12 août 2009

Trop de choses à dire

Il s’est passé BEAUCOUP de choses en une semaine :
- J’ai fait mon premier demi-marathon
- J’ai finalisé une promesse d’achat sur une maison où mon amoureux et moi allons déménager en octobre prochain
- J’ai participé au 5 km Endurance

Ce billet va donc être un peu long.

Demi-marathon (Maski-Courons) le 9 août 2009

C’était important pour moi de finir un demi-marathon avant la fin de ma première année de course à pied (j’ai commencé à courir le 25 août dernier). Comme j’ai été blessée presque tout le printemps et une bonne partie de l’été, je n’ai pas pu suivre un programme d’entraînement optimal. Et je n’ai pas remplacé par du vélo et/ou de la natation mes entraînements de course manqués aussi souvent que j’aurais dû. J’ai donc couru très modérément (entre 15 et 29 kilomètres par semaine), mais pour m’assurer de pouvoir survivre à un demi-marathon, j’ai intégré deux longues sorties à mes semaines d’entraînement (une de 17 km 5 semaines avant le demi-marathon et une de 15 km 3 semaines avant le demi-marathon). Un tel plan de match me permettait d’espérer terminer un demi-marathon, mais pas de performer. Je visais entre 2 h 20 et 2 h 30.

En théorie ce plan m’apparaissait réaliste et sensé. Dans la réalité, je n’ai pas trouvé ça drôle du tout. J’ai couru mon demi –marathon en 2 h 22 et je suis arrivée DERNIÈRE de ma catégorie. C’est un peu dur à avaler.

Voici un petit résumé de la journée :

Je suis arrivée un peu plus tard que prévu sur les lieux de l’événement, car je me suis évidemment perdue en chemin. Je me suis d’abord précipitée aux toilettes pour ensuite aller chercher mon dossard et ma puce. Je n’ai même pas pris la peine d’aller chercher le t-shirt gratuit auquel j’avais droit. Tout d’abord, il avait l’air laid et surtout, j’avais oublié ma deuxième paire de bas dans l’auto, et il ne restait plus que dix minutes avant le départ. Mon échauffement a consisté en un jogging léger jusqu’à l’auto. Pour la première fois dans une course, j’avais sur moi une ceinture avec deux petites gourdes remplies d’eau et des « jujubes de course ». Je me sentais bien équipée, et j’étais à peine nerveuse.


Au cours des premiers km, quand tout allait bien...


Le départ s’est bien passé. Je comptais maintenir un rythme de 6 minutes 15 à 6 minutes 30 du km, ce que j’ai fait presque jusqu’au 15e kilomètre, avant que tout se mette à dégénérer. J’ai dû faire face à deux gros problèmes durant la course. D’abord, comme j’étais dans les dernières, il ne restait jamais d’eau quand j’arrivais aux postes de ravitaillement. Il faisait chaud et j’avais soif alors je n’étais pas très contente. Je n’arrêtais pas de me dire : « C’est ça quand on est poche, on n’a pas le droit d’avoir de l’eau ». Je ne savais pas si ce serait comme ça jusqu’à la fin, alors j’ai fait très attention pour ne pas boire trop d’eau dans mes gourdes. Finalement, je n’ai pas eu d’eau avant le 15e kilomètre. Mais c’était trop tard, et j’étais pas mal déshydratée. Après le 15e kilomètre, on nous donnait des bouteilles complètes d’eau, et j’en ai calé trois en dedans de 7 kilomètres, ce qui fut fatal. Mes temps ont commencé à décliner affreusement (j’ai même fait un kilomètre en 8 minutes 50 – une farce).

L’autre problème majeur, c’était les côtes. Au début, ce n’était que de petites vagues, et ça allait bien, mais après, les vraies côtes ont commencé, et elles ont contribué à m’épuiser très rapidement. J’ai essayé de marcher un peu durant les côtes, mais même en marchant c’était difficile. Je ne m’étais jamais entraînée dans des côtes semblables (sauf en randonnnée pédestre, mais ce n'est pas pareil). En tout cas, ce n'était pas un parcours facile du tout pour un premier demi-marathon. Je crois toutefois que si j’avais été un peu mieux entraînée et si j’avais eu de l’eau, j’aurais pu gérer les côtes efficacement.

De peine et de misère, j'ai franchi les 6 derniers km. Alors que j'étais tout près de la ligne d’arrivée, je me trouvais en compagnie d’environ 4 gars. Ils se sont mis à sprinter, et niaiseusement j’ai embarqué. Au moins, je les ai tous battus à plate couture (mais pour gagner 12 secondes sur 142 minutes, ça n'a pas beaucoup de sens).

C’est là que le pire moment de ma journée a commencé. Je me suis sentie littéralement malade. J’étais étourdie, j’avais des nausées et je ne tolérais aucune position. Je n’arrivais presque plus à marcher, et le haut de mon dos me faisait souffrir énormément, à un point tel que j’ai attendu une demi-heure pour avoir un massage du dos. Le massage m’a fait un bien immense.

Dans un état pitoyable après la course


Je tiens à souligner ici que mes parents étaient là pour m’encourager, et heureusement, car j’aurais eu du mal à retourner à la maison sans eux. J’ai conduit mon auto pour retourner à la maison, mais j’étais dans un état second. J’avais affreusement mal au cœur, et quand on est arrêtés mettre de l’essence, j’ai dû me limiter à 20 $ car je craignais de perdre connaissance. Après avoir payé, je suis allée m’assoir sur le trottoir dans un endroit un peu discret et j’ai vomi. Je me sentais misérable. Ma mère était inquiète et pensait que j’avais eu un coup de chaleur ou un traumatisme cérébral quelconque. Mais à partir de ce moment là, j’ai commencé à aller mieux.

Le lendemain, je me sentais déjà très bien et j’ai complètement récupéré en 3 jours. La preuve, j’ai participé au 5 km Endurance ce soir même! Je n’ai pas battu mon record mais j’ai fait un temps très respectable pour moi : 25:19. J’ai beaucoup aimé cette course, car elle avait lieu en plein dans mon futur quartier, que je trouve absolument charmant! Il y a à peine deux jours, nous avons finalisé les derniers détails d’une offre d’achat sur une maison à Dollard-des-Ormeaux. Nous passons chez le notaire dans moins de deux mois!


Sprint final au 5 km Endurance

Beaucoup de choses sont à l’horaire au cours des prochains mois :
- Nous partons faire de la randonnée dans les Alpes au début de septembre
- Nous achetons notre maison au début octobre
- Nous la rénovons et y emménageons au cours du mois d’octobre
- Je participe au demi-marathon de Philadelphie le 22 novembre (et je vais performer à celui-là!)

21 juillet 2009

42,2 km? Vraiment?

Au fur et à mesure que ma fasciite plantaire s’efface, ma motivation grimpe. Depuis deux semaines, j’ai recommencé à m’entraîner à peu près normalement. Comme mon demi-marathon s’en vient, j’ai fait quelques longues sorties, une fois 17 km et une fois 15 km, et j’en suis exagérément fière. Le 17 km m’a presque tuée. J’ai pratiquement rampé les 3 derniers kilomètres; du moins, c’est l’impression que j’avais. Et j’ai dormi à peu près 15 heures au cours de 24 heures suivantes. J’ai couru un 15 km deux semaines plus tard, et bien que j’aie trouvé ça difficile, j’ai récupéré comme si de rien n’était. Le lendemain, Stéphane et moi sommes allés monter le Mont Orford, et c’était comme si je n’avais pas couru la veille. On dirait donc que je m’améliore. Je vais sûrement survivre au demi-marathon du Maski-Courons dans moins de trois semaines.

Mais, ce dont je ne suis pas sûre du tout, c’est si je vais survivre à l’entraînement du marathon! Comment est-il humainement possible de faire semaine après semaine de longues sorties de 20 à 32 km? Ça me semble inconcevable! J’ai une profonde admiration pour tous ceux qui ont terminé un marathon parce que pour l’instant, ça m’apparaît complètement irréalisable. En tout cas, si jamais je finis un marathon, je vais être tellement fière de moi que je vais en être insupportable!

22 juin 2009

Je suis une girouette

Depuis trois ou quatre ans, j’ai entrepris plein de choses… et j’en ai abandonné presque autant. Il me semble que tout a l’air intéressant de loin, mais quand je m’en approche trop je perds l’intérêt.

Commençons par l’année 2005, l’année où j’ai vécu pleinement ma passion de la danse (quitte à tasser tout ce qui bloquait mon passage). Je voulais alors devenir professeur de danse sociale. En septembre 2005, je ne connaissais rien à la danse sociale. Moins d’un an plus tard, j’avais passé tous mes examens amateurs en danse latine et moderne, puis mon examen professionnel en danse latine (j’en ai bavé un coup). Devenue enfin professeure, j’ai enseigné pendant trois semaines, puis j’ai abandonné.

Ensuite, je me suis inscrite à des cours de flamenco, que j’ai arrêtés après une session, ainsi qu’à des cours de ballet, que j’ai arrêtés après 3 semaines.

En février 2007, je suis redevenue physiothérapeute, après avoir passé 4 ans sans pratiquer. Je me suis établi une bonne clientèle dans des résidences de personnes âgées. En avril 2007, j’avais déjà tout abandonné.

Depuis trois ans, j’ai fait un nombre incalculable de demandes d’admission à l’université. Et je n’ai presque rien terminé. Cours de création littéraire, abandonné après 2 cours. Certificat en journalisme : abandonné après un seul petit cours. Maîtrise en traduction : abandonnée avant même le premier cours. Et ce ne sont là que quelques exemples.

En novembre 2008, je me suis abonnée au Énergie Cardio. À ma deuxième visite au centre, je me suis disputée avec l'un des entraîneurs. Je n'y suis plus jamais retournée.

La semaine dernière, je voulais devenir contrôleuse aérienne! Je me suis découragée avant même d’avoir lu au complet la description de la formation (heureusement pour moi, étant donné que ma tolérance au stress est très, très limitée)…

Et aujourd’hui, je suis persuadée que je veux étudier en études allemandes. On va voir combien de temps ça va durer!

Bref, je suis comme le personnage interprété par Winona Ryder dans How to make an American Quilt. J’abandonne tout avant de me rendre jusqu’au bout. J’ai toujours l’impression que j’ai fait un mauvais choix et qu’il y a mieux ailleurs.

Heureusement, il y a quelques piliers dans ma vie que j’entretiens avec tout mon cœur :

- Mon amoureux
- Ma famille
- Mon travail de traductrice à la pige
- La course

La course est la seule activité (outre mon travail de traductrice) que je n’ai pas abandonnée après quelques semaines. Elle s’est ancrée dans ma vie, et je sens qu’elle le restera toujours. Même si je suis blessée depuis 2 mois, je continue de m’entraîner tous les jours pour m’améliorer, même si je dois remplacer certains de mes entraînements de course par des sorties à vélo, des longueurs à la piscine, des exercices de renforcement et des exercices d’étirement.

La course est une activité très difficile, et malgré cela, je ne l’ai pas abandonnée!

Elle donne beaucoup de stabilité à la girouette que je suis.

19 juin 2009

Voyage et entraînement

Ça fait vraiment longtemps que je n’ai pas alimenté mon blogue, alors je me donne un petit coup de pied dans le derrière pour écrire quelque chose par ce vendredi après-midi tout gris.

D’abord, c’est officiel, mon amoureux et moi irons passer une semaine à Chamonix au début de septembre. Le vendredi 4 septembre en fin d’après-midi, nous nous envolons pour Paris. Ensuite, nous prenons le TGV jusqu’à Genève. Nous passerons l’après-midi et la nuit à Genève pour ensuite prendre l’autobus pour Chamonix le lendemain matin. Nous resterons à Chamonix pendant 6 jours dans un joli appartement et ferons évidemment tout plein de randonnées à partir de la vallée de Chamonix! Le samedi 12 septembre, nous partons pour Paris. Nous y passerons la journée et la nuit, puis reviendrons à Montréal le dimanche après-midi. J’ai préparé tout le voyage moi-même, de A à Z, avec la collaboration de Stéphane. Ça m’a pris une éternité, surtout pour dénicher le parfait appartement : bien situé, joli, confortable et pas trop cher!

Côté entraînement, ça ne va pas si mal compte tenu du fait que j’ai une fasciite plantaire depuis 2 mois. Il a fallu que je réduise mon kilométrage en course, mais ça m’a poussée à m’entraîner sérieusement en vélo et en natation (merci à Jean-Pierre pour l'excellent programme qu'il m'a préparé). Finalement, j’adore m’entraîner dans trois sports. Si je ne me retenais pas, je ferais des triathlons tout de suite, mais je ne peux pas, car mon vélo n’a pas la crédibilité nécessaire disons (un hybride rouillé âgée de plus de 10 ans…) Et je ne veux pas m’acheter un vélo de route cette année, parce que je veux économiser pour mon voyage. En natation, je me sens de mieux en mieux; je prends beaucoup d’endurance et de vitesse. Et je pense qu’en vélo, je pourrais devenir pas mal bonne parce que j’ai de bonnes jambes (quoique je disais ça aussi pour la course, et le résultat est loin d’être concluant de ce côté). Je cours encore une vingtaine de kilomètres par semaine, et je pense avoir réussi à maintenir ma forme. Mais je ne me suis pas améliorée au cours du dernier mois, c’est certain. En plus, j'ai pris un peu de poids. Je pense participer au Maski-Courons en août (demi-marathon, si tout va bien).

J'aimerais ça aller m'exercer à nager dans un lac. Quelqu'un connaît des endroits agréables pour nager en eau libre autour de Montréal?

26 mai 2009

Le blogue de mon amie Sophie

Juste un petit mot pour signaler le tout nouveau blogue de mon amie Sophie. Elle l'écrit pour sa fille Élodie, qui est née en mars dernier avec une fente labiopalatine bilatérale, afin qu'elle puisse découvrir plus tard les faits saillants de son parcours qui sera nécessairement un peu différent de celui des autres enfants. Ne vous gênez pas pour lui laisser un petit commentaire! C'est un blogue très émouvant et touchant. À mon avis, il vaut le détour.

24 mai 2009

Compte rendu du 10 km d'Ottawa

Au cours de la semaine, je me suis fixé des objectifs précis pour le 10 km d'Ottawa : avoir du plaisir, apprécier le parcours (qu’on m’avait dit très beau) et finir, idéalement, en bas de 55 minutes.

Et bien le parcours était effectivement superbe, la température était exquise et j’ai eu beaucoup de plaisir. Je suis aussi rentrée en bas de 55 minutes.

Stéphane et moi sommes arrivés à Ottawa vers 14 h 10, et il y avait un trafic épouvantable. Je devais aller chercher ma puce avant 15 h à l’expo, alors je me suis mise à angoisser à l’idée de ne pas arriver à temps. J’étais de mauvaise humeur et je lançais des phrases frustrées comme : « Bon et bien tant pis, je courrai sans puce ni dossard. » C’était excessif, et j’ai bien sûr réussi à obtenir ma puce et mon dossard. Cependant, compte tenu de la circulation, j’ai proposé à Stéphane que l’on stationne l’auto à l’expo et qu’on marche jusqu’au point de départ de la course (à 4 km de là).

Il faut dire ici, que je me suis infligée une fasciite plantaire au pied droit, il y a environ 3 semaines, en recommençant à marcher de façon plus intensive, en guise de cross-training. Mais comme je n’étais plus habituée à marcher autant (depuis 8 mois, je ne fais plus que courir), je me suis blessée. Tout ça pour dire que la marche de 4 km jusqu’au point de départ a été des plus pénible. Je me retenais pour ne pas boiter parce que psychologiquement, je refusais de me considérer comme blessée alors que j’allais courir 10 km quelques heures plus tard. Mais au fond de moi, j’étais inquiète et un peu démoralisée. Mon talon me faisait mal, ça ne faisait aucun doute. C’était même la pire douleur que j’eusse ressenti depuis 3 semaines.

Nous sommes arrivés à destination vers 16 h 15, mais sans nous en rendre compte, nous sommes passés sur la fin du parcours du 2 km (la course se terminait, nous sommes arrivés en même temps qu’un bambin d’environ 2 ans), et sans réfléchir (encore mon maudit côté blonde), j’ai marché sur le tapis d’arrivée. Une demi-heure après, il m’est venu à l’esprit que j’avais peut-être désactivé la puce. Je refusais absolument la perspective de courir sans que mon temps soit enregistré, alors je me suis mise à la recherche du « gars de Sportstat ». Il n’était pas facile à trouver. On m'a dit qu'il se trouvait à la ligne d'arrivée. Il a fallu que je traverse une armée de bénévoles déterminés à ne laisser personne traverser la chute en sens inverse(le 5 km était sur le point de commencer). J’y suis quand même parvenue, et le « gars de Sportstats » m’a dit qu’il n’y avait pas de problème et que ma puce fonctionnerait quand même puisque j’allais courir le 10 km. Mais il a quand même ajouté, non certain de la perspicacité d’une personne assez niaiseuse pour passer sur le tapis avant sa propre course : « But please, don’t do it again ».

Le niveau des élites du 10 km d’Ottawa était extrêmement relevé cette année, et j’ai eu beaucoup de plaisir à les voir s’échauffer, surtout lorsqu’ils couraient en groupes de 2 ou 3, en cadence. Pendant mon propre échauffement, j’ai même eu l’occasion de courir tout près d’eux. Étonnant de constater combien leur simple jogging est rapide. De loin, ils n’ont pas l’air d’aller vite du tout parce qu’ils ont une foulée très souple et légère. Mais à côté d’eux, j’avais l’impression de courir sur place. Et je rappelle qu’ils joggaient simplement à ce moment-là.

Pendant, le réchauffement, j’ai aussi été très soulagée de constater que le fait de courir ne me faisait pas mal du tout au talon. Rien, aucune douleur. Fiou! Bizarrement, seule la marche posait problème. Ma blessure est donc devenue le moindre de mes soucis puisque je n’avais pas l’intention de marcher une seule seconde durant ce 10 km.

Je suis allée me placer assez tôt dans l’ère de départ, dans la section réservée aux coureurs susceptibles de terminer entre 51 et 60 minutes. J’étais contente parce que j’étais tout en avant de ma section (on m’avait bien recommandé de ne pas me placer trop loin derrière).

Pendant l’attente, il faisait très chaud. J’avais mal au cœur et je me sentais fatiguée. Mais j’étais aussi très excitée. L’annonceur a clamé que nous étions presque 8400 coureurs. L’ambiance était survoltée.

Et puis voilà, le coup de départ a sonné, et nous sommes partis. Au début, c’était très lent, mais j’ai rapidement pu prendre ma vitesse de croisière (je visais 5:30 par kilomètre). Je me sentais vraiment très bien. Très en forme. J’étais convaincue que j’attendrais mon objectif de 55 minutes. Après 2 km, plusieurs coureurs se sont mis à marcher. J’ai même entendu deux jeunes filles manifestement épuisées s’exclamer : « This sucks! » Et je peux comprendre leur déception. Avant de commencer à courir, on pense toujours qu’on va être ben bon. Mais non. La plupart des mortels ont besoin de s’entraîner très fort pendant des mois pour pouvoir courir 10 km sans marcher. J’étais fière de m'être si bien entraînée.

Et que dire du parcours! Absolument superbe. D’abord, le ciel était parfaitement bleu, et il faisait beau soleil. Nous avons couru presque tout le temps sur les rives du canal Rideau. Et il y avait des spectateurs pour encourager presque tout le long du parcours. Certains étaient un peu trop motivés. Sonner une cloche à vache à tout rompre à deux pouces des oreilles des coureurs ou hurler comme un(e) déchaîné(e), pas sûre que ça aide vraiment qui que ce soit. Quoique que, moi, ça me fait toujours accélérer parce que j’ai trop hâte de me soustraire au bruit désagréable. Mais dans l’ensemble, j’ai adoré les encouragements des spectateurs!

Les cinq premiers kilomètres ont été très agréables pour moi. D’autant plus que nous descendions légèrement tout le long. Je me suis donc efforcée d’aller un peu plus vite que mon rythme prévu. Je savais qu’il y avait une bonne pente montante à la mi-parcours, alors je voulais avoir du temps en banque pour compenser. À partir de la marque du kilomètre 6 (7e kilomètre), j’ai commencé à avoir de la difficulté à garder le rythme et à avoir envie de marcher un peu. Mais je me disais : « Non pas de marche. À la limite, tu joggeras quelques secondes. Mais pas de marche ». Les kilomètres 8 et 9 ont été très difficiles, mais j’ai réussi à accélérer au dernier kilomètre, que j’ai couru dans un état d’inconfort extrême.

Voici mes temps pour chaque kilomètre, selon ma montre GPS :
1er kilomètre : 5:25
2e kilomètre : 5:08
3e kilomètre : 5:21
4e kilomètre : 5:26
5e kilomètre : 5:25
6e kilomètre : 5:20
7e kilomètre : 5:32
8e kilomètre : 5:37
9e kilomètre : 5:36
10e kilomètre : 5:15

Chrono officiel : 54:42

Après la course, je me suis rendu compte que j'avais donné rendez-vous à Stéphane à un endroit où il ne pouvait pas entrer… Et laissez-moi vous dire qu'il y avait du monde et que je n’ai pas réussi à retrouver Stéphane dans la foule. Je n’avais pas de cellulaire, et pas une cenne sur moi. Je me sentais bien démunie à cet instant. J’ai fini par trouver une cabine téléphonique, et je l’ai appelé à frais virés (mais son cellulaire n'accepte pas les frais virés). Heureusement, j'ai pu transférer les frais sur le numéro de téléphone de mes parents, qui m'ont ainsi sauvée du pétrin pour une millième fois au moins dans ma vie). J'ai ainsi pu rejoindre Stéphane, et nous sommes gaiement retournés à l’auto (un autre 4-5 kilomètres de marche, que j’ai trouvé très pénible).

Je suis bien contente de ma course. Maintenant je prends un repos d’une semaine de marche et de course pour que mon pied guérisse au plus vite. Aujourd’hui, mon pied va déjà beaucoup mieux alors je suis très optimiste!

Il est probable que je révise mes objectifs pour l’année étant donné que Stéphane et moi irons faire de la randonnée dans les Alpes au début septembre. Comme je serai dans l’avion de retour le 13 septembre, je vais manquer le demi-marathon de Montréal. Je ne pense pas faire de demi-marathon avant septembre parce que je ne veux pas me blesser avant notre expédition en montagne.

Il est possible que je me concentre seulement sur des 10 km et moins pour le reste de l’année. Et peut-être que je pourrais commencer à m'entraîner un peu plus sérieusement en natation et en vélo, car j'aimerais bien essayer un Try-a-tri en 2010.

13 mai 2009

Je suis équilibrée!

Ces temps-ci, je suis équilibrée. Je pense que oui.

Je pense à autre chose qu’à la course ou au travail. Ces deux activités me passionnent toujours, mais j’ai recommencé à faire de la place pour d’autres champs d’intérêts, d’autres passions.

D’abord, j’essaie très fort de me limiter à 35 heures de traduction par semaine. Et je pense que j’y arrive! Le truc : ne prendre que de petits projets de 5000 mots ou moins. Je pense que je vais abandonner pour toujours les bombes à retardement de 30 000 mots qui contiennent des problèmes imprévus et qui peuvent entraîner un surcroît de travail de plusieurs jours par rapport à ce qui était prévu (heures qui, bien sûr, grugent sans pitié mes soirées et mes fins de semaine). Ça me tente pu. J’en fais pu!

La course m’allume toujours autant, mais m’obsède moins qu’avant. Ça devient pour moi un outil plutôt qu’un but en soi. Un outil qui me permet de rester mince et en santé, qui me permet de côtoyer des gens intéressants, qui m’amène à sortir dehors et à profiter pleinement du printemps.

Et un outil qui va m’aider à gravir le sourire aux lèvres les sentiers alpins du Mont Blanc, vers la fin de l’été!

Cette semaine, à la radio, un animateur a sorti une phrase clichée d’un quelconque bouquin de psychopop : « Si vous saviez que vous tomberez très malade (ou mourrez) dans un mois, qu’est-ce que vous voudriez absolument faire avant la date fatidique ». Et, tout de suite, j’ai pensé aux Alpes que je rêve de parcourir depuis que je suis petite. (Sûrement une séquelle de trop avoir écouté Heidi!) Et hop! J’ai fait des recherches sur Internet, et je suis tombée sur une expédition offerte par Expéditions monde qui semble avoir été taillée sur mesure pour moi : http://www.expeditionsmonde.com/index.php?section=trips&id=77419. J’aimerais tellement faire ce voyage avec mon amoureux! Nous rencontrons la conseillère d’Expéditions monde samedi qui vient!

Et puis, j’ai commencé un cours de création littéraire. Parce qu’un jour j’espère écrire – et publier – quelque chose. Un roman. Le premier cours m’a été des plus pénibles. Je n’arrêtais pas de me répéter : « Je ne suis pas capable. Je n’aime pas ça. Je ne me sens pas bien. Je veux m’enfuir. Je n’aime pas ces gens. » J’ai toujours eu peur de l’inconnu. Et là, j’étais dans l’inconnu. Mais cette semaine, j’ai lâché prise, j’ai laissé de côté mon besoin de contrôle et mon perfectionnisme, et je sens qu’il y a un petit quelque chose qui a débloqué. Au premier cours, j’avais dit au professeur que je n’avais aucune créativité, et elle ne me croyait pas. Elle m’a donné comme devoir d’écrire un texte sur la créativité. J’ai pondu cette petite chose :

La créativité n’est pas facile à séduire. Ne devient pas son ami qui veut. Un peu volage, éthérée même, elle fuit rapidement quand on veut l’étreindre trop fort. Puis, elle revient sur la pointe des pieds, chatouiller les méninges de toute personne qui, ne l’attendant plus, décide de se débrouiller sans elle. Espiègle, elle surprend le joggeur, le marcheur ou le cycliste en se manifestant brusquement, sans crier gare, au beau milieu d’un parcours. C’est aussi elle qui souffle doucement, aux parents fatigués, de douces histoires à raconter ou des plans un peu tordus pour que les petits aillent se coucher. Elle ne supporte pas la compétition; elle a besoin d’espace pour accomplir son œuvre. Sans pitié pour les angoissés, les frileux et les poltrons de ce monde, elle s’exclame : « Si vous n’avez pas de place pour moi, je reviendrai plus tard. Je n’ai que faire de tous vos problèmes. » Mais si d’aventure vous êtes parvenu à l’attirer près de vous et à la séduire, vous devez avoir tout un doigté pour qu’elle n’ait plus envie de s’en aller. Un conseil, faites comme si elle n’était pas là. Assoyez-vous à votre table, crayon en main, et laissez-la agir. Rien ne l’attendrit davantage qu’un cerveau bien concentré.

Je l’ai lu en classe et c’était gênant, mais en même temps, ça m’a enlevé mon orgueil et insufflé un peu d’humilité. Ce n’est qu’un petit texte, mais c’est le mien, et je suis contente de l’avoir écrit. Je suis contente d’avoir enfin fait un premier pas sur le chemin de la création. Maintenant, il s’agit de m’éloigner du « je », du « moi, de mon nombril quoi! Et ça c’est difficile je trouve. Mais je travaille là-dessus!

Je n’ai pas du tout parlé de ma course de 5 km au Défi du printemps de samedi dernier. Et bien, ça s’est mal passé. C’était affreux! Dès le premier kilomètre, je me sentais aussi mal que si j’étais en fin de course. J’ai pensé abandonner. Je me suis dit : « Ah! Peut-être que je suis en train d’empirer une blessure ». Mais un scan rapide de mes sensations m’a rendue à l’évidence : pas le moindre signe de douleur articulaire ou musculaire. Il fallait donc que je continue, mais je n’étais pas bien du tout. J’étais affreusement essoufflée. J’ai fini en 25 minutes 46, soit près d’une minute plus tard que lors du 5 km du parc Jean-Drapeau. Bizarrement, j’étais quand même super fière de moi à la fin parce que j’ai continué de pousser de toutes mes forces jusqu’au bout. Et depuis, je suis encore plus en amour avec la course que jamais.

J’ai incroyablement hâte au 10 km du marathon d’Ottawa. Moins de deux semaines à attendre!