quoi. C’était un objectif important pour moi, mais je ne savais pas dans quoi je m’embarquais. J’ai pris l’entraînement à la légère. Je suivais mon programme selon mon humeur. Parfois j'improvisais. Souvent je ne faisais rien. J’ai fait de très beaux efforts à certains moments quand même, mais ma préparation n’était pas optimale. Tout cela frôlait le sabotage...
Pour mon deuxième marathon, mon état d’esprit n’est pas le même. Je crois sincèrement que je n’ai pas une bonne génétique de coureuse. Cela dit, je sais que je peux m’entraîner sérieusement, en véritable athlète. Je sais combien je peux être disciplinée et donner le meilleur de moi-même. J’ai envie de m’entraîner à la perfection et de très bien manger. Je veux voir jusqu’où je suis capable d’aller. Je tiens à faire de mon mieux, chaque jour d’ici le marathon et à franchir les obstacles qui se dresseront sur mon chemin comme une championne, qu’il s’agisse de blessures, de fatigue, de baisses de motivation ou d’événements malheureux du quotidien.

Je ne crois pas l’avoir démontré tellement dans ma vie de coureuse jusqu’ici, mais de la discipline, j’en ai.

Marathon, attends-moi. J’arrive! Cette fois, c’est la nerd que tu devras affronter.

31 mai 2011

Marathon... prise 2!

Lors d’un tournage, on fait une deuxième prise lorsque la première n’était pas tout à fait satisfaisante. C’est ce que je vais faire avec mon marathon. Même décor, même événement, mais beaucoup de changements dans la préparation, et espérons-le, dans le résultat.

En d'autres mots, je me réinscris au marathon Oasis de Montréal, qui aura lieu le 25 septembre prochain, mais je mets tout en oeuvre pour améliorer ma performance.
L’an dernier, j’ai suivi le plan d’entraînement du groupe B qui est proposé sur le site du marathon de Montréal, mais je l’ai modifié pas mal (p. ex., j’ai sauté tous les entraînements qui me paraissaient inutiles, comme les sorties de 30 minutes sans intensité et j’ai augmenté de beaucoup le nombre et la durée des longues sorties). Autre erreur, j’ai fait ma sortie de 32 km 5 semaines avant le marathon. Après ça, j’étais tellement fière de moi que j’ai commencé aussitôt ma période de récupération (taper). Une récupération de 5 semaines, c’est beaucoup trop long. Bref, ça n’a pas bien fonctionné. Mon premier marathon a été très, très difficile et j’avais l’impression d’être entre la vie et la mort pendant plusieurs heures après le marathon. Pas bon.

Cette fois-ci, je vais suivre à la lettre le plan que mon coach JP va me préparer. J’aimerais atteindre les objectifs suivants :
1- Pas vomir pendant le marathon, ni après (l’an passé, j’ai vomi trois fois pendant le marathon et au moins deux fois après en plus d’avoir été dans un état lamentable pendant 3-4 heures après l’événement). Le mal de cœur est parti miraculeusement une fois que j’ai avalé un bon hamburger de chez McDo pour souper. Je me demande si ce n’est pas la preuve qu’ils mettent réellement des antiémétiques dans leur bouffe…

2- Courir tout le long du marathon, me sentir forte jusqu'à la fin (fatiguée, certes, mais encore capable de courir et de pousser). L’an dernier, il ne me restait plus aucun jus après le 24e kilomètre. C’était facile, facile jusqu’à 21-22, puis paf, plus capable d’avancer après. Un genre de mur beaucoup trop précoce. Je ne veux pas ça cette année.
3- Chrono de moins de 4 h 45, ce qui devrait être vraiment facile si les deux objectifs précédents sont atteints et si je m’entraîne bien.

Je suis contente d’avoir la chance de me lancer de nouveau dans l'aventure du marathon. J’adooooore l’entraînement de marathon. On se sent constamment comme une vraie athlète. C’est le bonheur. Je me trouve chanceuse parce que je ne suis presque plus blessée (n’empêche que je vais aller en physio demain pour mes chevilles qui me font mal au lever le matin). En plus, j’ai complètement retrouvé le goût de courir. Je suis heureuse!
Mon entraînement commence aujourd’hui : une petite sortie de 45 minutes avec 3 fois 2 minutes au rythme de 10 km (5 min 35/km). Un pas à la fois, et avec le sourire, je vais me bâtir des jambes et des poumons capables de me faire franchir la ligne d'arrivée avec fierté.

16 mai 2011

10 km de Châteauguay

S’il y a une chose que je retiens de ma course à Châteauguay, c’est que j’ai enfin retrouvé le goût de courir. Pour la première fois depuis le marathon de Montréal en septembre dernier, j’avais vraiment envie de me pousser à fond.

On ne peut pas dire que la température était agréable. Il pleuvait et il ventait pas mal, et j’avais vraiment froid. J’ai pris soin de bien calculer mon temps d’échauffement afin d’être prête environ une minute ou deux avant la course de manière à ne pas avoir le temps de me refroidir avant le départ. Malheureusement, le départ a été retardé de 15 minutes, alors il a fallu que je continue de courir pendant tout ce temps. Ça ne faisait pas tellement mon affaire, car mon endurance n’est pas très grande et il ne faut pas que je coure trop longtemps avant un 10 km.

Cela dit, j’étais prête à laisser mes trippes sur l’asphalte et je me suis bien visualisée comme une dynamique bombe sur deux pattes. Je me suis positionnée ridiculement trop en avant dans le peloton et je suis partie à la même vitesse que ceux autour de moi : vraiment vite. Je n’avais pas ma montre, alors rien ne pouvait m’arrêter (d’habitude, ma montre me sert de lobe frontal pendant mes courses – elle est la maîtresse de mon jugement et me force à ralentir en cas de départ trop rapide). Sans montre, ma formidable tendance à la pensée magique pouvait lâcher son fou! Au 1er kilomètre, j’ai entendu qu’on était à 4 minutes 30. C’était près d’une minute trop vite. Cela aurait dû me ralentir. Mais non. « Pourquoi ne pas essayer de maintenir ce rythme jusqu’à la fin? », me suis-je suggéré avec enthousiasme. Pourquoi? J’ai eu la réponse après trois kilomètres : parce que ça fait qu’au lieu d'en arracher pendant les deux derniers kilomètres, on en arrache pendant sept en soufflant aussi bruyamment qu’un vieux fumeur emphysémateux en phase terminale. Regards très inquiets des bénévoles en prime. En tout cas, j’ai trouvé que les nombreux coureurs qui m’ont dépassée n’avaient vraiment pas l’air de forcer assez comparativement à moi. La plupart avaient carrément l’air de faire une balade du dimanche. Ils n’avaient même pas l’air essoufflés du tout. J’ose espérer qu’ils avaient vraiment mal aux jambes ou quelque chose.
Avec un tel départ, il va sans dire que ce 10 km m’a paru interminable, d’autant plus que j’ai halluciné une borne de 5 km à la place de celle de 4 km. Quand j’ai « revu » la borne de 5 km, plusieurs hypothèses me sont venues en tête :

1- Ils se sont trompé et ont mis la borne de 5 km deux fois!
2- Je me suis trompée de chemin!! (Ça n’aurait vraiment pas été la première fois.)

3- C’est sûr que ça fait plus que 5 km; je souffre bien trop pour qu’il reste encore la moitié du chemin à parcourir!!!
J'ai bien entendu balayé du revers de la main l’hypothèse la plus plausible : mon cerveau vaut pas de la schnoutte quand je cours; les chiffres se mélangent toute dans ma tête. Ça s’pourrait-tu qu’il était écrit 4 km sur la dernière borne?

Tout ça pour dire que j’ai couru les 5 derniers kilomètres à une vitesse dangereusement décroissante. Je me faisais dépasser par des gazelles du calibre de Shalane Flanagan et de Kara Goucher, je vous jure! Je ne sais pas pourquoi elles ont attendu à la fin pour accélérer comme ça. Ou était-ce moi qui faisait du sur-place? Je vous laisse deviner.
Ça allait tellement mal que je craignais de faire mon pire temps à vie et même de dépasser les 60 minutes. J’ai donc été très soulagée de voir le chrono au loin affichier 55 minutes et des poussières. Ça m’a donné l’énergie de sprinter sur une centaine de mètres, et j’avais étonnamment beaucoup de jus dans les jambes. Comme d’habitude, c’est le souffle qui manquait.
Mon chrono officiel est de 55 minutes 42. Ce n’est vraiment pas si catastrophique que ça compte tenu du fait que j’ai quand même mal géré ma course et que j’ai été blessée une bonne partie de l’hiver et du printemps. Mon meilleur temps au 10 km est de 54 minutes 40. C'était il y a deux ans. Est-ce que j'aurais pris un coup de vieux? On sont-ce mes 10 livres de trop qui me ralentissent autant?

On verra bien. Je vais continuer de m'entraîner. Je compte bien participer à plusieurs autres courses de 10 km cette année!